Dépeindre

Exposition

Dessin, peinture

Dépeindre

Passé : 10 → 20 novembre 2011

Et pourtant il n’y a plus aujourd’hui cette promesse du tableau qui représente, plus cette idée d’une peinture qui se devrait de faire voir la « réalité » visible. Au contraire, une lutte systématique pour se dégager de cette exigence — Braque le résumait dans ses carnets, « Le peintre ne tâche pas de reconstituer une anecdote, mais de constituer un fait pictural. » Tout est dit dans la disparition du préfixe : constituer, donc plus de peinture de l’après-coup qui aurait à régler sa dette à l’égard de la chose dépeinte en lui coïncidant.

Alors plus, non plus, cette exigence que l’œuvre fasse compte-rendu, plus à attendre qu’elle témoigne, comme l’explique Lyotard : parce qu’elle est elle-même l’évènement, « (…) la chose qui est là, geste imprenable d’espace, de temps, de matière visuelle ou langagière, qui invente un autre là que notre là. » Lyotard voit dans le travail du peintre quelque chose de proche de l’obstétrique ou de la psychanalyse, de ce travail qui laisse la voie ouverte pour qu’advienne précisément ce qui n’est pas encore arrivé. La peinture, comme possibles. Le geste pictural comme ce qui se détache aussi de l’obligation aux acquis d’une tradition et devient ce fait dont parle Braque, travail d’invention de manières inconnues.

Pour Dépeindre ces pratiques contemporaines de la peinture, kurtforever rencontre la résidence d’artistes de Chamalot. Dans cet espace de création, en Corrèze, cinq ans de recherche — ici retracés au travers d’un choix d’œuvres d’Amélie Bertrand, Benjamin Bozonnet, Benoît Géhanne, Steve Givernaud, Maude Maris, Guillaume Millet, Anne Neukamp, Laurent Rabier, Alexandra Roussopoulos et Claire Tabouret. Face à ces peintures, pour ouvrir le dialogue, une sélection de sculptures : œuvres de Maya Benkelaya, Vincent Busson, Ariel Fleiszbein et Julie Fruchon. Des pièces accordant une attention toute particulière à l’état de surface, disant des volumes surtout leur peau. S’inscrivant donc aussi dans cette même façon qui s’attache à déjouer une certaine habitude. Il faut suspendre cette relation trop familière qui fait qu’on reconnaît une œuvre, alors que précisément elle surgit sans qu’on sache exactement à quoi s’attendre — évènement, s’approchant de cette définition que Lyotard donnait encore du visuel : « plutôt que vu, il fait voir. »

Marion Delage de Luget
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