Antonella Zazzera — Trames de lumière

Exposition

Sculpture

Antonella Zazzera
Trames de lumière

Passé : 8 mars → 29 avril 2014

« L’Ombrie, c’est d’abord une terre. Terre des hommes et terre des saints. Qui nourrit le ventre, qui nourrit l’esprit. Terre d’histoire. Terre-mère aussi, De collines protectrices en ouvertures sur l’infini. Terre de contrastes, pays d’ombre et de lumière. Entre forces telluriques et énergie céleste. A la croisée des mondes. »

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Antonella Zazzera, Naturalia 21M12, 2012 Fils d’aluminium poli — 42 × 70 × 40 cm Courtesy of the artist & Galerie Jaeger Bucher, Paris

Antonella Zazzera est née là, face à Todi. Ses yeux d’enfant posés sur ce tableau grandeur nature. Depuis toujours elle regarde ce paysage, inlassablement sculpté par les changements du temps et les variations de lumière, observe le sillon laissé par l’homme et sa machine. C’est son terroir.

Fille d’agriculteurs, elle a les pieds bien ancrés au sol mais déjà la tête dans les étoiles. La nature tout entière est son terrain de jeu. Elle vit dans son propre monde, joue avec les reflets du soleil dans un bol d’eau. Lui apparaît bientôt comme une évidence la nature profonde de son être. Et l’artiste en herbe de partir à la découverte des champs du possible…

Le crayon et le pinceau deviennent ses premiers compagnons de route. Prolongements naturels de son bras, de sa main. Elle laisse sa trace sur le premier support venu, comme les premiers hommes dans l’art rupestre.

Ses Reliefs du début tiennent des graffitis de Brassaï et des Murs de Dubuffet. Ils devancent la série des Mères matrices, travaux les plus aboutis de cette période de recherche. Elle multiplie en parallèle les expérimentations. La sensibilité de la pellicule photographique lui révèle un langage de signes invisibles à l’œil nu mais figé dans un espace-temps donné. Elle veut retranscrire cette découverte dans un langage plus dynamique qui la pousse vers la tridimensionnalité. Elle cherche l’entrée, trouve son fil conducteur : le cuivre.

Elle fabrique un châssis clouté qui délimite la forme autour duquel s’articule le précieux métal rouge qui, dans un rythme de va-et-vient rituel et sanguin entre les différents points du relevé donne naissance à la vie. Strate après strate, la sculpture prend du poids, le temps fait son œuvre, la sédimentation opère. La trame ainsi produite devient réceptacle des forces d’en bas et des forces d’en haut. Le corps de l’artiste devient lieu de passage, son ventre, carrefour des énergies.

Antonella Zazzera se retrouve ainsi au cœur de la création. L’œuvre produite est contrôlée, maîtrisée par la pensée et tout à la fois animée par une force intérieure, instinctive et mystérieuse qui obéit à ses propres règles. Equilibriste sur son fil, à l’image de Vieira da Silva, elle croise ses mailles avec patience et obstination, comme une araignée tisse sa toile. L’œil aux aguets, elle traque le moindre rayon : la lumière est son aliment. La sculpture devient tamis, l’artiste, chercheur d’or.

La technique s’affine, la matière première se diversifie : l’artiste joue sur les variations de couleur, les épaisseurs de fil et les effets vibratoires provoqués par la multiplication des lignes pour produire chaque fois des sculptures à forte charge, à haute tension.

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Antonella Zazzera, C/S B103-7, 2013 Cellulose, fils de cuivre et pigments noirs — 65 × 45 cm Courtesy of the artist & Galerie Jaeger Bucher, Paris

Elle nomme ses œuvres Harmoniques qui renvoient au monde musical et l’on se prend à lire son œuvre comme on déchiffre une partition, avec ses clefs, ses rythmes et sa portée. Des gammes du départ jusqu’à l’état de transe.

Une fois ce long travail d’élaboration terminé, le châssis à clous est éliminé, la tension accumulée au fil des semaines se libère d’un coup, l’œuvre façonnée une dernière fois par la main de l’artiste atteint sa plénitude en accord parfait avec le monde environnant.

En musique, on obtient un son harmonique — sorte d’état secondaire de la note — par une tension atténuée du doigt sur la corde…

Antonella Zazzera est liée à sa terre d’origine. L’enracinement est total et le couple fonctionne à l’unisson. La série Naturalia évoque des nids d’oiseaux. Un jour, l’artiste ramasse dans son jardin un nid fabriqué avec des rebuts de fil provenant de ses propres sculptures. La boucle est bouclée…

La sculpture d’Antonella Zazzera prend une dimension universelle. Elle amène l’homme à retrouver sa place, à renouveler son dialogue avec la Nature et donc avec lui-même, dans le monde réel. Notre vision ne s’arrête plus au savoir, elle le dépasse et nous pousse vers une quête de connaissance et d’absolu.

Frédéric Jaeger
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5 & 7, rue de Saintonge


75003 Paris

T. 01 42 72 60 42 — F. 01 42 72 60 49

www.jeannebucherjaeger.com

Saint-Sébastien – Froissart

Horaires

Du mardi au samedi de 10h à 19h

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L’artiste

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