Jean Pierre Schneider, Etienne Viard et Antoine Schneck

Exposition

Peinture, photographie, sculpture

Jean Pierre Schneider, Etienne Viard et Antoine Schneck

Passé : 27 juillet → 7 août 2011

Jean Pierre Schneider

L’exposition s’articule autour de l’Hommage à Manet — _Olympia_ reprenant le très fameux tableaux d’Edouard Manet, jouant sur la verticalité forte de la servante et la fragilité du corps d’Olympia.

Suivent :

  • les Cartons (2003-2004) qui ont pour motif une simple boîte dont le peintre campe le volume dans l’espace du tableau, cherchant les multiples compositions possibles.
  • Les Planches courbes (2006-2008) empruntant leur titre à l’écrivain Yves Bonnefoy et explorant le simple motif de la proue d’une barque oscillant à la surface du tableau.
  • Entre chien et loup (2007-2008) qui prend pour point de départ un corps lové, recroquevillé sous un drap évoluant vers un motif plus abstrait évoquant une chaîne de montagne ou un paysage.
  • Les Funambules (2008-2009), inspirés d’une citation de Jean Genet « Plus rien ne te rattachant au sol tu pourras danser sans tomber », série où un simple trait incisé dans la peinture fraîche traverse le tableau.
  • Les Pierres noires (2008-2009) qui continuent sous une autre forme d’envisager la traversée du tableau. Traces d’un passage ou d’un chemin, les pavés noirs ponctuent la toile évoquent un gué, suggèrent un rythme.
  • Les Grandes terres (2010-2011), qui ouvrent l’espace au-delà de la surface de la toile, hors-champ.

Ainsi les tableaux de Schneider se déclinent par séries qui explorent à travers un même sujet différentes compositions plastiques. D’apparence monochrome, ses tableaux offrent une matière riche, mate et vibrante, dont la lumière naturelle révèle toute la subtilité. L’artiste superpose les couches de couleurs, la première réapparaissant à la surface, là où il pratique des incisions dans la matière.

Fragile, délicat mais puissant, l’univers pictural de Jean Pierre Schneider fait volontiers appel à la littérature. Une citation en contrepoint du titre vient accompagner le tableau ou parfois même s’inscrire dans la peinture, constituant, ainsi que la date, un deuxième motif dans la composition.

La sédimentation des couches de peinture s’oppose à la fulgurance du geste, campant le motif ou incisant un signe, un mot, la date. Les formes esquissées, les bribes de phrase, l’aspect parfois volontairement inachevé laissent l’imagination circuler. L’œuvre de Jean Pierre Schneider s’offre ainsi comme des moments suspendus, des instants précieux d’équilibre et de poésie.

Etienne Viard

Seront présentées cinq sculptures monumentales (environ 2 mètres de haut) et douze sculptures de plus petits formats.

Les sculptures monumentales, en acier corten, sont sans socle, posées à même le sol, comme en jaillissant. Les petits formats, en acier corten ou patiné, sont de la même veine.

Chaque pièce est issue d’une longue maturation qui passe par des découpages, des maquettes qui préludent à l’œuvre. L’acier en barre ou en feuilles épaisses est découpé puis modelé, puis plié à froid avec une précision vertigineuse et la tension du métal est parfois à la limite du possible. C’est ce danger formel, mais aussi réel, qui nervure l’œuvre.

Evidente, et placé à l’aulne de l’art conceptuel d’un Carl André ou d’une filiation discrète à l’œuvre d’Anthony Caro, sa sculpture impose une harmonie, un désordre de l’espace, une percée. Les pièces, sans socle, posées à même le sol, sont déclinées en variations sensibles, par «  famille  » : forêts, profilés, lames… Les lignes verticales dominent, fortes et souples, évoquant le végétal. Elles laissent s’insinuer la lumière qui rythme et souligne les volumes, ouvrant l’espace, vers l’horizontale. Les masses sont toujours au point de rupture de l’équilibre. C’est cette tension qui engage l’artiste.

Ces dernières années, en réalisant des sculptures monumentales, Etienne Viard a acquis une reconnaissance grandissante du marché. Il bénéficie maintenant de la confiance et du soutien de collectionneurs et mécènes qui, grâce à des commandes d’aménagements d’espaces verts et d’architectures, lui permettent de confirmer son talent. Cette mise à l’épreuve de l’artiste en quête d’harmonie, confronté aux contraintes du lieu, est un exercice de création dans lequel il s’exprime aussi avec bonheur.

Il faut que ce qui se construit sous mes yeux soit comme dressé, s’échappe du sol et s’élève. Il faut que je ressente la pièce non pas comme un objet mais comme une présence.

Etienne Viard

Antoine Schneck

Son parcours

La photographie entre dans la vie d’Antoine Schneck lorsqu’à l’âge de 12 ans il découvre dans un placard un vieil appareil kodak. Une vocation est née et ses héros s’appellent dès lors Henri Cartier-Bresson, William Klein, Richard Avedon ou Marc Riboud. Au moment d’attaquer ses études, Antoine Schneck se dirige vers l’architecture puis l’école de cinéma Louis Lumière. Caméraman pour la télévision puis lauréat de la Fondation Carat, il parcourt ensuite le vaste monde. Fort de cette expérience, Antoine Schneck a 30 ans quand il saute le pas et revient à son désir initial. Il se consacre dès lors pleinement et définitivement à la photographie. Dès le départ le portrait l’interpelle. Il travaille à la chambre photographique avant d’adopter le numérique dont il apprécie l’extrême qualité et la définition parfaite. Son œuvre se développe dès lors par séries, au fil des voyages, des envies, des projets, toujours sous le signe de la rencontre.

Visages du bout du monde

En 2007, Antoine Schneck se rend à Mahadagha à l’est du Burkina-Faso. Il en revient avec plus de 300 portraits. L’année suivante, l’aventure se poursuit en Chine chez les Miao, puis en 2009 en Inde auprès des populations Nilgiri et tout dernièrement de nouveau en Afrique au Mali.

Aujourd’hui à la tête d’une véritable galerie de « portraits du monde », Antoine Schneck adopte à chaque fois la même démarche. Loin de tout exotisme, son but est d’approcher un visage de la manière la plus directe. Ses modèles, volontaires et consentants, sont invités à prendre place dans une tente de tissu blanc qui diffuse la lumière uniformément. Assis sur une chaise dans ce décor totalement neutre, le sujet se détache sur un fond noir tandis qu’Antoine Schneck, invisible, opère de l’extérieur, un trou dans le tissu laissant passer l’objectif de son appareil. Proche de celui des photographes ambulants, le dispositif d’Antoine Schneck est cependant bien différent puisque le modèle se retrouve seul, isolé de tout contexte, sans interaction avec l’extérieur ni même avec le photographe. Le but de cette neutralité totale est d’obtenir du personnage une détente extrême, un état d’abandon où il ne s’agit plus de poser, ni de composer de soi-même une image. Patiemment, Antoine Schneck attend et parvient ainsi à capter cet instant fugace où le visage au repos s’offre, se donne pour lui-même. Semblables à des paysages traversés de lignes, de ridules et habités par l’éclat d’un regard, ces visages, intenses et tous différents, portent la trace d’une histoire, d’un parcours individuel. Flottant sur fond noir, détachés de leur corps, le plus souvent sans accessoire, ces visages du bout du monde ont la force brute, expressive du masque avec en plus la dimension du vivant, de l’humain.

L’objet en vérité

Parallèlement à ces séries de portraits, Antoine Schneck réalise des photographies d’objets. Adoptant un même traitement que pour ses portraits, il isole sur fond noir une rondelle de kiwi, une fleur, un baobab, une paire de chaussons de danse ou encore une clé à molette, une sculpture d’Etienne Viard. Curieusement c’est comme si nous regardions ces objets pour la première fois. L’image, concentrée, intense, les révèle et les dévoile dans toute leur vérité. Vérité parfois recomposée puisque lorsqu’il les photographie il réalise un montage complexe à partir de plusieurs dizaines d’images. Son projet est alors de restituer un regard omniprésent, omniscient, capable de synthétiser en une seule vision tous les points de vue. A notre insu, puisque, comme par miracle, le résultat semble plus vrai que nature.

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