Erica Baum — The Public Imagination

Exposition

Photographie

Erica Baum
The Public Imagination

Passé : 12 septembre → 2 novembre 2013

A la galerie Crèvecœur sont montrées simultanément plusieurs séries de Baum, de différentes périodes. Les œuvres se juxtaposent dans un accrochage fonctionnant comme une trame narrative et apparaissent comme autant d’indices irrationnels de ce travail d’investigation et d’interprétation sur les signes qui nous entourent, mené par Baum depuis de nombreuses années. Y sont présentées des œuvres de Newspaper Clippings (2010-2013), de Naked Eye (2012-2013), d’une série de poster d’images trouvées d’oiseaux, de paysages urbains, d’ombres et de ciels (2013). Enfin, de la plus ancienne série, Frick (1998), issue d’une observation de Baum des notices de bibliothèque de la collection Frick à New York, où les œuvres étaient référencées par leur titre, leur date, leur auteur, mais aussi par un certain nombre de mots-clés visant à les décrire. Baum, en isolant un ou quelques-uns de ces mots compose un objet de langage inédit, comme « squirrels, flying », qui devient une formule ayant plus à voir avec une prophétie qu’avec la description rationnelle d’une œuvre du passé.

Baum, lorsqu’elle évoque ses sources, cite Brassaï, Atget ou Evans, pionniers d’une photographie de paysages urbains et de scènes de rue, où surgissent des fragments de textes: pèle-mêle des enseignes de boutiques, des affiches publicitaires, des pancartes, des messages politiques etc. Dans une photographie de Walker Evans, dont on dit de lui qu’il a su capter l’Amérique essentielle des années 30, intitulée Roadside Gas Station (1929), on voit se superposer plusieurs écritures, celles faites à la bombe par une main anonyme, créant une phrase « aléatoire ». On peut y lire et y deviner quelque chose comme « Any Old Gas A Change the Reference ». A la suite d’Evans, Baum isole ainsi à partir d’objets imprimés ce que Gross1 nomme des ready-mades sémantiques. Ce travail sur le langage est particulièrement éloquent aujourd’hui : comme l’écrit Goldsmith2 en mettant en lumière la façon dont le langage décrit les systèmes d’information dans les média imprimés, ceux de l’ère Gutenberg — livres, notices de bibliothèque, coupure de presse etc. — Baum nous fait également réfléchir à la façon dont ce même langage est utilisé en informatique. The Public Imagination selon Baum, c’est aussi une façon de soulever à nouveau la question de la pertinence de nos systèmes de données, et des brèches qu’ils laissent ouvertes quant à nos systèmes de croyance.

Le travail d’Erica Baum a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles à la galerie Bureau à New York (2011, 2012), ainsi qu’au Kunstverein Langenhagen (2013), à la galerie Melas Padopoulos à Athènes (2013), à la Biennale de Sao Paulo (2012), à Circuit à Lausanne (2011) ou à la galerie LuttgenMeijer à Berlin (2009). Il a également été présenté dans des expositions collectives telles que Everyday Epiphanies: Photography and Daily Life since 1969 au Metropolitan Museum of Art à New York (2013), The Feverish Library Cont’d à la galerie Capitan Petzel à Berlin (2013), Coquilles Mécaniques au FRAC Alsace (2012) ou encore Journal d’une chambre à la galerie Crèvecœur (2012). Ses œuvres sont présentes dans les collections du Whitney Museum of American Art, du Solomon R. Guggenheim Museum et du Metropolitan Museum of Art.

1 Béatrice Gross, Erica Baum’s wild tumult, (…), of uncertainty, Or series of ellipses, hung on around, (…), very subtle in escap- ing…, in Erica Baum, Dog Ear, 2011.

2 Kenneth Goldsmith, Wish Me Well and I’ll Love You Still: The Dog Ears of Erica Baum, in Erica Baum, Dog Ear, 2011.

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L’artiste

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