Emilie Benoist — Source d’ondes

Exposition

Design, installations, sculpture

Emilie Benoist
Source d’ondes

Passé : 15 mai → 15 juillet 2013

Depuis plus d’une dizaine d’années, Emilie Benoist élabore, à travers dessins et sculptures, des fictions spéculatives sur l’évolution du monde, passée, présente, à venir. Des fictions documentées, merveilleuses, hallucinées, nous parlant de mémoire, de collection et de recollection, de la connaissance forcément allusive des choses ainsi que des images familières qui accompagnent l’enracinement des croyances — y compris celle en la science. Les œuvres d’Emilie Benoist se donnent comme des bribes de ces fictions.

Dans cette exposition intitulée Source d’ondes, l’artiste poursuit et développe ses réflexions tout en accentuant encore davantage l’abstraction vers laquelle elle tend depuis ses premiers travaux. Elle y présente deux œuvres inédites : la sculpture Macro-monde/Mm (2013), qui renvoie à Micro-mousse/Mm (2010) présentée récemment au Collège des Bernardins, ainsi que la série Lumière blanche/Lb (2012-2013) accrochée en deux grilles de 12 dessins.

Inspirée par les expériences d’Isaac Newton sur la décomposition du spectre lumineux, Lumière blanche/Lb décline des visions — dans tous les sens du terme — ponctuées de diagrammes et autres formes circulaires revenant en leitmotiv dans le travail de l’artiste. On y reconnaît ici, des armes de l’époque mérovingienne, une rétine, un disque vinyle, trois pierres maoris, l’atelier de Mark Rothko, des photogrammes tirés du film Désert rouge (1964) de Michelangelo Antonioni. On peut balayer la série du regard, emprunter son propre chemin visuel, les images n’en surgissant pas moins comme pures sensations, représentations mentales, réminiscences d’œuvres antérieures. Il est toujours question de transformation de la matière chez Emilie Benoist. Sans pour autant prendre à rebours le processus alchimique qui semble métaphoriquement à l’œuvre dans l’évolution des dessins, Source d’ondes replonge le spectateur dans l’ombre, dès la seconde salle de l’exposition, ou, plus exactement, le fait basculer du rayonnement vers l’irradiation. On y découvre Macro-monde/Mm, échantillon de paysage posé au sol et dont l’inclinaison suggère l’imminence de l’effondrement. Le danger est d’autant plus prégnant que le volume paraît lourd, sombre, pareil à un rocher prêt à dévaler la pente. Il est principalement constitué de milliers de microbilles de polymères dont l’artiste fait un usage récurrent et qui sont comme autant de pixels, de particules ou de molécules. Macro-monde opère une coupe géologique dans un environnement post-apocalyptique. On y distingue des strates de verre noir et de morceaux de pneu, des incrustations de verre transparent et de végétaux rougeoyants comme des soufrières, quelques mousses ici et là. On pense pêle-mêle au monolithe noir, au ruisselant Vollmond de Pina Baush, à l’imagerie cyberpunk d’un Manabu Ikeda, aux ruines du futur — celles d’Andrei Tarkovski comme celles de Chris Cornish. Mais ces références sont vite balayées par la saturation plastique qui condense menaces écologiques, énergétiques, démographiques, tout en rendant au spectateur le plaisir enfantin d’une observation attentive de ce monde en réduction.

Car il a quelque chose de lunaire dans le travail d’Emilie Benoist, où l’implacable minéralité se trouve toujours déjouée par une facticité délibérée ou une douce psychédélie qui le prémunissent de toute interprétation simpliste.

Marie Cantos, février 2013
03 Le Marais Zoom in 03 Le Marais Zoom out

322, rue Saint Martin

75003 Paris

T. 01 42 71 78 20

www.schoolgallery.fr

Arts et Métiers
Strasbourg Saint-Denis

Horaires

Du mardi au samedi de 14h à 19h

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L’artiste

  • Émilie Benoist