Guy Yanai — Love of Beginnings

Exposition

Peinture

Guy Yanai
Love of Beginnings

Passé : 16 mars → 29 avril 2017

Des peintures qui se joueraient de l’intime, voire de ce qu’il en reste. Un village à flanc de montagne, une cuisine sur le toit d’un immeuble, une leçon de piano dispensée à un enfant. Cela s’apparenterait donc à un travail pictural plein de candeur : je redécouvre ce qui m’entoure. De la persistance de certaines images à l’émotion simple que provoque un moment partagé en famille, alors que l’exposition justement s’intitule « Love of Beginnings » ou « L’amour des commencements » titre emprunté au roman autobiographique du psychanalyste français J.-B. Pontalis, paru en 1986.

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Guy Yanai, The Piano Lesson, 2017 Huile sur toile — 183 × 152 cm Courtesy of the artist & Galerie Derouillon, Paris

Les sujets de ces peintures seraient issus des albums sans titre de l’iPhone de Guy Yanai, d’Instagram, de banques d’images, de scènes de film, sans hiérarchie aucune. L’attrait pour les couleurs vives, acides, fait écho au modèle Tahiti, cette lampe de table iconique d’Ettore Sottsass, que l’on retrouve dans l’atelier de l’artiste. Ce peintre pourrait être originaire de n’importe quelle contrée, or il est israélien, et vit à Tel Aviv. Il semblerait vain de s’attacher à la contemporanéité des peintures présentes dans cette exposition, car pourquoi toujours avilir ce médium en évoquant son âge. On pourrait mentionner, comme l’ont fait bon nombre de mes prédécesseurs, l’aspect pixélisé de ces peintures, entre esthétique digitale et point de croix ancestral. Or que doit-on savoir et que doit-on ignorer pour apprécier un travail ?

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Guy Yanai, Giardini di Mortella II, 2017 Huile sur toile — 148 × 120 cm Courtesy of the artist & Galerie Derouillon, Paris

L’artiste lui même n’évoque que les moments, les sentiments, les impressions. Des vacances ratées au Club Med de Serre Chevalier, la cuisine dans son appartement de Tel Aviv, avec vue sur les montagnes jordaniennes quand le temps est clément, et enfin cette fameuse leçon de piano. Hommage à Matisse, cent et un an plus tard, où le fils de Guy Yanai remplace le jeune Pierre, et apporte avec lui son lot d’émotions (encore) et de fierté. « Les chambres closes d’où filtrent des odeurs bizarres et le cabinet de l’analyste où la parole se trouve en se perdant. » pour citer à nouveau Pontalis, une des figures qui traverse cette exposition.

Julie Boukobza