Ernesto Ballesteros — Cinco Dibujos

Exposition

Dessin

Ernesto Ballesteros
Cinco Dibujos

Passé : 7 septembre → 12 octobre 2013

Le point de départ de « 5 Dessins » se trouve dans une série de questions sur l’inquantifiable: Que voyons-nous autour d’une source de lumière occultée? Peut-on confiner la circonférence de la planète Terre dans un espace d’art? Combien d’étoiles y a-t-il dans un champ de ciel déterminé? Ernesto Ballesteros transfère ces questions dans l’espace ouvert du papier. Avec lui, ses assistants ont la consigne de recouvrir de traits de crayons infatigables la surface d’une feuille. L’œuvre est le résultat de séances de travail collectives, quasiment chorégraphiques, pendant lesquelles un mouvement fluide et insistant s’inscrit sur le support papier.

« 5 Dessins » est le contrôle d’une énergie réciproque, où chacun des traits construit une sorte de composition canonique infinie. Cette action a aussi une mesure: la vitesse moyenne de réalisation des traits est de 1,6 km/h. Ce chiffre multiplié par le temps de travail nécessaire à la réalisation du dessin donne son titre à l’œuvre.

Le papier indique comment le corps expérimente l’idée de quantité et de durée, convertissant le dessin en un acte performatif. Cela fait partie d’une recherche plus générale que développe Ballesteros sur l’effet de la trajectoire de la ligne sur le corps et la délimitation d’un espace. Cette série de travaux cherche à supprimer la hiérarchie entre l’action et la matière. Les séances d’aéromodélisme d’intérieur, où les lignes commencent sur le papier sur lequel sont dessinés les avions et finissent dans l’air, sont un autre exemple de cette recherche.

L’utilisation de crayons aquarellables permet à chaque ligne de s’appuyer sur la précédente sans que l’on puisse distinguer ni le début ni la fin. Les traits couvrent lentement la surface et atteignent des degrés distincts d’opacité en établissant une relation spécifique avec le support. Le dessin rouge a gagné son intensité en plusieurs étapes jusqu’à l’obtention d’une redondance intentionnelle qui invite à observer des changements imperceptibles. Le ton bleu a été énergiquement travaillé jusqu’à déchirer le papier, qui cesse d’être un élément étranger sur lequel s’effectue le travail pour devenir une partie de l’œuvre elle-même. Le vert a été traité doucement, jusqu’à se perdre dans un halo nébuleux qui invite à découvrir un paysage indiscernable. Le format panoramique (étymologiquement vision du tout) du dessin orange travaille la même ambiguïté. Avec une impulsion similaire à celle du calque, une première couche noire a, dans des zones déterminées, précédé une deuxième. Ce sont des variations qui tentent d’arriver à la dernière source de l’obscurité d’où resurgit l’inconnu, la perte de conscience — ce n’est pas par hasard que l’une des sources d’inspiration de Ballesteros ait été Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad.

L’apparence monochromatique des dessins reste au second plan. Elle n’est pas fondée sur une préoccupation d’auto-référentialité de l’œuvre, d’indépendance de la narration, bien qu’elle finisse par les générer. Les couleurs se trouvent dissociées de toute fonction descriptive et cependant une affinité de lumière existe entre les différentes œuvres exposées. Toutefois la hiérarchie est autre. Le compromis d’Ernesto Ballesteros est de suspendre la représentation en faveur de l’action. Affirmer la présence matérielle du dessin à travers un contrôle de l’énergie physique nécessaire à sa réalisation. Trouver dans le stable l’origine du mouvement.

Inés Dahn, critique d'art
  • Vernissage Samedi 7 septembre 2013 16:00 → 20:30
Galerie Bendana | Pinel Art Contemporain Galerie
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4, rue du Perche


75003 Paris

T. 01 42 74 22 97 — F. 01 42 74 25 29

www.bendana-pinel.com

Saint-Sébastien – Froissart

Horaires

Du mardi au samedi de 11h à 19h

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L’artiste

  • Ernesto Ballesteros