Fermé au public

Exposition

Photographie, vidéo

Fermé au public

Passé : 9 septembre → 8 octobre 2011

Une proposition duCygne

S’introduire dans un chantier en pause la nuit, déambuler à travers une ville désertifiée à cause de la crise, porter une attention rigoureuse aux sites abandonnés …

Ces démarches semblent s’inscrire dans la continuité de celles des fameux explorateurs urbains dont l’activité favorite consiste à franchir les portes fermées des lieux désactivés. Ces « explos » clandestines prolifèrent depuis les années 90, guidées par une « philosophie » pensée par Jeff Chapman, allias Ninjalicious, considéré comme le « père » de l’Urbex, autrement connu sous le nom de Reality hacking. Ninjalicious diffuse les fondements de l’éthique de l’exploration urbaine à partir de 1996 par le biais du fanzine Infiltration : the zine about going places you’re not supposed to go. Les textes « No Disclaimer » ou « Warning signs, a guide to ignoring them » annoncent la couleur de ces investigations.

L’Urbex se définit en général comme le fait de recueillir des données sur des zones publiques du paysage urbain, délaissées tout ou partie du temps, en vue d’y accéder pour les découvrir. Cette pratique conduit très souvent ses adeptes à la photographie, en mémoire de leurs excursions. Des photos-souvenirs qu’on ne sait comment qualifier pour être dans le juste, entre le document et l’art.

Sans appartenir à cette mouvance, du moins ne se revendiquant pas comme tel, Florimond Dupont, Ben Sandler et Elisabeth Czihak intègrent à leur démarche artistique l’exploration de lieux désactivés, fermés au public ou fatalement voués à une clôture imminente. Ils les utilisent alors comme matière de travail.

Florimond Dupont investit, le temps d’une nuit, un chantier en pause. Ce dernier devient atelier, studio, décor. Le chantier de réhabilitation est une phase de transition pour un espace entre deux vies. Les restes de son histoire passée sont encore présents mais rassemblés en tas, prêts à être évacués pour faire place aux nouveaux aménagements. Florimond utilise ce « résidu d’espace » comme matière sculpturale qu’il modèle exclusivement à la lumière des néons de chantier récupérés sur place. Il en fait l’objet d’un film, le sujet principal d’une fiction, Random Memory.

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Elisabeth Czihak, Altrosa, 2008 Photographie Courtesy galerie Ma collection

La scène d’investigation privilégiée d’Elisabeth Czihak est celle de l’abandon. Elle semble établir au cours de ces visites un état des lieux documenté à la photographie. De l’observation des particularités graphiques de ces lieux délaissés émane également des dessins, sortes de relevés d’empreintes témoignant du manque d’attention portée à ces derniers. La nature reprend le dessus sur la construction humaine.

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Ben Sandler, Photographie de la série In Limbo, 2010

Les pérégrinations de Ben Sandler l’amènent sur d’autres terrains. Il s’intéresse, lui, au processus qui mène à la désaffection d’un lieu. Il infiltre la scène juste avant la fin de l’histoire. En août 2010, il se rend à Phoenix, en Arizona. La crise économique et immobilière a frappé d’un grand cou cette ville pourtant prospère jusqu’alors. Les commerces, les parcs d’attractions, les bureaux et les habitations sont désertés par leurs propriétaires. Récupérés par les banques, c’est le temps incertain de la dernière chance. Bienvenue dans les limbes.

Ironie du sort peut-être, les artistes présentés vouent un intérêt tout particulier à ces espaces « désaffectionnés », désaffectés. Fermé au public, une exposition de l’affection pour des lieux de désaffectation.

Nocturne Nuit Blanche samedi 1er octobre jusqu’à 2h.

  • Vernissage Jeudi 8 septembre 2011 à 18:00
Divers lieux pour cet événement
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Les artistes

  • Elisabeth Czihak
  • Florimond Dupont
  • Ben Sandler