Frédéric-Xavier Liwer — The Revolution will not be televised

Exposition

Installations

Frédéric-Xavier Liwer
The Revolution will not be televised

Passé : 19 janvier → 25 février 2012

Tout le monde aime les fantômes parce qu’ils rendent les limites de nos vies moins définitives. Ils passent à travers les murs, ils sont encore habillés mais n’ont plus de corps et ils font « Bouuh ! » en se moquant de ceux qui occupent désormais leur maison. Ils ont de l’humour les bougres et ce peu de sagesse que l’expérience ultime leur a remis comme solde de tout compte.

Voilà que mourir devient vraiment cool si on peut garder certains privilèges mais, en vérité le fantôme est damné. Contraint à l’errance éternelle sur Terre, privé du repos éternel en punition de ses fautes passées ou agité par un tort subit, il hante.

Evidemment nous avons tous plus ou moins les mêmes références en terme de manifestations paranormales, entre Hamlet et Casper le gentil fantôme en passant par le romantisme anglais pour les passionnés du genre.

« Je pense ça en regardant les presque cinq cents portraits de communards réalisés, puis effacés de l’ardoise l’un après l’autre, pour en faire des diapositives qui racontent l’histoire d’une disparition. Les visages de la Commune y sont rapportés d’un trait rapide, juste pour en signifier l’absence après leur effacement. Clac Clac Clac Clac fait la visionneuse qui les projette un à un sur le mur ».

Il y a tout de même une contradiction dans l’être fantomatique, ou du moins une distinction entre les différents spectres et revenants.

D’abord Ils ont été dématérialisés et blanchis parce que l’âme devait être séparée du corps, comme le pur de l’impur.

Finalement, une fois propres et transparents, ils ont été assimilés à l’illusion, derrière laquelle se cachait le Malin.

Le fantôme réconforte en tant que manifestation de la pérennité des liens amoureux dans l’Au-delà, puis malgré sa candeur, on nous dit qu’il serait sage de s’en méfier, car le Mal et le délire ne sont pas loin de lui.

Un arrangement parfait pour tirer le maximum de bénéfices culturels et politiques.

C’est Casper le gentil fantôme qui aime tout le monde et ses oncles le Ghostly Trio, Bouffi, Crado et Teigneux, trois fantômes réellement méchants. Pourtant tous les fantômes sont des damnés.

Casper sème le doute. Sont-ils purs ou malins ? « j’en ai eu marre de voir des têtes de morts de tout genre, exposées dans les galeries d’art comme le summum du cool contemporain.» Ici elles sont vraiment laides ! Mais elles ont quelque chose de personnel qui les différencie de toutes les autres. Ce n’est pas parce qu’elles ont un style, la couleur est fade. L’effigie est recomposée à partir de plusieurs modules d’impression que j’ai combiné à chaque fois différemment en laissant une ultime trace de caractère individuel à ce qui, il ne faut pas l’oublier, représente une tête mais on s’en aperçoit uniquement si l’envie y est.

« Ce qui les rend intéressantes c’est que la proximité avec la longue série de visages effacés leur restitue leur essence, alors ce qu’on y voit c’est précisément les têtes de ces morts et là ce n’est plus du tout cool  ».

La tradition chrétienne a établi que comme les juifs, les fantômes sont condamnés à l’errance à perpétuité à cause de leur malignité, contraints à traîner leurs chaînes dans un entre-deux purgatoire. C’est le même principe que l’apatridie, ni d’ici ni d’ailleurs.

C’est pour ça que la souffrance du condamné est nécessaire… qu’elle doit être entretenue, même après la mort, car le problème avec la mort c’est qu’on ne la connaît pas et nul ne peut garantir la permanence d’un État juge dans l’au-delà.

Qu’il soit damné ou pas, le fantôme reste un magnifique symbole politique.

Sa peine révèle la revanche sur le tort en termes de tort universel, car pour activer la punition ou la vengeance en les rendant exemplaires, il est nécessaire que les limites entre la vie et la mort, entre la faute et l’innocence, entre Casper et le Ghostly Trio, soient bouleversées.

C’est alors que l’âme en peine, terrorisant le monde des vivants en traînant sa chaîne, il se transforme en terroriste saboteur des clivages du plein pouvoir.

La révolution sera un grand Poltergeist et elle ne passera pas à la télévision.

FX Liwer est né en 1980. Après des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Milan, il entame une recherche plastique très axée sur les symboles des mouvements politiques révolutionnaires en retraitant des images qui font partie de la grande Histoire. Il vit et travaille entre Paris et Milan.

  • Vernissage Jeudi 19 janvier 2012 à 18:00
  • Y Liver — Salut Alfred Performance Samedi 11 février 2012 19:00 → 21:00
Galerie Nivet Carzon Galerie
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04 Beaubourg Zoom in 04 Beaubourg Zoom out

2, rue Geoffroy Langevin


75004 Paris

T. 09 54 29 30 10

www.nivet-carzon.com

Rambuteau

Horaires

Du mardi au vendredi de 14h30 à 19h30
Les samedis de 10h à 19h

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L’artiste

  • Frédéric Xavier Liwer