Gilles Aillaud — Tableaux 1966 — 1976 / Vols d’oiseaux 1990 — 2001

Exposition

Peinture

Gilles Aillaud
Tableaux 1966 — 1976 / Vols d’oiseaux 1990 — 2001

Passé : 21 octobre → 26 novembre 2016

Gilles Aillaud (1928-2005) est peintre, mais aussi poète (Dans le bleu foncé du matin, édité chez Christian Bourgois), critique (revue Rebelote), préfacier (Hélion, Titina Maselli), scénographe de théâtre (52 spectacles avec les metteurs en scène Jean Jourdheuil, Klaus Michael Grüber, Luc Bondy). Il a méthodiquement consigné dans des cahiers d’écolier la liste de tous les tableaux qu’il a peints. Il y en a moins de 350. Pourtant, il dit avoir peint un tableau par jour dans les années 1950, dans des périodes d’isolement total, entre sa première exposition, en 1950 à Rome, et celle de 1963, à la galerie Claude Levin. Il s’est alors détaché de la philosophie étudiée avec Merleau-Ponty pour se consacrer à la peinture, qu’il pratiquera toujours en solitaire, dans l’atelier.

Voir sans être vu, le beau titre du texte de Gilles Aillaud sur Vermeer, pourrait définir toute sa peinture. Gilles Aillaud regarde les tableaux du maître de Delft comme il peint les siens propres. Il peint à l’huile des portraits d’animaux, visibles ou cachés dans les zoos, des paysages, des plages, des montagnes, des ciels avec vols d’oiseaux. Il ne s’approprie jamais les sujets — « je peins les choses comme elles le veulent » —, il les rend, les redonne sans nostalgie, dans toute leur étrangeté picturale. La fortune critique a aimé le réduire à un peintre de la question animale, attaché au mouvement de la Figuration narrative, militant du mouvement de la Jeune Peinture en 1968, exégète érudit, assassin métaphorique de Duchamp en 1965… Beaucoup de jeunes peintres et d’amateurs ne s’y sont, eux, pas trompés.

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Les deux expositions présentées à Paris montrent, en deux décennies distinctes, combien l’œuvre de Gilles Aillaud est engagé dans une voie unique, subtile et complexe, très loin de la société du spectacle.

À la galerie Loevenbruck

Six tableaux majeurs de 1966 à 1976, souvent de très grand format, constituent une véritable salle de musée. Certains n’ont pas été vus en public depuis 25 ans. Les décors dans Deux eaux, de l’Intérieur et hippopotame dégagent une lumière froide, blanche, qui contraste avec la lumière électrique de Mangouste, nuit rouge, à travers une vitre, ou avec la lumière dorée, chaude d’Intérieur jaune et vasistas. Les animaux peints à hauteur d’homme ne regardent rien de précis, leurs regards passent à travers nous, ne fixent rien. Gilles Aillaud a un œil pictural absolu, décisif, comme l’« instant décisif » décrit par Cartier-Bresson. Dès son plus jeune âge, avec sa sœur, il fréquentait le Jardin des Plantes comme d’autres vont aux musées. Ses multiples voyages en Grèce, en Égypte, au Kenya ont développé une intimité, une relation privée avec les animaux qui le protège de tout effet de séduction, de rendu naturaliste. Il peint ses animaux enfermés avec délicatesse, avec « tact », mot qu’il emploie pour la peinture de Vermeer.

Galerie loevenbruck gilles aillaud medium
Vue de l’exposition Gilles Aillaud — Tableaux 1966-1976, Galerie Loevenbruck Photo © Fabrice Gousset
Au Studiolo de la Galerie de France

La galerie historique de l’artiste depuis le début des années 1980, les vols d’oiseaux des années 1990-2001 (peintures, longs papiers déroulés, collages) ont quitté les cadrages serrés, précis, des portraits d’animaux dans le minéral pour les espaces illimités hors d’atteinte des zones bleu outremer, entre plages et ciels. Des oiseaux volent très haut au-dessus de l’horizon, d’autres au contraire frôlent l’eau. En levant la tête, l’œil suit ces traces nomades, distingue des signes qui font des ombres, une aile charnue de mouette…

Une sélection de ces œuvres a été montrée dans l’exposition « Deadline », au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, en 2009, qui soulignait, chez certains artistes, une liberté enfin conquise dans l’œuvre ultime.

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TABLEAUX 1966-1976 Loevenbruck 6 rue Jacques Callot 75006 Paris

VOLS D’OISEAUX 1990-2001 Le Studiolo Galerie de France 54 rue de la Verrerie 75004 Paris

06 St Germain Zoom in 06 St Germain Zoom out

6, rue Jacques Callot

75006 Paris

T. 01 53 10 85 68 — F. 01 53 10 89 72

www.loevenbruck.com

Mabillon
Saint-Germain-des-Prés

Horaires

Du mardi au samedi de 11h à 19h
Et sur rendez-vous

Programme de ce lieu

L’artiste

  • Gilles Aillaud