Imprimer le monde

Exposition

Design, nouveaux médias, sculpture

Imprimer le monde

Encore environ un mois : 15 mars → 3 juillet 2017

Les technologies numériques ont bouleversé la conception et la fabrication des objets, transformant la pratique des architectes, designers, artistes. L’exposition Imprimer le monde interroge l’émergence dans la création artistique d’un nouvel artefact numérique imprimé en 3D.

De l’objet de design au prototype architectural, de l’atelier de production aux objets innovants de laboratoire, cette exposition réunit une génération d’artistes, designers et architectes qui se sont emparés de l’impression 3D comme outil critique d’expérimentation. À travers une quarantaine de créateurs, elle interroge les mutations des formes au sein d’une « matérialité digitale » où une nouvelle typologie d’objets a fait son apparition dont l’impression 3D est le dénominateur commun.

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Olivier Van Herpt, Sediment Vases, Vue d’atelier, Eindhoven, 2015 Impression 3D de céramique Courtesy Design Academy Eindhoven — Photo © Femke Rijerman

Quel est le statut de l’auteur à l’ère de la production de ces objets « non standards », à la fois uniques et produits industriellement ? Quel est le statut de cet objet « imprimé » en 3D, tout à la fois objet du quotidien, objet technologique, œuvre d’art, objet de design, prototype d’architecture ? Comment expliquer sa généralisation à l’ère du numérique à tous les domaines de production ? Qualifiée de « technologie disruptive », l’impression 3D se diffuse depuis une quinzaine d’années à une large échelle à travers les plates-formes de logiciels « open source » et un développement dans l’industrie, de l’aéronautique aux biotechnologies. De l’échelle du micro (imprimer des cellules vivantes) à celle du macro (imprimer des architectures à l’échelle 1:1), du visible à l’infra-visible, la fabrication additive soulève des questions qui concernent autant le statut de l’œuvre que le monde de l’industrie et la recherche scientifique.

Les modes de représentation à l’ère du numérique sont au cœur de démarches artistiques qui interrogent le statut de l’image, les frontières entre physique et virtuel. Achraf Touloub questionne la circulation des images numériques en les transférant dans les trois dimensions. Les bustes en impression 3D de Jon Rafman renvoient aux archétypes du passé comme à l’hypertechnologie. Les artefacts de Morehshin Allahyari réactivent la mémoire de monuments historiques détruits par la guerre en Syrie, utilisant l’impression 3D comme un outil de réparation de l’histoire. La notion de temporalité de l’objet est également problématisée par le designer Dov Ganchrow à travers ses silex taillés aux coques imprimées en 3D. Une même démarche spéculative est à l’œuvre dans les « objets dysfonctionnels » de Matthew Plummer-Fernandez ou dans les « objets hackés » de Jesse Howard.

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Michael Hansmeyer & Benjamin Dillenburger, Grotto II, Digital Grotesque, 2017 Impression 3D, sables de silice et liant, revêtement multicouches — 345 × 323 × 194 cm Collection Centre Pompidou Production. Acquisition récente du Musée national d’art moderne. Collection Centre Pompidou

Ce nouvel artefact numérique s’inscrit au croisement de savoir-faire artisanaux qui ont modifié la pratique des designers. Olivier Van Herpt conçoit à la fois fichiers numériques et machines pour imprimer en 3D des objets de design qui « simulent » et transcendent l’objet artisanal. Les designers recourent aux logiciels de simulation numérique et aux langages de programmation des architectes pour concevoir des objets complexes et innovants. Le designer Joris Laarman, qui imprimera un pont en métal à Amsterdam en 2017, est à la pointe de ces recherches, tout comme Mathias Bengtsson qui a réalisé la première table en titane en fabrication additive. Les formes organiques de ces œuvres puisent dans les processus évolutionnaires de la nature, recréés grâce aux outils de simulation numérique. Dirk van der Kooij fait valoir une approche « durable » à travers des procédés de fils de plastique recyclé pour la fabrication de ses pièces. Les designers François Brument et Sonia Laugier présentent un dispositif reconstituant leur atelier, retraçant les étapes de conception et de fabrication de leurs pièces.

Les architectes furent les premiers à s’emparer de ces technologies numériques pour développer de nouveaux process de conception et de fabrication qu’ils expérimentent à travers des prototypes et des matériaux : béton imprimé en 3D à grande échelle (EZCT Architecture and Design Research en collaboration avec XtreeE ; Gramazio Kohler Research), la céramique (Jenny Sabin) ou de nouveaux matériaux synthétiques (Neri Oxman, Alisa Andrasek). Michael Hansmeyer et Benjamin Dillenburger ont poussé à leurs limites les possibilités de conception et d’impression 3D à travers l’installation Grotto II dont l’exubérance ornementale est la résultante de calculs algorithmiques. Kevin Clement, Yusuke Obuchi et Jun Sato avec l’Université de Tokyo (Advanced Design Studies Unit) et l’agence Kengo Kuma Associates, ont développé pour l’exposition un projet in situ, canopée de filaments plastiques biodégradables, dérivés de déchets alimentaires, élaborée grâce à un stylo d’impression 3D conçu pour réaliser des structures architecturales complexes.

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Centre Pompidou, Vue d’exposition, Imprimer le monde, 2017 Photo © Audrey Laurans

Les installations produites par l’Ircam déploient des espaces acoustiques. Qu’il s’agisse du son, de la matière, l’espace digital génère des formes nouvelles. Comment interpréter et composer un espace par la dimension sonore et de nouvelles techniques de spatialisation ? Dans Disenchanted Islands, la compositrice Olga Neuwirth entraîne virtuellement le visiteur-spectateur à San Lorenzo de Venise, lieu de la création de Prometeo de Nono réalisé dans une scénographie de Renzo Piano. Par le procédé de convolution 3D, l’empreinte sonore de l’église vénitienne est transférée dans l’espace du musée. Avec Jardin d’Eden, les artistes Raphael Thibault et Hyun-Hwa Cho présentent une installation immersive, sous la forme d’une double projection vidéo, de sculptures réalisées en impression 3D et d’un panorama sonore et musical. La spatialisation des sons fait ici écho aux images. Les processus de simulation numérique concernent tous les domaines artistiques, simulation 3D de l’espace sonore ou simulation numérique du territoire à travers les scans 3D des photographies de Thibaut Brunet.

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Place Georges Pompidou

75004 Paris

T. 01 44 78 12 33 — F. 01 44 78 16 73

www.centrepompidou.fr

Châtelet
Hôtel de Ville
Rambuteau

Horaires

Tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h
Nocturne les jeudis jusqu’à 23h

Tarifs

Plein tarif 14 € — Tarif réduit 11 €

Gratuit pour les moins de 18 ans, billet exonéré pour les moins de 26 ans. Et pour tout le monde, les premiers dimanches du mois.

Programme de ce lieu

Les artistes

  • Achraf Touloub
  • Vincent Fournier
  • Joris Laarman
  • Neri Oxman
  • Kengo Kuma
  • Thibault Brunet
  • Aldo Bakker
  • François Brument & Sonia Laugier
  • Lining Yao
  • Jifei Ou (Tangible Media Group
Et 42 autres…

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