La cime du rêve — Les surréalistes et Victor Hugo

Exposition

Peinture

La cime du rêve
Les surréalistes et Victor Hugo

Passé : 17 octobre 2013 → 16 février 2014

Au long d’un cheminement thématique — les châteaux, l’amour, la nuit, la mer, la forêt, le ciel, le bestiaire mais aussi l’empreinte, le pochoir, la tache, le rébus — l’exposition La Cime du rêve juxtapose de façon inédite une cinquantaine de dessins de Hugo et des œuvres majeures de Max Ernst, André Masson, Yves Tanguy, Francis Picabia, René Magritte, Unica Zûrn, Brassaï, Hans Bellmer, Oscar Dominguez, Marcel Jean, Robert Desnos, Toyen, Wifredo Lam, Georges Malkine…

En incluant Victor Hugo, dans le Manifeste du surréalisme, en 1924, parmi les poètes « qui pourraient passer pour surréalistes » André Breton assortit son jugement d’une réserve :

« Hugo est surréaliste quand il n’est pas bête ».

Cette ambivalence caractérise bien la présence de Victor Hugo au sein du surréalisme naissant : son ombre est là mais voilée, notamment par les deux grands soleils que sont Rimbaud et Lautréamont — qui ont tous deux salué en Victor Hugo un voyant.

Le Hugo des années 1920 n’est pas, loin s’en faut, le Hugo consensuel qu’il est devenu aujourd’hui. C’est, d’un côté, un Hugo bien-pensant, un Hugo de manuels scolaires et de récitations, un Hugo statufié. C’est, d’un autre côté, un Hugo vilipendé par l’université pour sa fatuité, pour son côté verbeux, pour sa bêtise en somme, et honni tant par l’extrême gauche que par la droite extrême, maurrassienne. Les jeunes poètes surréalistes ne peuvent accepter l’homme de lettres, la figure du « Père Hugo », le gisant du Panthéon. Ils refusent également pour eux-mêmes le réemploi des formes classiques de la poésie dont Hugo a été et reste le champion. Mais ils ont lu tout Victor Hugo et ont compris qu’il débordait largement du cadre, qu’il avait élargi le champ de la poésie aux frontières de l’invisible et du rêve. Et comme ils l’ont fait pour le romantisme, le surréalisme aura grandement contribué à sortir Victor Hugo de l’ombre et à mettre au jour tout un pan de son œuvre méconnue ou rejetée.

Sans aucunement chercher à tenir Victor Hugo pour un surréaliste avant la lettre, l’exposition s’attache à rechercher les points de contact, les affinités avouées ou non, revendiquées ou pas entre l’un et les autres. Elle le fait sur un plan littéraire — les jeux de mots, la question de la rime — mais plus particulièrement, sur le plan plastique. Car Hugo a utilisé dans ses dessins des techniques extra-picturales et ludiques — le frottage, l’empreinte, la tache, la réserve, le grattage, le pochoir — que nombre de peintres surréalistes reprendront afin, eux aussi, « d’intensifier leurs qualités visionnaires ». Car, au-delà de ces très frappantes proximités formelles, c’est bien sur le terrain sensible que cela se joue : l’un et les autres ont bien puisé à la source de la « Bouche d’ombre ».

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6, place des Vosges


75004 Paris

T. 01 42 72 10 16

www.musee-hugo.paris.fr

Bastille
Chemin Vert
Saint-Paul

Horaires

Tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h
Fermé les jours fériés

Tarifs

L’accès aux collections permanentes est gratuit

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Programme de ce lieu

Les artistes

  • Max Ernst
  • Yves Tanguy
  • Francis Picabia
  • Robert Desnos
  • André Masson
  • René Magritte
  • Oscar Dominguez
  • Toyen
  • Wilfredo Lam
  • Georges Malkine

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