Here comes the sun

Exposition

Collage, dessin, peinture, photographie

Here comes the sun

Passé : 13 mai → 25 juillet 2015

Dans cette fameuse chanson écrite en 1969, George Harrison file la métaphore du retour du soleil après un long hiver pour mieux exprimer le soulagement et la douce euphorie à la sortie d’une période sombre… Cette exposition se veut une exploration du soleil, au sens littéral cette fois — celui dont les rayons éclairent et métamorphosent en quelques instants, qui nous fait exister, et exister autrement. Here comes the sun réunit six artistes et trois façons de travailler la lumière : Nicolai Howalt et Salla Pesonen l’impriment sur une matière sensible par la photographie ; Maibritt Ulvedal Bjelke, Madhat Kakei et Catherine Maria Chapel la matérialisent à travers la peinture ; Yoon Ji-Eun trace ses dessins sur la luminosité du papier.

Catherine Maria Chapel

Les encres et pastels de Catherine Maria Chapel (née en 1968, vit en France) dansent dans les derniers feux du jour. Ses œuvres évoquent l’été, les jeux de lumière dans les vagues outremer, la transparence de l’eau des ruisseaux de montagne et le bleu néon du ciel des soirs au bord de la mer. Si l’œuvre de l’artiste semble si aquatique, c’est qu’elle fait suivre à ses encres des chemins d’eau qu’elle crée sur le papier. Elle les laisse glisser et former des lacs de couleur intenses et sombres. Elle travaille de façon intuitive et empirique, juxtapose des matières non miscibles et regarde les couleurs et les lumières s’entremêler sans se mélanger, laisse le papier absorber l’encre, se charger de matière jusque parfois se rompre. Quelques traits de pastel peuvent venir souligner et illuminer les formes dans cette œuvre où tout est lumière et mouvement. Ce que peint Catherine Maria Chapel semble être la matière même des souvenirs d’été, heureux et doucement mélancoliques.

Nicolai Howalt

Présentée pour la première fois à la Galerie Maria Lund, l’œuvre du photographe danois Nicolai Howalt (né en 1970, vit au Danemark) a été largement exposée en Scandinavie et primée par de nombreuses institutions prestigieuses (Hasselblad Foundation, Danish Arts Foundation etc.). En France, la Maison du Danemark a accueilli une première exposition en 2012 ; ses photographies sont entrées dans les collections d’Hermès et de la Maison Européenne de la Photo. La démarche de l’artiste se situe à la frontière entre documentaire et arts visuels. Les œuvres de sa dernière série, Light Break — Photography/Light Therapy (La pointe du jour — Photographie/Thérapie par la lumière) relèvent en apparence de la photographie abstraite, minimale et contemplative. Le soleil y est à la fois l’outil, la matière et le motif. Cet ensemble est né de l’intérêt de l’artiste pour les recherches du médecin et prix Nobel Niels Ryberg Finsen (1860-1904), qui avait en son temps mis au point un ensemble de lentilles permettant d’isoler les rayons ultraviolets et infrarouges de l’ensemble du spectre de la lumière solaire. L’exposition aux rayonnements issus de ces filtres permettait de traiter certaines maladies de peau, notamment la tuberculose cutanée.

Avec Light Break, Nicolai Howalt a utilisé cette méthode scientifique pour ses propres recherches sur la technique photographique et le travail de la lumière d’une part, mais aussi pour mieux exprimer sa fascination de l’aspect directement curatif de la lumière. Il a emprunté au Musée de la Médecine de Copenhague les lentilles qu’utilisait Finsen et les a combinées à des filtres contemporains afin de diviser à son tour la lumière du soleil. Il a ensuite laissé les rayons agir directement sur un papier photosensible placé à l’intérieur d’une chambre noire. Il en résulte un ensemble d’impressions uniques du soleil. Ces empreintes brutes de lumière, dont les couleurs couvrent l’ensemble du spectre visible — du violet aux rouges les plus vifs en passant par le vert émeraude et le bleu électrique — peuvent être aussi douces et sereines que violentes et aveuglantes. Elles fascinent en ce qu’elles touchent au point le plus fondamental de la photographie, mais aussi, finalement, de la vie : la lumière.

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Nicolai Howalt, Light Break, 2014 Exposition unique, papier couleur c-type — 28 × 23,6 cm Courtesy of the artist & Galerie Maria Lund, Paris
Madhat Kakei

Madhat Kakei (né en 1954 en Irak, vit entre l’Irak, la Suède et la France) a longtemps peint l’histoire sombre du peuple kurde avant de peu à peu recouvrir le motif au couteau de dizaines d’épaisses couches de peintures. Cette démarche se rapproche d’une forme de méditation curative : une strate de couleur sur une autre pour créer de la lumière par-dessus l’obscurité d’une réalité — un moment en recouvre un autre, et ainsi de suite. En superficie des monochromes de l’artiste, on se délecte de la matière brute, des reflets de lumières, des traces du processus laissées dans la pâte colorée, des jeux de profondeurs et de transparence. Ces plages de couleur pure sont entourées d’un ruban multicolore, créé par les dizaines de couches de peintures sous la surface, dont l’artiste laisse allégrement déborder la matière sur les bords de la toile. Ce vibrionnant cadre contraste avec le calme de la surface et raconte l’histoire de l’avènement de l’œuvre.

Salla Pesonen

L’artiste finlandaise Salla Pesonen (née en 1984, vit en France) développe un travail photographique et vidéo sur le thème de l’obsolescence. Après s’être interrogée sur les matériaux et les objets du quotidien, elle en est venue à questionner sa pratique elle-même : constamment abreuvée de nouvelles images en tant que photographe et utilisatrice des réseaux sociaux, elle a fini par voir la vie contemporaine comme une immense machine à fabriquer des images obsolètes, qui — si belles et poignantes soient elles — disparaissent quasi-instantanément du « fil d’actualité ». A travers son œuvre Salla Pesonen chercher à contrer cette tendance à l’éphémère. Elle a choisi pour cela le matériau le plus immédiatement obsolète, parasite et nocif : le plastique usagé. Elle l’installe en studio, étudie la lumière qui le traverse, et capture une image. Pour autant cette matière n’est pas le sujet de ses photographies ; elle n’hésite d’ailleurs pas à modifier les couleurs et les textures de ses visuels à l’aide de logiciels de retouche. Ce qu’elle cherche à obtenir, en partant pourtant de l’objet le plus antagoniste à sa démarche, ce sont des images qui n’ont ni lieux, ni temps, qui se veulent désincarnées d’une réalité qui est vouée à disparaitre. Il s’agit uniquement de lumière, de couleurs et de formes — de la plus pure abstraction.

Maibritt Ulvedal Bjelke

L’œuvre récente de Maibritt Ulvedal Bjelke (née en 1967 au Danemark, vit en Angleterre) résulte d’une alliance en principe contradictoire : celle d’un geste libre et d’une approche systématique dans son exploration de la surface picturale. Elle provoque des mouvements de matière — des centaines de coulures de couleurs juxtaposées — qu’elle découpe ensuite et organise en compositions géométriques.

Sa démarche consiste en fait à structurer le chaos de ses coulures, qu’elle ne maîtrise que jusqu’à un certain point et qu’elle laisse se fondre et créer des accidents. A la liberté vive et euphorique de son travail avec la matière lumineuse qu’est la peinture, se superpose la rigueur de ses combinaisons de découpes, agencées de façon à créer un triple mouvement — circulaire, rayonnant et d’aller-retours d’avant en arrière. La pesanteur qui a agi dans l’écoulement de la peinture transmet une puissante énergie à ses œuvres. Une vibration solaire se dégage de cette rencontre entre ordre des formes et ivresse de la couleur.

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Maibritt Ulvedal Bjelke, Chunky-spinner n°1 — 9, 2015 Acrylique/huile/papier/toile — 26 × 30 × 3,5 cm Courtesy of the artist & Galerie Maria Lund, Paris
Yoon Ji-Eun

C’est un récit entre réalisme naïf, songe et mondes cosmiques que propose Yoon Ji-Eun dans ses nouvelles œuvres. Elle y décrit l’existence cyclique des hommes sous le soleil. L’artiste (née en 1982 en Corée, vit en France) a travaillé à partir de photos de kermesses, de spectacles d’enfants. En déplaçant ses figures dans un univers fluctuant de taches d’aquarelles et d’enchevêtrements de formes géométriques, elle crée des scènes étranges, comme sorties d’un rêve dont on ne saisit pas tout à fait le sens. Peut-être est-ce le monde de l’enfance : celui des jours qui ne finissent pas, où l’on peut esquisser quelques pas de valse dans une flaque d’eau teintée de rose par le soleil, en attendant un inévitable coucher, qui arrive toujours trop tôt… Ou bien ces moments où l’on croit assister à l’atterrissage d’une assiette volante derrière le gros rocher rayonnant… Yoon Ji-Eun travaille avec délicatesse le papier : elle peint et dessine, mais traite aussi la matière elle-même, la creusant, la gravant, la trouant… Elle conjugue de nombreux plans où se mêlent représentations naturalistes, emprunts photographiques et envolées abstraites. En fine observatrice Yoon Ji-Eun montre et emporte par une mise une lumière poétique et personnelle.

  • Vernissage Mercredi 13 mai 2015 18:00 → 21:00
  • Here comes the sun — summernight — nocturne à la galerie Evénement Jeudi 2 juillet 2015 18:00 → 21:30
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