Anarchéologie

Exposition

Installations, nouveaux médias, photographie, techniques mixtes

Anarchéologie

Passé : 15 juin → 11 septembre 2017

Anarcheologie  centre pompidou beaubourg 2 grid Anarchéologie — Centre Pompidou Dans le cadre de ses expositions prospectives, le Centre Pompidou présente jusqu'au 11 septembre Anarchéologie, une nouvelle propos... 3 - Bravo Critique

« Tout pouvoir, écrit Michel Foucault, ne repose jamais que sur la contingence et la fragilité d’une histoire ». Le développement de l’archéologie comme « science du commencement », au début du XIXème siècle, parle de l’imaginaire des origines qui a accompagné la fondation des États-Nations européens. L’Antiquité avec laquelle conversait l’humanisme de la Renaissance devint alors l’objet d’une culture patrimoniale et d’un récit de civilisation. En témoignent le modèle du musée universel et les collections de moulages, qui aspirent à étendre la connaissance tout en posant le périmètre des beaux-arts. Si cet héritage de l’Occident est aujourd’hui mis en question par la critique postcoloniale, les mythologies du passé demeurent, se déplacent, se reformulent et se trouvent même avivées dans le monde globalisé.

« Anarchéologie » est un mot composé par Michel Foucault lorsque, dans ses cours au Collège de France à la fin des années 1970, le philosophe prolonge sa célèbre Archéologie du savoir à l’aune d’une pensée plus subversive. Il imagine une anarchie du savoir où investiguer pied à pied les divers régimes de vérité. Par ce mot, il entend avant tout défendre la « non-nécessité du pouvoir comme principe d’intelligibilité du savoir lui-même ». Autrement dit, dénouer savoir et position de pouvoir.

Les démarches artistiques réunies dans cette exposition touchent de près ou de loin à l’archéologie elle-même. Elles assument une érosion des certitudes et engagent une méditation visuelle — et sonore — en partant de vérités dépareillées. La radiation du temps et de l’espace dans la condition numérique met sur un même plan la technologie la plus contemporaine et la reprise anachronique de gestes anciens.

Oliver Laric développe une recherche sur les débuts de la photographie en trois dimensions au XIXème siècle et sur l’imaginaire muséal en tant que fiction dérivée des prémisses d’une culture globale. Maria Taniguchi réalise des peintures, des vidéos et des objets qui questionnent de manière abstraite des échelles de temps multiples. Christodoulos Panayiotou engage une réflexion sur les systèmes de valeurs impliqués dans la pratique archéologique et leurs possibles détournements. Jumana Manna s’intéresse aux usages idéologiques de l’origine et propose une méditation sur la construction de l’identité qui touche à la question du genre comme à l’histoire. Ali Cherri interroge les gestes d’excavation et de conservation archéologique au regard de pratiques funéraires intemporelles. Amina Menia enquête sur l’invisibilité du vestige liée au tabou de l’histoire coloniale. Le collectif Umashankar and the Earchaeologists — Lawrence Abou Hamdan, Nida Ghouse et l’acousticien Umashankar Panthravadi –, explore la culture acoustique de l’Antiquité et questionne les impensés de l’archéologie coloniale. Christoph Keller, enfin, met en suspens le récit historique dans un espace-temps flottant, tourné vers le modèle de l’histoire orale du peuple amazonien Yanomami.

Commissaire : Mnam/Cci, M. Lista

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Place Georges Pompidou

75004 Paris

T. 01 44 78 12 33 — F. 01 44 78 16 73

www.centrepompidou.fr

Châtelet
Hôtel de Ville
Rambuteau

Horaires

Tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h
Nocturne les jeudis jusqu’à 23h

Tarifs

Plein tarif 14 € — Tarif réduit 11 €

Gratuit pour les moins de 18 ans, billet exonéré pour les moins de 26 ans. Et pour tout le monde, les premiers dimanches du mois.

Programme de ce lieu

L’artiste

  • Christodoulos Panayiotou