Édouard Manet — Manet, inventeur du Moderne

Exposition

Peinture

Édouard Manet
Manet, inventeur du Moderne

Passé : 5 avril → 3 juillet 2011

Le musée d’Orsay organise dans ses grands espaces l’exposition Manet, inventeur du Moderne. Depuis 1983, date de la rétrospective mémorable que Françoise Cachin et Charles S. Moffett lui consacrèrent, le peintre n’a fait l’objet d’aucune manifestation d’ensemble en France. Or le quart de siècle qui nous en sépare a été particulièrement riche en recherches et réflexions fertiles. Le rejet du formalisme et le retour à l’histoire, privée comme collective, ont caractérisé le meilleur de ces travaux, qu’ils documentent la biographie de Manet ou analysent l’œuvre, ses modes d’exposition et sa réception. La connaissance de la peinture française des années 1840-1880 s’est simultanément affinée et libérée des lectures trop manichéennes. De cette double évolution, dont le musée d’Orsay fut et reste l’un des acteurs, une nouvelle figure de Manet et de sa génération a surgi.

La présente exposition voudrait en rendre compte de la façon la plus nette et la plus séduisante. Plus qu’une rétrospective strictement linéaire et monographique, elle construit son propos autour d’une douzaine de questions, en prise chacune avec le processus historique dont Manet est inséparable. Réduire sa modernité à un registre iconographique ou la ramener à quelques traits stylistiques, nous le savons, relève d’une démarche réductrice. Manet est d’abord moderne parce qu’il épouse, autant et différemment que Courbet, le flux médiatique qui caractérise son époque et sa circulation dérégulée des images. Moderne est aussi la France impériale où sa carrière prend forme. Moderne est encore sa manière de défier les maîtres du Louvre, au-delà de son hispanisme militant. A l’évidence, l’esthétique qu’il forge après 1860 impose d’élargir la définition du réalisme qu’on lui assigne ordinairement.

Pour ce faire, l’exposition voudrait repenser les multiples liens que l’art de Manet a entretenus avec la culture romantique, aussi bien visuelle, littéraire que politique. Elle s’attarde notamment sur l’enseignement de Thomas Couture, l’impulsion de Baudelaire, la réforme de l’art religieux, l’imaginaire érotique et ses zones d’ombre, etc. Mais la nouveauté d’un artiste aussi imprévisible ne se résume pas à la somme des sources qu’il condense. D’autres moments du parcours tentent d’éclairer son art du fragment(é), son rapport à la peinture « féminine » (Berthe Morisot, Eva Gonzalèz), son impressionnisme en marge et sa complicité avec le Mallarmé le plus noir. Le rappel final de l’exposition de la Galerie de la Vie moderne, ultime manifestation solitaire en 1880 d’un peintre obsédé par le Salon, permet d’interroger ce que signifiait pour lui « créer en République ». C’est dire que Manet, inventeur du Moderne donne une place de choix à l’œuvre tardif, mal connu et surtout mal compris si l’on en fait une banale étape vers « la peinture pure ».

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1, rue de la Légion d’Honneur

75007 Paris

T. 01 40 49 48 14

Site officiel

Solférino

Horaires

Tous les jours sauf le lundi de 9h30 à 18h
Nocturne les jeudis jusqu’à 21h30

Tarifs

Plein tarif 11 € — Tarif réduit 8,50 €

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Programme de ce lieu

L’artiste

  • Édouard Manet