Green power — Peintures de Caroline Lejeune Installations de Dorothea Nold et Thomas Eschapasse

Exposition

Installations, peinture

Green power
Peintures de Caroline Lejeune Installations de Dorothea Nold et Thomas Eschapasse

Passé : 5 juin → 24 juillet 2010

En 1982, lors de la Dokumenta de Kassel, Joseph Beuys s’engagea dans la plantation de 7 000 chênes, chacun accompagné d’un bloc de basalt. Il souhaitait ainsi sensibiliser le monde aux problèmes écologiques qu’il voyait très justement arriver au tournant des XXe et XXIe siècles.

La rencontre entre les œuvres de Caroline Lejeune et Dorthea Nold est également née d’une intuition, d’une envie de réitérer les questionnements concernant le lien que nous entretenons avec notre milieu sans pour autant réaliser une exposition comme manifeste écologique.

L’invitation faite par Caroline Lejeune au paysagiste Thomas Eschapasse, consiste à réaliser une installation, réponse venue du désir de confronter l’expérience du vivant à la matière paradoxalement inerte de la peinture. L’installation Living Colors propose à la fois un contrepied conceptuel et chromatique aux peintures réalisées en nuances de gris.

En effectuant un échantillonnage clinique de « pigments » prélevés en forêt, le travail de Thomas Eschapasse explore la qualité des couleurs du vivant et nous interroge sur nos capacités à les percevoir. En cela, l’installation qu’il propose est l’actualisation du test d’Hishihara soumise à l’examen de notre regard contemporain sur la nature. Sommes-nous encore en mesure de percevoir les qualités du vivant ?

Le terme de paysagiste est apparu au XXeme siècle avec la volonté d’intégrer la nature à l’urbain. Dorthea Nold, jeune artiste d’origine allemande, part de cette même remarque : « A l’origine l’homme était obligé de s’intégrer dans la nature. Aujourd’hui il essaie d’intégrer des espaces verts dans des zones urbaines ».

Elle observe et est attirée par les champs, surfaces découpées, puis réorganisées, qui s’opposent au paysage naturel. Les champs comme récit d’une appropriation du territoire. Avec Grundkreisrund Dorothea Nold réalise une installation, forme en suspens, où la végétation devient une ligne fine entre l’intérieur et l’extérieur, le monde et l’homme, une frontière qui lie ces deux mondes, à l’instar d’Anish Kapoor et de cette membrane quasi charnelle qui se déployait dès l’entrée du Turbine Hall de la Tate Gallery en révélant un vide abyssal au sens mystérieux.

Le désir d’Anish Kapoor de créer un « sanctuaire de sentiments profonds » se révèle également dans l’œuvre de Caroline Lejeune. En réalisant des paysages en noir et blanc, elle stigmatise la perte, une privation de couleur afin de mieux dévoiler la lutte qu’elle entreprend pour manifester le désir, l’essence des choses.

La nature devient métaphore de ce qui est essentiel dans la vie, une manière d’entreprendre une « reconnexion ». Kant nous rappelle ainsi que l’expérience que nous faisons de la nature n’est jamais originelle mais passe tout d’abord par notre perception.
Or Caroline Lejeune réussit à nous en proposer une vision brute, pré culturelle, quasi animale où tous les repères humains, dont la vision des couleurs, ont disparus. La complexité de ses compositions et le foisonnement inhérent, de plus en plus visibles dans ses dernières toiles, traduisent cette volonté de représenter, qui finalement révèle l’envie de donner un sens au chaos qui nous entoure.

La manifestation de cette volonté, donne pour un instant un sens à la complexité du monde et rend l’action et l’engagement possibles. Caroline Lejeune et Dorthea Nold évoquent l’énergie qui traverse et se diffuse dans leur travail. «Les explosions des forces qui sont plus qu’un chaos naturel m’ont beaucoup fasciné. La densité de cet univers végétal crée en moi le désir d’être enveloppée par cette jungle accueillante » dit Dorothea Nold au sujet des peintures de Caroline Lejeune.

Entre traduction persistante pour Caroline Lejeune, expérimentation éphémère pour Dorothea Nold et processus de développement pour Thomas Eschapasse, la temporalité résonne dans un végétal qui se déploie, se ramifie, et comme l’exprime Paul Valéry dans le Dialogue de l’arbre en 1944, « s’élève vers le ciel (ou vers le bonheur) autant doit-[il] descendre dans l’obscure substance de ce que nous sommes sans le savoir»…

La traduction picturale pour Caroline Lejeune, l’expérimentation éphémère pour Dorothea Nold et l’utilisation du vivant pour Thomas Eschapasse, expriment trois modes de temporalité pour témoigner du végétal.

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Les artistes

  • Caroline Lejeune
  • Dorothea Nold
  • Thomas Eschapasse