Cézanne et Paris

Exposition

Peinture

Cézanne et Paris

Passé : 12 octobre 2011 → 26 février 2012

Si Cézanne (1839-1906) est généralement associé à la Provence, on ne saurait l’y restreindre. Plus de la moitié de son temps, à partir du moment où il se consacre à la peinture, se passe à Paris et en région parisienne. Il fait le voyage Aix-Paris plus de vingt fois ! Bien entendu, les raisons de sa venue ne sont pas les mêmes à vingt et soixante ans. L’artiste déjà âgé, encore incertain de son œuvre — « je fais de lents progrès » écrit-il à la fin de sa vie — peint en se retirant sur les bords de la Marne ou du côté de Fontainebleau, quand ce ne sont pas des portraits de quelque marchand, de critique et toujours de sa femme. Il n’est plus le jeune homme, ambitieux de « conquérir » Paris avec la volonté d’entrer à l’école de beaux arts et de présenter des œuvres au salon. À Paris Cézanne se confronte tout autant à la tradition qu’à la modernité. Il trouve les « formules » avant de les exploiter en Provence. Le va-et-vient entre Provence et Ile de France devient constant même si les rythmes évoluent. En tout cas après 1890, les critiques, les marchands, les collectionneurs commencent à s’intéresser à son œuvre. Cézanne se montre attentif à cette reconnaissance qui ne peut venir que de Paris. Ainsi imprime-t-il plus que tout autre sa marque dans l’art moderne : des postimpressionnistes à Kandinsky, l’avant-garde le considèrera comme un précurseur, « notre père à tous », selon la formule de Picasso.

Le parcours de l’exposition qui présente environ 80 œuvres se découpe comme suit :

Monter à Paris sur les pas de Zola

Poussé et soutenu par Zola, ami rencontré à Aix au collège Bourbon, déjà installé à Paris, Cézanne rejoint la capitale en 1861, contre la volonté de son père pour devenir artiste. Il fréquente l’académie Suisse où il rencontre d’autres peintres tels Pissarro et Guillaumin, avec lesquels il se lie d’amitié. Paris, où l’académisme s’impose par le Salon, est alors le lieu de la révolte et de l’avant-garde. Durant ces années d’études, il s’approprie les traditions anciennes et modernes : ses carnets de dessin attestent d’un regard attentif sur les grands maîtres de la peinture (Rembrandt, Poussin, Delacroix…) et de la sculpture antique, classique et baroque (avec des copies de Michel Ange et Puget principalement). Dans le même temps, il participe au mouvement impressionniste sans vraiment y adhérer. Bien qu’il se soit construit picturalement à Paris, où il revient jusqu’en 1905, Cézanne a finalement peu représenté la ville dans son œuvre. Il n’évoque jamais les sites célèbres, mais dessine ce qu’il voit de sa fenêtre ou d’une terrasse sur les toits… Il faut une exception, ce sera le tableau la rue des Saules. Cézanne a posé son chevalet dans une rue près de Montmartre mais la rue est déserte…

Paris, la ville hors les murs, du côté d’Auvers

Installé dans la capitale, Cézanne ne cesse de s’y déplacer (on lui connaît près de vingt adresses différentes) et d’en sortir. Afin de peindre sur le motif, il travaille la peinture de paysage, se mettant à l’école de peintres comme Pissarro et Guillaumin, lesquels participent au mouvement impressionniste. Ils entendent reprendre la tradition du paysage après Courbet, Corot et les peintres de Barbizon qui voulaient représenter, à travers la campagne parisienne, une certaine identité française. Mais très vite Cézanne s’impose comme un maître faisant « de l‘impressionnisme une chose solide et durable comme l’art des musées ». Le tableau le pont de Maincy en est l’expression autour des années 1880.

La Tentation de Paris

A l’instar de Courbet ou de Renoir, le nu est une préoccupation majeure de Cézanne. Il peint la tentation de saint Antoine entre 1870 et 1877, vraisemblablement après une lecture de Flaubert. Dans les mêmes années, les tableaux à caractère érotique se multiplient : moderne Olympia, Orgie, lutte d’amour… Plus tard, d’après le témoignage du marchand d’art Vollard, Cézanne travaille sur une grande toile de « baigneuses » au moment où il exécute son portrait en 1899 : il ne recherche plus la dimension érotique du corps, mais construit une nouvelle expression du nu et invente son propre langage pictural.

Poser comme une pomme. Natures mortes et portraits

Pour Cézanne, la nature morte est un motif comme un autre. Equivalent d’un corps humain ou d’une montagne, il se prête particulièrement bien à des recherches sur l’espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude » disait-il. Sur quelque 1000 tableaux répertoriés, on compte près de 200 natures mortes. Parfois associées à des thèmes érotiques ou à des portraits, elles « disent » Paris autant que le ferait un paysage. Parmi ces portraits, dont les toiles de fond représentent souvent des papiers peints, figurent les amis emblématiques des séjours parisiens : Victor Chocquet, son premier collectionneur, ou Ambroise Vollard, « le » marchand qui organise ses premières expositions.

Les voies du silence

Après 1888, Cézanne fait plusieurs séjours en région parisienne après être resté plusieurs années en Provence (de 1882 à 1888). S’il vient un été peindre au-delà d’Auvers, à Montgeroult, s’il rend visite à Monet à Giverny en 1894, ses lieux de prédilection en ces années 1890 sont les bords de la Marne vers Maisons-Alfort et Créteil, et la région de Marlotte et de Fontainebleau. La rivière l’enchante, il y trouve fraîcheur, calme et sérénité et ses toiles expriment le « silence » de la nature. À Paris, les tons s’apaisent autour des bleus et des verts tandis qu’en Provence, il travaille la symphonie des ors des Sainte- Victoire. Ayant conquis sa place dans la capitale et acquis la maîtrise de son art, il se retire définitivement sur ses terres provençales pour lesquelles son attachement n’a cessé de grandir.

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19, rue de Vaugirard


75006 Paris

T. 01 40 13 62 00

www.museeduluxembourg.fr

Rennes

Horaires

Tous les jours de 10h à 19h30
Nocturne les lundis, les vendredis jusqu’à 22h

Tarifs

Plein tarif 11 € — Tarif réduit 7,50 €

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Programme de ce lieu

L’artiste

  • Paul Cézanne