Haim Steinbach — Navy legacy

Exposition

Sculpture

Haim Steinbach
Navy legacy

Passé : 14 avril → 26 mai 2012

Navy legacy évoque les images du vaste plan bleu de l’océan et de vaisseaux carénés traversant ces surfaces. On entend par héritage ce qui est légué par un prédécesseur, ce qui continue à prévaloir, qu’il s’agisse d’objet, d’idée originale ou de vision. Cela peut concerner aussi bien l’immatériel que le matériel devenu obsolète mais difficile à remplacer parce que d’un usage répandu. Steinbach fait aussi référence à l’histoire de l’art et attribue de nouveaux rôles à une série d’objets.

Dès son entrée dans l’exposition, le spectateur est confronté à une intervention architecturale : une cloison inclinée fend le long couloir de la galerie. Cette œuvre in-situ marque l’entrée en scène d’une suite d’effets et de thèmes, tels que la métonymie, le corps, le récit, qui interagissent dans une réaction en chaîne tout au long de navy legacy.

La cloison inclinée crée un espace triangulaire sous lequel le visiteur doit passer pour accéder à l’exposition. Cette entrée triangulaire fait écho à la section des sculptures-étagères caractéristiques de Steinbach. Ces œuvres iconiques sont un élément central de sa pratique : l’étagère structurante sert à la fois de support et de scène pour les objets quotidiens choisis par l’artiste. Les compositions de Steinbach, à la fois en accord et en tension l’une avec l’autre, révèlent la nature performative inhérente aux objets. Subtilement, le spectateur est amené à devenir un acteur, de même que les objets dans les sculptures de Steinbach.

A côté de la cloison inclinée, une étagère présente deux objets : un cube de verre abritant plusieurs fruits en papier mâché et un vieil appuie-tête chinois en bois. Les thèmes de l’exotique et de l’organique commencent ainsi à prendre forme. En face, un texte mural agrandi, en fait un objet trouvé, “No Elephants” (interdit aux éléphants) saute aux yeux. Cette œuvre textuelle est placée à proximité d’une énorme sphère grossièrement taillée qui occupe la presque totalité de la salle. En relation avec le texte mural, cette monumentale sphère organique pourrait matérialiser l’expression “An elephant in the room”.

La sphère est également riche d’autres possibles allusions. Le mythe de Sisyphe et la forme des planètes viennent à l’esprit. Face à la sphère, une étagère jaune forsythia particulièrement allongée, présente des objets qui rappellent formellement la sphère : sept boules de bocce et une figurine de Hulk dont les poings ronds sont prêts à l’action. Les boules de bocce ainsi que Hulk renvoient à des jeux aussi bien d’adultes que d’enfants : l’identification à Hulk, le désir de devenir plus grand, et la pérennité des jeux d’enfants à travers les loisirs des adultes. De même que les plus jeunes se projettent dans les jouets miniatures, l’important changement d’échelle réaffirme l’intérêt qu’a Steinbach pour l’inconscient, la mémoire, et l’imagination contenus dans les objets du quotidien.

Au bout du couloir, une des boîtes en verre de Steinbach abrite un seul objet : un jouet en lego. Ce jouet “hyper design”, à l’évidence un véhicule guerrier, mais dont on ne peut déterminer la fonction exacte, invite peut-être à lire la sphère comme une force, voire un boulet de canon. Reste que le mouvement potentiel de la sphère est bloqué par les murs de galerie. L’incertitude qui continue de la sorte à flotter accentue l’interprétation première d’une constellation ludique d’objets.

Dans le bureau de la galerie, un papier peint photo-réaliste de jungle fait face à la banque d’accueil. Encastré à la base du mur se trouve une œuvre intitulée “Gate Valve” (vanne à opercule). Cet appareil sert à contrôler un écoulement, il rappelle que l’eau est un volume et révèle des espaces cachés à l’intérieur d’une architecture souvent inaperçue. Dialoguant avec cette œuvre, son alter ego se trouve en face sur le bureau de la galerie : “Prototype for a Gate Valve”. Le prototype en question est une maquette miniature de vertèbres de mastodonte posée sous une cloche de verre. Contredisant les fonctions du bureau, la cloche de verre évoque des modalités d’exposition ancienne comme on en trouvait dans les cabinets du curiosité. La taille des interventions in situ et les œuvres autonomes de cette exposition suggèrent un ensemble de connections au temps, à l’artifice, au comportement humain et aux espaces innombrables du corporel.

  • Vernissage Vendredi 13 avril 2012 18:00 → 21:00
Galerie Laurent Godin Galerie
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03 Le Marais Zoom in 03 Le Marais Zoom out

5, rue du Grenier Saint-Lazare


75003 Paris

T. 01 42 71 10 66 — F. 01 42 71 10 77

www.laurentgodin.com

Rambuteau

Horaires

Du mardi au samedi de 11h à 19h

302x284 hands on design original

L’artiste

  • Haim Steinbach