Gerhard Richter — Peinture 2010-2011

Exposition

Architecture, peinture, sculpture

Gerhard Richter
Peinture 2010-2011

Passé : 23 septembre → 3 novembre 2011

La galerie Marian Goodman présente une sculpture et deux nouvelles séries de peintures de l’artiste Gerhard Richter.

La sculpture 6 Standing Glass Panes est constituée de 6 panneaux de verre assemblés parallèlement dans une structure en acier. Dès 1967, Gerhard Richter utilise le verre dans
4 Panes of Glass. Ce matériau a pris de l’importance dans son travail et, depuis 2002, l’artiste a réalisé une série de constructions en verre en trois dimensions, semblables à celle exposée à la galerie. Ces œuvres renvoient à l’idée de la peinture en tant que fenêtre sur le monde, ou en tant que miroir reflétant tout ce qui lui fait face. Ces deux aspects apparaissent métaphoriquement et visuellement dans 6 Standing Glass Panes. Reflétant à la fois l’espace de la galerie et les spectateurs, l’œuvre oscille entre architecture et peinture.

La première série de peintures, les Perizade, est réalisée en versant de la peinture liquide de manière aléatoire sur des plaques de verre. Ici, la matière de la peinture est présente et les formes sont ondoyantes, à l’inverse des grands tirages numériques intitulés Strip, composés d’un rigoureux système de lignes parallèles. Le point de départ des Strip est néanmoins une peinture, réalisée par l’artiste en 1990 : Abstract Painting (724-4). Aidé d’un logiciel, il a divisé verticalement cette œuvre, d’abord en 2, puis en 4, 8, 16, 32, 64, 128, 256, 512, 1024, 2048, et 4096. Ce processus a conduit à la création de 8190 bandes, de la hauteur de la peinture de départ. A chaque stade de la division, les bandes s’affinent. Elles sont répétées en miroir, ce qui produit des motifs. Plus il y a d’étapes de division, plus elles sont répétées, afin que les motifs restent visibles. Les _Strip_exposés ici sont des tirages uniques choisis et combinés à partir de différentes bandes.

Comme l’écrit Benjamin H.D. Buchloh :

« Avec ces nouvelles peintures, l’artiste s’interroge sur la façon dont la crédibilité de la peinture peut être maintenue face au développement récent de la technologie des médias et de la culture numérique. Le statut de la peinture est ici extrêmement fragile, bien qu’il soit puissamment formulé dans son assimilation aux défis technologiques, comme si la peinture s’affaiblissait à nouveau au contact des innovations technologiques. Cependant, en appliquant la stratégie quasi duchampienne de réunir technologie et réflexion critique poussée sur la peinture, les œuvres étonnantes de Gerhard Richter ouvrent un nouvel horizon de questions. Elles pourraient concerner la fonction actuelle de tout projet pictural qui ne veut pas régresser par rapport à la peinture du passé, mais qui veut se confronter à la destruction de l’expérience picturale en passant par la pratique même de la peinture comme opposition radicale aux velléités totalisantes de la technologie, et comme acte manifeste de déploration des pertes que subit la peinture sous l’égide de la culture numérique ».

Un catalogue comprenant un essai de Benjamin H.D. Buchloh sera publié à l’occasion de l’exposition.

  • Vernissage Vendredi 23 septembre 2011 18:00 → 20:30

    En présence de l’artiste.