Julien Beneyton — Remember That

Exposition

Peinture

Julien Beneyton
Remember That

Passé : 2 → 31 décembre 2011

“Un tableau est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées”. Et oubliez le reste. Vingt quatre tableaux ou un seul, des lignes d’écritures ou des corps morcelés, de la figuration ou une démarche conceptuelle. La dernière exposition de Julien Beneyton autorise des pistes de lectures multiples. Mais rappelle avant tout que la peinture est un manifeste.

Paradoxalement, cette nouvelle œuvre utilise le souvenir pour explorer de nouvelles contrées. C’est d’abord la remémoration d’une histoire de l’art associant maîtres anciens et contemporains. Sans faire la généalogie dont cette série de portraits se pose en héritière, on pourra déceler des éléments puisés chez ces grandes figures ; mettre en lumière, fonds unis, choix des “costumes”, travail des chairs, cadrages (dé)structurés, alignements lettrés, théorie de la couleur, mise en abîme du tableau. Autant de poncifs pensés comme des archétypes, offrant quelques réminiscences sémiologiques.

De la forme au fond, c’est la symbolique du tatouage qui lie grandes et petites histoires. Cette marque, tableau incarné, était réservée il n’y a pas si longtemps à toute une classe de marginaux : bagnards, prostituées, fous, rebelles, déportés, rockers, “primitifs”, etc. Si désormais le signe s’est répandu jusqu’à en diluer son essence, celle-là même capable d’allumer le feu de la révolte, on se plaît à chercher, parmi ces douze gros plans, quelques tatoués appartenant aux catégories originelles. Ce que les correspondances taisent.

Le dévoilement que Julien Beneyton rappelle dans cette série n’est effectivement pas uniquement affaire de vêtements soulevés. C’est avant tout la force de la représentation, et la violence de l’intimité qu’il met en forme. Des paroles et des actes. Vingt-quatre tableaux comme vingt-quatre portraits, mémoires partagées, douloureuses ou amusantes, légères et graves. Il peint la chair, ce qu’elle dit et ce qu’elle retient. Il communique une profondeur d’autant plus grande qu’elle est anonyme. Et révèle l’âme, au corps, encrée.

Benjamin Bianciotto
Galerie Olivier Robert Galerie
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5, rue des Haudriettes


75003 Paris

T. 01 43 25 31 87

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Rambuteau

Horaires

Du mardi au samedi de 14h à 19h
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L’artiste

  • Julien Beneyton