Jean Cousin père et fils — Une famille de peintres au XVIe siècle

Exposition

Peinture

Jean Cousin père et fils
Une famille de peintres au XVIe siècle

Passé : 17 octobre 2013 → 13 janvier 2014

Le XVe siècle français a été le siècle de Jean Fouquet et d’Enguerrand Quarton — le XVIIe, celui de Georges de La Tour et de Nicolas Poussin. Le XVIe siècle a eu Jean Cousin. Son nom, glorifié dans les histoires anciennes, inscrit aux frontons des écoles des beaux-arts et à l’attique des musées, n’a jamais été oublié. Il demeure le symbole du renouveau du vitrail et de la tapisserie au XVIe siècle. Un magistral Livre de Perspective et un manuel pour apprendre à dessiner en ont assuré le renom. Cependant, pour la plupart d’entre nous, Cousin est le peintre virtuose d’un seul tableau, Eva Prima Pandora.

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Jean Cousin Fils, Pan visé par l’Amour archer et Pan poursuivant Syrinx © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

A travers un choix de 60 œuvres, l’exposition est l’occasion de rendre justice à cet artiste protéiforme, figure centrale du maniérisme français. Elle met en lumière l’originalité et l’importance du style de Jean Cousin et cherche à distinguer l’œuvre de Jean Cousin Père de celle de son fils, qui porte le même nom.

Un choix d’œuvres de son fils et héritier complète l’image de ce grand inventeur d’un style qui, classique avant la lettre, s’est nourri tout autant du passé cultivé par la Renaissance que des sophistications du maniérisme.

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Jean Cousin Fils, Le Jugement dernier, vers 1585 145 × 142 cm © Musée du Louvre, dist. RMN / Angèle Dequier

Jean Cousin Père et Fils, ou l’art français au XVIe siècle

L’activité de ces deux peintres distincts a occupé et modelé soixante ans de l’art français. Un art dont on perçoit désormais mieux les racines, les ferments et les épanouissements. Les racines sont à Sens, mais aussi, semble-t-il, dans la Champagne traversée par le courant néerlandais et dans un Paris encore très fiamminghant. Les ferments viennent du Fontainebleau de Rosso, puis de Cellini et de Primatice, qui déclenchent la maturité des années 1540, sans que cet italianisme, subtil et intense mais très maîtrisé, ait totalement raison de l’atavisme. L’épanouissement atteint toute sa grâce et sa souplesse sous Henri II, lorsque Cousin, sans être forcément au centre du mécénat royal, incarne à Paris une des formes les plus raffinées du maniérisme français et transmet cet héritage à son fils, qui le fit fructifier jusqu’à la fin du siècle sans le renouveler en profondeur.

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Jean Cousin Père, Jeux d’enfants dans des ruines © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean- Gilles Berizzi

L’Eva Prima Pandora, premier grand nu de la peinture française

L’Eva Prima Pandora du Louvre, récemment restaurée, est le seul tableau assurément de Cousin Père et son œuvre emblématique. Cette Ève profane, premier grand nu féminin de la peinture française, odalisque sacrée et cavernicole, fixe l’image primordiale de la femme dans toute sa séduction. Son sujet — unique dans l’histoire de la peinture — se fonde sur le syncrétisme entre les deux « premières » femmes dans les traditions grecque (Hésiode) et chrétienne (Genèse), exprimé précédemment à Paris dans la Pandora publiée par Jean Olivier en 1546. Elle a d’Eve la nudité, le serpent de la tentation enroulé sur un bras, la branche de pommier du pêché dans la main accoudée sur le crâne d’Adam. De Pandore, elle a le ou les vase(s), celui dont s’échappent deux serpents et celui, autrefois fermé, aujourd’hui ouvert, qui trône en bonne place sous le cartellino qui nomme le tableau.

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Anonyme D'après Jean Cousin, Histoire de saint Mammès : Saint Mammès venant se livrer au tribunal du gouverneur de la Cappadoce Tenture tissée à Paris en 1544 par Pierre Blasse et Jacques Langlois, laine et soie. © Musée du Louvre / Thierry Malty

Génie par délégation ou génie de la délégation

Pour la première fois, l’Eva Prima Pandora est présentée ici au centre de la création de cet artiste polyvalent et fécond, à côté de dessins magistraux, de sculptures, d’estampes, de livres à gravures, d’une tapisserie, d’une broderie et d’une pièce d’armure qui confirment les mérites insignes de Cousin dans toutes les techniques. L’exposition met ainsi en lumière, sous l’apparente diversité des techniques concernées et à travers le prisme de ses interprètes verriers, liciers, graveurs ou orfèvres, l’invention très singulière, le style en somme de Jean Cousin Père, qui s’impose par la fluidité de son espace et son goût du paysage, la tension dynamique de ses figures, l’autorité expressive de ses visages.

Aile Denon, 1er étage, salles Mollien

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Palais royal, musée du Louvre


75001 Paris

www.louvre.fr

Palais Royal – Musée du Louvre

Horaires

Tous les jours sauf le mardi de 9h à 18h
Nocturne les mercredis, les vendredis jusqu’à 21h30
Lundi, jeudi, samedi, dimanche : fermeture des salles à partir de 17h30

Tarifs

Plein tarif 15 €

D’octobre à mars : le premier dimanche de chaque mois, l’accès aux collections permanentes est gratuit pour tous.

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Les artistes

  • Anonyme D'après Jean Cousin
  • Jean Cousin Fils
  • Jean Cousin Père