Donatello parmi les fauves

Exposition

Lithographie / gravure, peinture, sculpture, techniques mixtes

Donatello parmi les fauves

Passé : 10 mai → 16 juin 2012

Parler de l’engagement en art c’est affronter des perspectives ambiguës, assister à la levée de boucliers d’idéologies surannées. On pense irrémédiablement aux grandes heures des prises de positions revendicatives, l’artiste dressé sur les barricades, armé de son pinceau vindicatif, le Tres de Mayo ou Guernica en toile de fond. L’art, comme geste politique, doit forcément dénoncer les dérives du pouvoir. Seulement, l’époque est révolue : la surinformation a tué la dénonciation, pas l’engagement artistique.

Histoire de l’art et art de l’histoire

Le titre de l’exposition, Donatello parmi les fauves, est une référence explicite à un tournant historique de l’histoire de l’art pas toujours analysé comme tel. Le fauvisme a été une violence faite à la peinture elle-même, l’affirmation d’une perturbation des codes et des règles, une cassure. Si à la couleur déchaînée répond ici son absence, les artistes présentés partagent tous néanmoins ce même esprit, ce rapport de force et d’hommage mêlés à l’histoire de l’art.

Eric Pougeau remémore cet anticléricalisme surréaliste, ce “sang craché, rire des lèvres belles dans la colère ou les ivresses pénitentes”. Kasper Sonne ravive l’âme d’un Klein qui aurait joué de trop près avec les allumettes. Marc Bijl est un “pot de peinture jeté à la figure du public”. Dennis Rudolph impose martialité, éloge du désespoir et rayonnement de l’absolu. Elodie Lesourd apporte une fois de plus la preuve que son œuvre est traversée de prises de positions artistiques radicales.

Ensemble, ils ont également en commun cette conscience accomplie d’une appartenance, d’une adhésion fondamentale à leur époque. Ils expriment une présence au monde qui ne vise ni à son désenchantement, ni à son réenchantement, mais à son exposition. Ils mettent en tension le désengagement volontaire des fauves historiques.

Un manifeste manifeste

La confrontation de ces artistes se veut être un double manifeste. Ils incarnent, sur un plan théorique, ce que Platon appelait de ces vœux lorsqu’il souhaitait voir ces poètes exclus de l’enceinte de la cité. Ils sont ces barbares pénétrant nos esprits de leur provocation idéologique. L’art est un geste politique perturbant l’équilibre de la chose publique. Mais penser Donatello au milieu de fauves, c’est aussi comprendre une esthétique placée au cœur de la violence. Non pas esthétique de la violence mais bien la mise en lumière d’une puissance visuelle, d’une beauté replacée sous les projecteurs du danger. C’est un peu comme se demander si le feu est destructeur ou salvateur : éternelle question. Constat d’échec, de ruine, de dépravation ou promesse d’un avenir flamboyant ? Leur réponse sonne comme une victoire éclatante : se mettre en danger et marcher le long de la ligne de front ; entrer dans la cage aux fauves.

Benjamin Bianciotto
  • Vernissage Jeudi 10 mai 2012 18:00 → 21:00
Galerie Olivier Robert Galerie
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5, rue des Haudriettes


75003 Paris

T. 01 43 25 31 87

www.galerieolivierrobert.com

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Horaires

Du mardi au samedi de 14h à 19h
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