Gilgian Gelzer — Vers le rouge

Exposition

Dessin

Gilgian Gelzer
Vers le rouge

Dans 19 jours : 7 septembre → 21 octobre 2017

Cette exposition s’inscrit dans un cycle initié en janvier 2017 par le Musée des Beaux-arts de Soleure (Suisse) avec Pencilmania, une rétrospective sur dix ans de dessin et de photographie, suivie de l’exposition Contact au Cabinet des dessins Jean Bonna des Beaux-Arts de Paris. Puis, fin 2017, la Fondation Fernet-Branca à Saint-Louis lui consacrera une grande exposition. Associées à la galerie Jean Fournier, chacune de ces institutions a publié un catalogue spécifique, singularisant ainsi chaque projet.

Un ensemble de dessins de format 140 × 110 cm, présenté à Soleure, constitue le noyau de l’exposition à la galerie. Sur ces œuvres, travaillées à la mine de plomb et/ou au crayon de couleur, la ligne suit des rythmes très différents. Sur tel dessin, elle occupe toute la surface tel un labyrinthe. Le geste est ample et presque gracile. Sur d’autres, le geste plus répétitif se densifie pour créer des masses plutôt que des traits. Certaines lignes sont davantage marquées car Gilgian Gelzer revient à plusieurs reprises sur le trait ou la masse. Il structure ainsi le dessin, entre grâce et pesanteur.

Vers 2008, les œuvres étaient très colorées. Gilgian Gelzer faisait coexister davantage de couleurs, pensées en tant que masses plutôt que traits. Depuis cette période, les lignes se sont allégées et les couleurs se sont fixées dans les variations de bleu et de rouge. Mais ses dessins récents (2015-2016) tendent principalement vers le rouge. Ses superpositions colorées creusent et structurent l’espace différemment. Suivant un mouvement d’expansion, le rouge, avec ses variations de carmin à orangé ou rose, confère une forme d’énergie particulière au tracé.

L’artiste dessine toujours debout (sauf pour certains très grands formats qu’il réalise au sol). Cette configuration lui permet de se mesurer à l’espace de la feuille et d’engager un dialogue direct et physique au moment de la réalisation. Qu’il travaille au mur, sur table ou au sol, l’artiste se laisse porter par son geste. Ce n’est pas seulement la main qui agit, ni le bras mais le corps tout entier. « Gilgian Gelzer dessine sous pression. Comme s’il était, littéralement traversé par une force, un courant d’énergie auquel il lui faut, crayon à la main, trouver une issue ».1

Des dessins plus petits sont également présentés. Quel que soit le format, le geste de l’artiste ne suit aucun programme, il est porté par le désir de découvrir un espace et de parvenir à lui donner corps dans la feuille, immense ou très petite. Sur certains dessins, le regard tente de suivre les lignes tandis que sur d’autres il peut se perdre mais chaque fois, un mouvement se met en marche. Optique, physique et presque musical : « Le dessin de Gelzer ressemble à une marche, un mouvement tournant, une vraie danse, à un tempo variable, tantôt léger et alerte, tantôt harassant et rude, comme s’il fallait vaincre les obstacles les plus difficiles pour trouver la voie ».2

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> Fondation Fernet-Branca, Saint-Louis, du 18 novembre 2017 au 21 février 2018

1 Pierre Wat, Être là, catalogue de l’exposition Contact, Beaux-Arts de Paris Éditions, page 11.

2 Christoph Vögele, Cartographe et chasseur de papillons, catalogue de l’exposition Pencilmania, page 16.

  • Vernissage Jeudi 7 septembre 18:00 → 20:30