Grégoire Bergeret — Le but n’est pas le but

Exposition

Installations

Grégoire Bergeret
Le but n’est pas le but

Passé : 2 avril → 14 mai 2011

Si le travail de Grégoire Bergeret est protéiforme, c’est parce que son origine est dans l’expérience vécue, par définition plurielle et en grande partie imprévisible. Les pièces qui en résultent semblent être des états de matière soumise aux opérations du hasard, que l’artiste veut seulement rendre tel qu’il l’a perçu, ou qu’il provoque pour inviter l’imprévu dans la partie.

Pour avoir physiquement éprouvé l’immersion sous-marine il a voulu ériger un buste au personnage anonyme du plongeur, dont le visage masqué voit sans être vu autrement que comme un monstre bizarre. Faisant fi de la gloriole statuaire, son personnage sans socle et sans identité émerge directement du sol de la galerie, l’air étonné d’être là, et prêt à retourner sonder les profondeurs.

L’eau qui cerne le plongeur et qui pressurise le corps sans donner la moindre prise à la captivité fascine Grégoire Bergeret. D’eau, il est aussi question dans la série de tirages presque monochromes, qu’il a extraite d’un excès d’attention à sa propre carte d’identité. Comme tous les objets cryptés en vue d’être infalsifiables, cette dernière porte un motif curieux qu’on pourrait croire généré par informatique, en fait créé par des artisans graveurs. Aucune de ses parties n’est donc identique à une autre. La suite d’ondulations de cette énigme plastique, une fois privée de sa fonction, devient un miroitement aquatique qui invite à une forme d’hypnose. Et l’identité qui est la raison d’être de l’objet initial disparaît complètement dans ces ondes.

C’est également l’eau qui dédouble le reflet d’une pièce de monnaie, donnant l’illusion de sa complétude sans pour autant donner le change. Le reflet se trahit, on voit qu’il y a truchement, mais on peine à deviner lequel, comme on cherche à comprendre quel phénomène physique diffracte la ballade urbaine de sa vidéo Ville éclatée.

Aucune équation ne résumerait complètement ses procédés, même quand ils sont mathématiques. Ainsi, les tréteaux sont le résultat prémédité de soustractions et d’additions mutuelles entre deux tréteaux initialement de même taille, comme la planche immeuble est un collage de découpures méthodiques dans une planche initialement entière. Débitée en cubes, retournée sur elle- même dans chacune de ses parties, cette planche est pour ainsi dire elle-même au carré, mais sa surface émaillée d’accidents rappelle que rien ne se passe jamais comme prévu.

On est décontenancé par cette imprécision difficile à nommer, qui fait des pièces de Grégoire Bergeret davantage que des mises en œuvre de procédés. Ses verres surplombés de leur propre capacité ne sont pas à proprement parler doublés, puisqu’à cette extension étrange il manque une extrémité : la forme du contenant. Seul leur contenu leur est ajouté. Une fois encore, on a l’illusion d’une opération simple, mais on est emmené plus loin.

Autre mise en abyme, une impression grand format d’un petit objet scanné : à l’origine, une figurine de super-héros, en plastique, d’abord ramollie par des moyens thermiques puis aplatie et refroidie. Notre «  nouveau  » super-héros résulte d’une ahurissante suite d’écrasements de la « figure », et à travers elle, de la figuration, de la personne, de la subjectivité.

Indéniablement, l’obsession de Grégoire Bergeret est d’atteindre les limites de la matière, comme le raconte l’extrême fragilité des cubes de plâtre, souvenirs friables de centaines de glaçons dont ils ont gardé la forme. D’accidents chimiques en jeu de mots, les aléas du réel jettent Grégoire Bergeret dans un dire sans fin, qui lui-même appelle son propre laboratoire.

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