Freak Park — Exposition collective des résidents de Villa Belleville

Exposition

Techniques mixtes

Freak Park
Exposition collective des résidents de Villa Belleville

Passé : 23 → 26 février 2017

A l’occasion de leur sortie de résidence, la Villa Belleville vous invite à découvrir le travail des artistes accueillis depuis septembre 2016. Pour cet événement Théo-Mario Coppola, curateur indépendant, est invité à porter son regard sur la diversité des artistes de la Villa.

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“La déambulation du spectateur au milieu de cette exposition ressemble aux parcours des parcs d’attractions et évoque aussi le cheminement de son curateur au moment de sa préparation. D’une allée à l’autre de la Villa, d’un atelier à l’autre. Pour quelques jours, la Villa Belleville se transforme en Freak Park.

Freak Park évoque l’histoire d’un parc d’attractions peuplé par l’étrangeté et le spectaculaire, les singularités et le dépassement des genres. Les cirques, les théâtres de rue, les fêtes foraines ne sont pas exclusivement les lieux de la consommation. Le parc, avec ses spectacles, ses manèges, ses montagnes russes, ses parcours scéniques comme le labyrinthe de miroirs, les barques, les wagons ou la maison hantée, ses stands de confiseries, et ses autres attractions à sensation forte (dont le Freak Out fait partie) catalysent les fantasmes et les délires. Son paysage est chatoyant et ses personnages extravagants. C’est un décor fantastique dans lequel les personnalités s’expriment, libres et exubérantes.

Deux références culturelles dessinent le cadre de cette exposition : la culture du DIY, ses recompositions, ses méthodes, son ironie, et le film de Tod Browning qui met en scène les singularités.

Faire soi-même, faire pour les autres

Le DIY ou le handcraft avec l’usage de matériaux non nobles et composites dégageant des propositions de formes populaires, à partir d’éléments réutilisés participent de l’élaboration d’un univers protéiforme et économiquement modeste. Les décors de foire, de fête foraine ou du théâtre sont associés dans l’imaginaire collectif à des décors de carton-pâte, branlants, fragiles mais attrayants.

Singularités spectaculaires

Quant au film de Tod Browning, il est l’occasion d’inscrire une autre référence au titre de l’exposition. Freaks ou La Monstrueuse Parade (1932) raconte l’histoire d’une communauté circassienne à l’occasion d’une tournée européenne du cirque Tetrallini. L’auteur de Dracula (1931) (avec Bela Lugosi dans le rôle-titre) était très attendu par le public pour son projet suivant. Mêlant réalisme et fantastique, Freaks est aujourd’hui considéré comme un chef-d’œuvre de l’histoire du cinéma. Mais Freaks fut un échec commercial au moment de sa sortie américaine et un scandale en Angleterre où il fut interdit pendant trente ans. Freaks, objet cinématographique étrange, et étranger au goût dominant, s’est finalement imposé comme la référence du bizarre au cinéma.

Contre la fête ?

Face à ce grand spectacle fascinant, des voix tristes ou moralisatrices s’élèvent. Le situationnisme et en particulier son manifeste La Société du Spectacle (1967) de Guy Debord ont formulé la critique unilatérale du divertissement, chantre du capitalisme. Oubliant ainsi, que notre monde social est de facto constitués par les marchandises . Mais pourquoi donc mépriser le plaisir et le jeu des apparences, et ces lieux en particulier ? Les parcs sont aussi des espaces de socialisation populaire, des enclaves à la marge du travail et de la rationalité, pouvant être envisagés comme une résistance à la norme sociale, des lieux où le jugement est écarté au profit de la sensation, de la satisfaction. Les soucis quotidiens apparaissent comme distants, lointains. Quant au divertissement et aux apparences, ils ne sont pas l’ivresse du peuple, mais l’ivresse humaine. Chez J. J. Rousseau , avec la fête, les premières sociétés se forment. La fête réussie est vertueuse. Chacun se voit et s’aime dans autrui. C’est avec la fête que les groupes se construisent et que les individus s’affirment.

Et puis, le défoulement dans un parc d’attractions est plus efficace pour les individus que la simple catharsis du spectateur qui observe sans prendre part. Alors que le parc d’attractions repose sur la participation des visiteurs, sur leur investissement physique dans les activités proposées.

Chacun est libre de choisir la manière dont il s’investit dans ce grand Tout, foutraque et joyeux, mystérieux et terrifiant."

— Théo-Mario Coppola

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Exposition collective des résidents de Villa Belleville et ateliers ouverts
23/02/2017 — 26/02/2017
de 14h à 19h

  • Vernissage Jeudi 23 février 18:00 → 22:00