Boris Achour — Séances

Exposition

Sculpture, son - musique, vidéo

Boris Achour
Séances

Passé : 13 avril → 3 juin 2012

Feu de camp mikado grid Boris Achour au Crédac L’artiste propose ce printemps une exposition en deux épisodes : à la galerie Georges-Phillipe et Nathalie Vallois, sont exposés exclusivement ses objets tandis que le Crédac offre au public uniquement ses nouvelles productions.

Séances de Boris Achour, un projet relevant à la fois de l’exposition et du spectacle, où s’entremêlent différentes disciplines artistiques et champs de connaissance dans un espace continu. Le concept d’Intense Proximité formulé par Okwui Enwezor, commissaire de la Triennale 2012, rejoint les enjeux du Centre d’art contemporain d’Ivry — le Crédac à plusieurs niveaux. Tout d’abord dans les rapports qu’entretiennent le centre et la périphérie, mais aussi en ce qu’il questionne comment un centre d’art se positionne par rapport à des problématiques culturelles locales en perspective d’un monde global ; enfin et surtout, dans la construction du rapport de « proximité intense » entre les différents publics de l’art d’aujourd’hui et les artistes.

Séances est un nouvel épisode de la série Conatus initiée par Boris Achour en 2006. Plongés dans une semi-obscurité, divers éléments composent un décor-paysage à arpenter pendant une durée de 45 minutes. Films, sculptures, textes, sons… mais aucun acteur ni évènement live : la conjugaison d’éléments formels, d’un espace, d’une temporalité et d’un public apparente cette proposition à un spectacle.

Aucun sens de visite n’est privilégié, les films et événements s’opèrent simultanément et sans ordre chronologique, produisant une forme de narration démultipliée et non-linéaire. À chaque spectateur de construire son propre scénario, par des méthodes d’association, de collage ou de corrélation mentales (des formes, des idées, des sensations) comparables à celles du montage, de l’enquête policière ou de la psychanalyse. Même si le spectateur n’est jamais un simple récepteur passif mais qu’il participe toujours activement à la construction de sens d’une œuvre, il s’agit avec Séances d’exemplifier cette part active et de mettre sur un même plan d’exigence l’engagement dans l’œuvre de l’artiste avec celle du spectateur. Cette dimension non-autoritaire rejoint l’une des préoccupations au cœur de la Triennale et de son concept Intense Proximité, qui est de proposer des écrits et des récits de l’Histoire (ici, de l’histoire) qui en brisent toute construction monolithique, univoque ou dominante.

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Boris Achour, Séances, image tirée du film Naissance du mikado, 2012 Vidéo muette — 13' © Boris Achour

Séances invite ainsi à la construction d’un récit, et donc d’un espace à la fois physique et mental, rendu possible par l’articulation d’images et d’objets hétérogènes, dont on ignore s’ils proviennent ou non d’une origine commune : assemblées rituelles, gestuelles, feux de camps, segments de résonances et aux fonctions indéterminées. Les films et sculptures deviennent sources de lumière, des sculptures se retrouvent dans certains films sous forme d’accessoires, suggérant une fluidité, une porosité des médiums et de leurs usages.

Les nombreuses collaborations générées par Séances, avec des danseurs, des musiciens, des graphistes, des théoriciens ou encore des écrivains, participent également d’un élargissement et d’une ouverture du projet à des formes, des pratiques et des sensibilités autres. Parmi elles, la Bibliothèque des Fragments tient une place particulière au sein du dispositif : elle regroupe un ensemble ouvert de textes inédits de plusieurs auteurs (Jean- Yves Jouannais, Eric Mangion, Gaëlle Obiégly, Nathalie Quintane, Michele Robecchi, Guillaume Désanges, Paul Sztulman…) invités à construire leur propre récit de Séances. De la science-fiction à la compilation historique en passant par l’essai théorique, cette bibliothèque en construction est un concert de voix qui enrichissent l’expérience à l’œuvre et participent à sa construction. A la fois origine et archive, cet ensemble de textes entretient l’ambigüité d’une histoire préexistante, mais dont le sens reste à construire.

Ainsi, dans les mots et les espaces, la notion d’obscurité est omniprésente et suggère un temps passé ou un futur apocalyptique, un monde où la nuit est sans fin. À moins que, comme dans tout bon roman de science-fiction, il ne s’agisse en fait de notre présent :

« Il a existé un ciel bleu, vous devez bien avoir vu ça en photo, en film, ou en tableaux. Lesquels vous donnent le mieux la sensation du ciel clair, de ce que c’est que vivre sous le ciel éclairé ? Qu’est-ce qui pour vous aura le mieux témoigné du monde ancien, du temps où nous étions dans la lumière du ciel et où, pourtant, nous n’étions pas heureux tous et toujours et simultanément. Et voilà que j’arrive à ce que je voulais vous dire. Cette catastrophe dont vous avez peut-être déjà entendu parler. Ce qui a plongé le monde dans l’obscurité.

Ce qui vous oblige à garder allumées les lampes, en permanence. Nous l’avons su après, ce qui s’est passé. J’étais encore très jeune. C’est ce qui fait que je peux témoigner. »

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La Manufacture des Œillets,
25-29 rue Raspail


94200 Ivry s/ Seine

T. 01 49 60 25 06 — F. 01 49 60 25 07

www.credac.fr

Mairie d'Ivry

Horaires

Du mardi au vendredi de 14h à 18h
Samedi et dimanche de 14h à 19h
Et sur rendez-vous Fermé les jours feriés

Tarifs

Accès libre

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