Homer Sykes — My Britain 1970-1980

Exposition

Photographie

Homer Sykes — My Britain 1970-1980

Passé : 5 septembre → 31 octobre 2015

My Britain 1970-1980

L’œuvre du photographe britannique Homer Sykes (né en 1949) demeure encore peu connue en France. C’est au début des années 1970 que cet anglais d’origine canadienne devient photojournaliste. Photographe indépendant, il travaille pour des magazines tels que The Observer, The Telegraph, Time ou Newsweek Magazine et part ainsi couvrir les conflits du Proche-Orient ou de l’Irlande du Nord. Mais Homer Sykes se tourne rapidement vers son propre pays, questionnant les coutumes et les mœurs typiquement britanniques. Après son exposition au cours de l’été 2014 à la Maison de la Photographie Robert Doisneau à Gentilly, Les Douches la Galerie retrace à son tour les années 70-80, deux décennies qui furent pour lui une véritable immersion dans le quotidien, le folklore et les mutations d’un Royaume-Uni en crise, dans une société en proie au doute et qui se réinvente à travers une culture pop-rock.

Homer Sykes fait partie de la talentueuse génération de photographes britanniques tels que Martin Parr, Chris Killip, Graham Smith, Chris Steel Perkins ou encore Tony Ray-Jones. Une génération qui, d’emblée, envisage la photographie en terme de style et fait valoir des choix esthétiques, à mi-chemin entre information et création. Au début des années 1970, Sykes, qui est la recherche d’un sujet encore peu documenté, décide de partir dans le Lancashire (nord de l’Angleterre) pour photographier les célébrations folkloriques de Pâques. Sans le savoir, il commence ainsi un projet de plusieurs années sur les coutumes traditionnelles de son pays. En 1977, il publie ainsi son premier livre intitulé Once a Year — Some Traditional Bristish Customs qui illustre et répertorie les fêtes et les cérémonies folkloriques à une époque où l’identité britannique est justement en perte de repères. Certaines de ces traditions dont l’origine et le sens ne sont plus clairement identifiés apparaissent au début des années 1970 parfaitement anachroniques dans un monde qui se modernise.

Les vingt premières années de la carrière de Sykes coïncident avec une période de profondes transformations économiques au Royaume-Uni. C’est ce décor de crise qui apparaît en toile de fond de toutes ses photographies. Le monde ouvrier, les jours de labeurs, les villes de mineurs où les tas de charbon encombrent les cours des maisons sont décrits sous forme de chroniques où les protagonistes vivent pleinement leurs histoires tragiques ou burlesques. Si l’humour est récurrent dans l’œuvre de Sykes, il n’est jamais féroce ni ironique. On peut d’ailleurs le comparer à bien des égards à Tom Arndt. Les pauvres, les humiliés mais aussi la classe dirigeante britannique apparaissent ici sous un même regard bienveillant, une même approche visant à montrer des comportements dans des situations banales ou incongrues. Mais la juxtaposition d’images issues de ces deux mondes permet à elles seules de percevoir le gouffre qui les sépare et de comprendre les raisons d’un malaise social qui s’installe alors en Grande-Bretagne.

La réunion de plusieurs personnages dans un même cadre caractérise la plupart des photographies d’Homer Sykes sélectionnées pour ce projet. Bien souvent la structure de ses images repose sur deux ou trois figures principales qui se distinguent et se dévoilent par une expression ou une attitude. Il n’y a pas de mise ou scène ni de composition trop évidente, juste une observation fine et une méthode systématique de prise de vue : une focale courte, quelques repérages préalables et une certaine manière anglaise, franche et courtoise, d’entrer en contact avec les personnes qu’il photographie parfois à très faible distance (étonnamment, celles-ci semble d’ailleurs ignorer le photographe qui est à l’œuvre). Présent à l’évènement, invisible dans l’image, Homer Sykes fait de la discrétion une véritable marque de fabrique : « my images are about people, what they wear, how they look, and how they interact with each other, against a background that sets the scene. They are not about me ».

Difficile enfin de regarder les photographies d’Homer Sykes sans évoquer l’incroyable univers musical qui émerge au Royaume-Uni durant ces deux décennies. Entre 1970 et 1980, l’Angleterre invente et exporte le Glam rock, le Punk-rock, le Ska, la New wave, le New Romanticism, etc. à travers une liste impressionnante de groupes et de chanteurs qui dominent largement la scène internationale. Si Homer Sykes croise Paul et Linda Mac Cartney ou le futur Boy George ce n’est pas pour en faire des icônes mais pour les suivre dans un contexte familier pendant une tournée ou en discothèque : « I am not a rock and pop photographer, I photograph people» précise-t-il. Sykes aborde la musique pop à travers les formes de culture ou de contre-culture qu’elle génère. Il perçoit dans le mouvement punk ou skinhead le phénomène de mode qui se répand dans une génération en rébellion. Et s’il fréquente le Blitz Club de Covent Garden (à Londres) au début des années 1980 c’est pour observer ces New Romantics avec leurs maquillages et leurs poses indolentes.

Michael Houlette, Directeur de la Maison de la Photographie Robert Doisneau à Gentilly

  • Vernissage Samedi 5 septembre 2015 14:00 → 19:00
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5, rue Legouvé


75010 Paris

T. 09 59 66 68 85

www.lesdoucheslagalerie.com

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Horaires

Du mercredi au samedi de 14h à 19h
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  • Homer Sykes