Dara Birnbaum — Psalm 29(30)

Exposition

Installations, nouveaux médias, techniques mixtes, vidéo

Dara Birnbaum
Psalm 29(30)

Passé : 22 avril → 4 juin 2016

« D’après moi les œuvres n’apportent pas de réponse ; je n’ai jamais su faire cela. Elles posent toujours une question. »

Dara Birnbaum

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La Galerie Marian Goodman présente Psalm 29(30), une nouvelle installation vidéo multi-écrans de Dara Birnbaum. La genèse de cette nouvelle œuvre date de 2014, quand à la suite d’une longue hospitalisation, le chant du Psaume 29(30) apporta à Birnbaum un espoir de guérison et devint une source d’inspiration. Destiné à être chanté solennellement, ce psaume d’action de grâce est attribué au roi David. Celui-ci l’aurait écrit après s’être remis d’une grave maladie, le psaume évoque ainsi pour Birnbaum « la contradiction entre la lumière et l’ombre, la vie et la mort ».

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Dara Birnbaum, Psalm 29(30), 2016 Installation vidéo, cinq écrans, une projection, son, couleur, 8 minutes, en boucle Image extraite d’une des 6 vidéos Courtesy of the artist and Marian Goodman Gallery

En entrant dans l’espace de la galerie, le visiteur découvre d’abord cinq vidéos de paysages des Alpes italiennes. Empreintes de sérénité, ces images ont été filmées par l’artiste en 2011 lors de sa résidence à la Fondation Rockefeller de Bellagio au bord du lac de Côme. Le visiteur est ensuite invité à entrer dans le cœur de l’installation, une pièce centrale dans laquelle est projetée une vidéo composée d’images de la guerre civile en Syrie tournées en 2014. Provenant d’Internet et issues de diverses sources, ces images sont des témoignages directs qui révèlent une sensibilité rarement visible dans les médias.

« L’installation dans son ensemble est une méditation autour de la possibilité de guérison, un environnement conçu afin que le spectateur, lorsqu’il se trouve dans la pièce centrale, puisse se confronter à des images de guerre dépourvues de la mise en scène déployée par les médias de masse et les chaînes d’information continue. »

Dara Birnbaum, 2016

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La défiance de Birnbaum concernant la spectacularisation de la guerre fait écho à la réflexion de Susan Sontag vis-à-vis de la photographie de guerre. « Existe-t-il un antidote à l’éternelle séduction qu’exerce la guerre ? » se questionne Sontag. Avec Psalm 29(30), Dara Birnbaum s’interroge à son tour : « La souffrance peut-elle être représentée de manière à générer de la pensée plutôt que de la peur, de l’angoisse ou de la colère ? »

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Dara Birnbaum, Psalm 29(30), 2016 Installation vidéo, cinq écrans, une projection, son, couleur, 8 minutes, en boucle Courtesy the artist and Marian Goodman, Paris

Le montage et la post-production des vidéos ont été réalisés par Dara Birnbaum en collaboration avec Michael Saia. Les deux compositions sonores ont été spécialement créées pour cette œuvre par Neil Benezra. Le Psaume 29(30) chanté par un chœur de moines de l’ordre des Chartreux est la source principale de la composition à l’extérieur de la pièce de projection. A l’intérieur, la partition originale de Benezra s’inspire de la musique syrienne et combine différent éléments sonores comme des cloches d’église ou des sonorités de la nature.

Artiste pionnière de l’art vidéo, Dara Birnbaum réalise sa première installation vidéo intitulée « Attack Piece » en 1975. Elle a toujours résisté à l’idée de réduire la présentation d’images en mouvement à une projection unique dans un espace obscur. Elle est ainsi l’une des premières artistes à avoir conçu des installations vidéo complexes et innovantes, juxtaposant des images empruntées à des sources diverses, intégrant parfois des photographies ou des éléments sculpturaux et architecturaux. Elle est notamment connue pour avoir détourné et manipulé l’imagerie télévisuelle. Depuis près de quarante ans, Birnbaum développe une œuvre protéiforme qui révèle le caractère idéologique des médias de masse et dénonce leur esthétique.

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Dara Birnbaum (née à New York en 1946) est diplômée en architecture de la Carnegie Mellon University (Pittsburg), en peinture du San Francisco Art Institute et a obtenu un certificat en vidéo et montage électronique de la New School for Social Research (New York). Depuis sa première exposition en 1977 à l’Artists Space de New York, Birnbaum a eu des expositions personnelles dans de nombreux musées internationaux tels que, The Museum of Modern Art (MoMA), New York (2007); The Jewish Musem, New York (2004); Kunsthalle Wien, Vienne (2006 et 1995); Institut Valencià d’Art Modern (IVAM), Valence; (1990); The Whitney Museum of American Art, New York (1984). En 2009-2010, une exposition rétrospective “Dara Birnbaum: The Dark Matter of Media Light” a été présentée au Stedelijk Museum voor Actuele Kunst (S.M.A.K.), Gand, et a également voyagé au Museu de Arte Contemporânea de Serralves, Porto. En France, le Consortium de Dijon lui a consacré sa première exposition personnelle en 1984 et son travail a été montré à plusieurs reprises au Centre Pompidou, Paris ainsi que dans plusieurs autres musées français tels que le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, le Musée Fabre à Montpellier ou le FRAC Lorraine à Metz.

Birnbaum a également participé à un grand nombre d’expositions collectives, de festivals et biennales dont la Biennale de Venise ou Documenta, Kassel. Elle a reçu plusieurs prix prestigieux comme The Rockefeller Foundation Bellagio Center Arts Residency (2011), le Pollock-Krasner Foundation Grant (2011) et le United States Artists Fellowship (2010). Elle est aussi la première femme récompensée du prix Maya Deren dans la section vidéo par l’American Film Institute en 1987. Elle enseigne actuellement à la School of Visual Arts (SVA), New York. Parallèlement à cette nouvelle exposition à Paris, son travail est montré dans deux expositions collectives ; MashUp: The Birth of Modern Culture à la Vancouver Art Gallery et Happy Ending au FRAC Champagne-Ardenne, Reims. En mai 2016, The Kitchen Center à New York lui décernera une récompense lors de son gala de printemps.

Michael Saia est musicien, cinéaste et fondateur de la société de montage filmique jumP. Il a participé à plusieurs longs-métrages tels que la comédie dramatique Glory Road de James Gartner et Low Down de Jeff Preiss, un biopic sur le thème du jazz. Il a également travaillé sur les documentaires Living The Legacy de Cynthia Wade et Mission Congo.

Neil Benezra est compositeur et concepteur sonore pour le cinéma, le théâtre et les arts, ainsi que fondateur de la Brooklyn Sound Society. Il a collaboré avec des réalisateurs et artistes reconnus comme Abel Ferrara, James Franco, Richard Foreman, Joan Jonas, et On Kawara. Il a travaillé entre autre pour la Dia Art Foundation, New York ; le Museum of Contemporary Art, Los Angeles; l’Institute of Contemporary Art, Philadelphie et le Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig (Mumok), Vienne.

  • Vernissage Vendredi 22 avril 18:00 → 20:00
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79, rue du Temple


75003 Paris

T. 01 48 01 70 52 — F. 01 40 27 81 37

www.mariangoodman.com

Rambuteau

Horaires

Du mardi au samedi de 11h à 19h

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L’artiste

  • Dara Birnbaum