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Exposition

Dessin, photographie, sculpture, vidéo

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Passé : 22 mai → 22 juin 2013

#FFFFFF et #000000 désignent respectivement les codes HTML du blanc et du noir, aptes à restituer à l’écran les deux extrêmes du spectre lumineux. Paradigme de l’illusion, l’environnement numérique lu est une suite de chiffres, de lettres et de signes ; vu, il produit formes et couleurs. Il conviendrait de s’interroger ici sur le statut ontologique de couleurs réduites à un ensemble de symboles et pourtant, ce que je vois c’est bien du noir, c’est bien du blanc.

L’histoire de l’art est aussi celle de ses médias. Si la fonction détermine la forme on pourrait transposer l’affirmation à l’interdépendance manifeste d’une œuvre à son médium. Chacun d’entre eux, survenu à différentes époques de l’histoire, possède des caractéristiques propres, conditionnant, pour ne pas dire prescrivant, l’expression même de la forme.

Cette exposition collective, en rassemblant différents médias autour d’une thématique commune, témoigne d’un tel phénomène. Les manifestations du noir et du blanc auxquelles on assiste ici sont toutes portées par leur mode d’expression et, dans le sillage de celui-ci, par l’imaginaire collectif qu’il convoque.

Ainsi la photographie, héritière de la chambre noir, sondant les bas-fonds de l’âme de Pierre Moliner ; la peinture, pate vibrante pour l’huile de Catalin Petrisor ou touches délicates, presque embrumées pour l’aquarelle de Pascal Rémita ; le lavis avec André Marfaing, répandant l’encre noire ; la gravure de Hans Bellmer, renversant le positif en négatif ; la vidéo avec Marion Tampon-Lajariette dont les captures de films de Bertolucci à Garrel, évoquent toutes une histoire du cinéma et de ses fondues au noir ; la sculpture avec Marie Aerts, fossoyeuse d’oiseaux de malheur ou Marius Nedelcu, solidarisant la graphite et la gomme ; le livre d’artiste, comme avec Sarkis ou Daniel Walravens, pour lesquels l’étude d’une couleur par définition achromatique dont la luminance proche de zéro ne permet qu’un faible discernement, conduit à l’extrémité d’un volume vide : et enfin l’écriture, couchée noire sur blanc, portée par la poésie de Pierre Giquel, comme autant d’hypothèses livrées au regard d’un spectateur temporairement achromate pour souscrire à l’heureuse formule de Gaston Bachelard selon laquelle, à n’en point douter « le noir est le refuge de la couleur ».

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Filles du Calvaire

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