Dominique De Beir

Exposition

Dessin, installations

Dominique De Beir

Passé : 8 septembre → 15 octobre 2016

Pour la première exposition personnelle de Dominique De Beir à la galerie Jean Fournier est présentée la série d’œuvres récentes de la série Altération et d’autres plus anciennes intitulées Zone, Dés(altérer), Macule, Il fait grand Bleu.

———

Depuis 1997, l’artiste, par des gestes mécaniques et répétitifs, altère de multiples surfaces, papiers, cartons, polystyrène, à l’aide d’instruments et d’outils existants (poinçons, stylets, scalpels, échelles à pointes, chaussures cloutées… ) ou fabriqués spécifiquement en collaboration avec des artisans. Perforer, frapper, griffer, éplucher, brûler, retourner, tels sont les gestes que Dominique De Beir expérimente pour « attaquer » ses supports. Le recours à des matériaux « pauvres » associé à la mécanique gestuelle renvoie le travail de Dominique De Beir à certaines pratiques picturales de Pierre Buraglio ou encore Pierrette Bloch, deux artistes dont elle a toujours été très proche. Dominique De Beir se définit comme peintre avant tout, cherchant une forme de sensualité et de rapport tactile à la matière, actuellement une affirmation plus forte de la couleur étant manifeste.

En effet, la série Altération, commencée à l’été 2014, lui a permis d’introduire la couleur dans ses œuvres, elle utilise de grandes plaques de polystyrène teinté (saumon, violet, vert ), qu’elle recouvre d’une fine couche de peinture, parfois de cire et qu’elles « maltraitent » à l’aide de ses instruments. La dernière étape consiste à chauffer la surface donnant naissance à des excroissances, des creux, des bosses, à une nouvelle appréhension du matériau. Cette dernière étape laisse une grande place au hasard et à l’aléatoire. La couleur apparaît, par craquelures, au cœur de la matière. L’œuvre oscille entre la brutalité apparente du matériau et la douceur des tons pâles.

Ces matériaux banals, « bruts » sont comme transcendés, et on pense à Janis Kounellis, Mario Merz et plus généralement au courant de l’Arte Povera, que les années 2010 font largement redécouvrir. Cette confrontation avec la matière se retrouve également dans les les blocs Altération posés tels des stèles ponctuant le mur de la galerie. « Il fait grand Bleu » (2007) est un « simple » carton perforé où la couleur migre par altération et perforation. Le titre, poétique et climatique, fait écho aux changements de la matière, lunatique et versatile, triturée au gré des gestes de l’artiste. C’est aussi la question de la vie, du mouvant, du sensible que Dominique De Beir aborde dans son œuvre, révélant, par le changement d’échelle, la matière dans son intégrité et dans les moindres détails. « La réalité physique des matériaux utilisés par Dominique De Beir, le papier, le carton, le polystyrène, se manifeste dans la transformation pour devenir des récits qui engagent le spectateur dans des expériences de perception physique et conceptuelle. »1

Ce travail sur le vivant, et par-là même le corps, se retrouve également dans la série d’œuvres sur papier intitulée « Macule » commencée en 2013. Ce mot a plusieurs significations. Ce peut être une salissure sur une surface, une maladie dermatologique, ou encore une trace d’encre sur une feuille imprimée dans le domaine de l’imprimerie. La paraffine versée sur le papier crée une auréole translucide autour du motif imprimé, laissant à peine deviner un deuxième plan. Il s’agit d’une variation sur la lumière et ses multiples variations colorées afin d’en éprouver la profondeur, transparaître au travers de l’opacité des choses.

« On parle en général de beauté pour certains matériaux naturels tels que la pierre ou le bois, l’usure du bois peut être « belle. Et aujourd’hui, nous pouvons parler de la même manière de matériaux synthétiques industriels. Je crois que tout matériau a propre présence, autant un morceau de polystyrène qu’une écorce de chêne »2

Parution d’une monographie aux éditions Hermann, Paris avec un entretien de Diane Watteau et des textes de Dominique De Beir, Jean-Michel Le Lannou et Louis Doucet (traduit en anglais).

1 Dominique De Beir, entretien avec Diane Watteau, Les matières du monde de Dominique De Beir, entretien avec l’artiste, monographie Dominique De Beir, Editions Hermann, Paris, 2016

2 Ibid.

  • Vernissage Jeudi 8 septembre 18:00 → 20:30
07 Paris 7 Zoom in 07 Paris 7 Zoom out

22, rue du Bac


75007 Paris

T. 01 42 97 44 00

www.galerie-jeanfournier.com

Rue du Bac
Tuileries

Horaires

Du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 19h

302x284 hands on design original

Programme de ce lieu

L’artiste

  • Dominique De Beir