Giulio Romano, élève de Raphaël et peintre des Gonzague

Exposition

Dessin, peinture

Giulio Romano, élève de Raphaël et peintre des Gonzague

Passé : 11 octobre 2012 → 14 janvier 2013

Parmi les élèves de Raphaël, Giulio Pippi, dit Giulio Romano (Rome, 1492 ou 1499 — Mantoue, 1546), peintre, architecte et audacieux dessinateur, nous surprend par la vigueur de ses inventions. Ainsi que l’écrit Giorgio Vasari en 1568, c’est vraiment dans le dessin que ses idées atteignent la perfection absolue. Le choix d’une cinquantaine de feuilles parmi le très riche fonds de dessins de Giulio Romano conservé au musée du Louvre permet de parcourir la carrière de l’artiste et de montrer ses qualités de dessinateur hors du commun.

Entré très jeune dans l’atelier de Raphaël, Giulio Romano devint un de ses plus proches collaborateurs dès 1516. L’habileté du jeune assistant se manifeste par la fréquente attribution de ses dessins de jeunesse à la main de Raphaël. Certaines des feuilles exposées se rattachent à cette période romaine d’apprentissage, d’autres aux chantiers que le maître laissa inachevés à sa mort en 1520, comme l’imposant carton Allégorie de la Modération, réalisé pour la Chambre de Constantin au Vatican. Giulio Romano reprit ces chantiers avec Giovan Francesco Penni, autre collaborateur de confiance de Raphaël, jusqu’en 1524. C’est à cette date qu’il céda aux prières et aux promesses du comte Baldassarre Castiglione, ambassadeur du marquis Frédéric II Gonzague à Rome, et accepta sur son invitation de s’installer à la cour de Mantoue.

Le marquis, fils d’Isabelle d’Este, voulait faire de sa ville une nouvelle Rome. La collaboration de Frédéric II et Giulio Romano, sensiblement du même âge et tous deux passionnés par l’Antiquité, fut bénéfique à l’artiste, dont la créativité put s’exprimer en toute liberté. En témoignent les nombreuses feuilles destinées aux décors des fastueuses demeures des Gonzague, notamment le Palazzo Te, lieu de repos et de distraction de Frédéric II, auquel Giulio Romano donna toute la splendeur d’une villa suburbaine romaine. Les dessins exposés, de la simple esquisse au carton piqué, permettent de découvrir les salles du Palazzo Te de la même manière que sur place et d’en apprécier la variété des décors. De la Sala di Ovidio à la Sala di Amore e Psiche, Giulio Romano déploie en effet tout son talent et toute son imagination dans les salles du palais, terminant en apothéose avec la Sala dei Giganti, couverte du sol au plafond par une œuvre d’art totale à l’effet dramatique incroyable.

Si les décors intérieurs sont particulièrement réussis, il en est de même pour l’extérieurque Giulio Romano conçut presque intégralement en tant qu’architecte. Mantoue ne disposant pas de carrière de pierres, l’artiste romain décida que le palais serait construit en briques mais que celles-ci seraient recouvertes de stucs et d’enduits de façon à donner l’illusion de la pierre. Une illusion aujourd’hui encore parfaite, preuve de la créativité et du talent débordants de l’artiste.

Ne pouvant effectuer seul l’ensemble des travaux, Giulio Romano s’entoura d’un important atelier à la façon de Raphaël. Il réalisait cependant seul les dessins préparatoires, auxquels il ajoutait force indications afin que la réalisation corresponde exactement à ce qu’il avait imaginé. Les dessins étaient effectués principalement à la plume, technique particulièrement adaptée à son extrême rapidité. Outre la culture antiquisante et l’esthétique raphaélesque, Giulio Romano sait donner à ses figures une ampleur, une rondeur qui lui sont propres et qui traduisent sa vivacité et son inventivité.

Parallèlement à son travail au Palazzo Te, Giulio Romano réalisa des patrons pour des tapisseries. On pense que Primatice, qui se forma dans les chantiers du Palazzo Te avant de partir à Fontainebleau, les apporta en France en 1532 à la cour de François Ier. Le carton Triomphe de Scipion : officiers suivis de mules chargées de ballots, présenté dans l’exposition, en est un exemple. Giulio Romano satisfit également d’autres commandes notamment pour la basilique Sant’Andrea à Mantoue, pour laquelle il réalisa une Adoration des bergers entre saint Longin et saint Jean l’Evangéliste, impressionnant tableau de plus de trois mètres de haut (musée du Louvre). Il honora par ailleurs des commandes extérieures, comme celle pour le Duomo de Vérone, dont il renouvela le décor de l’abside à la demande de l’évêque Giberti en 1534. Giulio Romano redécora également certaines salles du palais ducal de Mantoue à partir de 1536.

En 1540, à la mort de Frédéric II, Giulio Romano, pourtant tenté de rentrer à Rome, décida de rester à Mantoue et poursuivit son œuvre avec l’appui du frère du marquis, le cardinal Ercole Gonzague. En 1541, Vasari, de passage à Mantoue, découvrit le travail de Giulio Romano et fut fasciné par la multitude d’œuvres qu’il lui présenta. Giulio Romano mourut à Mantoue en 1546.

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Palais royal, musée du Louvre


75001 Paris

www.louvre.fr

Palais Royal – Musée du Louvre

Horaires

Tous les jours sauf le mardi de 9h à 18h
Nocturne les mercredis, les vendredis jusqu’à 21h30
Lundi, jeudi, samedi, dimanche : fermeture des salles à partir de 17h30

Tarifs

Plein tarif 15 €

D’octobre à mars : le premier dimanche de chaque mois, l’accès aux collections permanentes est gratuit pour tous.

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