Bernard Faucon — Le Temps d’avant

Exposition

Photographie

Bernard Faucon
Le Temps d’avant

Passé : 14 mars → 26 avril 2014

Nous connaissons l’œuvre qui pendant 20 ans, de 1976 à 1996 s’est construite en séries, mises en scène extrêmement construites, au format carré, en couleur. Une œuvre qui prendra une place unique dans l’histoire de la photographie, révélant un des talents les plus originaux de la création contemporaine. Répertoriée dans les ouvrages historiques internationaux, elle est célébrée au Japon, en Corée, en Chine récemment, ainsi qu’aux Etats-Unis où elle fut plusieurs fois exposée par Leo Castelli.

L’évolution sensible de ce travail fut montrée avec une grande intelligence à la Maison Européenne de la Photographie en 2005. Le parcours, le jeu de piste se terminaient par la visite, ou plutôt, l’immersion dans le cabanon reconstitué dans les sous-sols de la Mep.

Tirées dans un format légèrement plus petit que celui des séries, et toujours selon le procédé Fresson qui leur confère cette douceur, cette profondeur précieuses, il apparaît comme une évidence que ces images réalisées à la fin des années soixante préfigurent l’œuvre à venir et révèlent les éléments de ce qui constituera ses « tableaux photographiques », son univers si singulier, personnel, unique.

Il a 14 ans quand sa grand-mère Tatié lui offre un Semflex, un appareil 6 × 6, et qu’il découvre, fasciné, la magie de ces grandes diapositives couleur qui savent si bien capter l’immédiateté du monde. Il restera fidèle pendant 20 ans à cette technique : « J’ai eu de la chance de tomber tout de suite sur ce qu’il me fallait ».

Lui qui voulait être peintre ou écrivain peut jouer avec la caméra à essayer de retranscrire la perfection d’un instant, le visage du vivant, capter la poésie involontaire du quotidien. Le cadre en est, d’abord et avant tout, le Luberon et ses paysages, ses couchers de soleil flamboyants où il inscrit parfois sa silhouette, la langoureuse tristesse d’un jour d’hiver, les collines qui s’étagent au loin. La maison de ses parents est alors un camp de vacances pour enfants. Il y photographie ses amis, son frère Pierre souvent, sa grand-mère, le linge qui sèche, le soleil qui dore tout, la cour, la cuisine, l’herbe sèche. Il isole les instants, les objets, le sujet. Chaque image semble porter l’expérimentation profonde d’une réalité en train de se faire. Les portraits sont posés, sérieux et celui de Pierre à la Balançoire ou de Michel à la Chapelle portent fortement en eux l’attention au cadre, la construction au cordeau de l’image.

Ce travail intuitif, instinctif, dit la sensibilité tendue d’un jeune homme de 16-17 ans terriblement conscient d’un réel qui n’est déjà plus. Regardant pour mieux garder. Mais cela aussi est dérisoire. Nous savons que la nécessité artistique plonge ses racines dans l’enfance. Et comme tout artiste, Bernard Faucon y a puisé pour créer ces images que nous emplissons de notre expérience, de nos désirs, de nos interrogations et parfois aussi de nos regrets. Elles deviennent le matériau de ce dont nous sommes tous faits.

Aujourd’hui Bernard Faucon, quand il n’est pas à Paris, choisit des routes partout dans le monde, le Luberon toujours, l’Asie, le Pérou, Cuba et roule vite, très vite. A sa droite, à la « place du mort », sur le tableau de bord une caméra Canon enregistre, avale le paysage qui défile. Et sur ces images qui, sur l’écran, deviendront hypnotiques, il raconte, déroule sa vie. Des morceaux de vie. Des « capsules de vie » comme il dit. Petites capsules cosmiques qui nous emportent dans l’espace-temps.

Et toujours ce « Vertige d’être là… ».

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L’artiste

  • Bernard Faucon