La distance entre V et W — Une exposition de Yael Davids

Exposition

Performance, techniques mixtes

La distance entre V et W
Une exposition de Yael Davids

Passé : 13 mars → 16 mai 2015

Yael davids 4 grid Yael Davids — Laboratoires d’Aubervilliers Les Laboratoires d’Aubervilliers présentent, jusqu’au 16 mai, la première exposition personnelle de Yael Davids en France. En jouan... 1 - Pas mal Critique

Les Laboratoires d’Aubervilliers présentent la première exposition personnelle en France de Yael Davids, fruit de sa résidence entamée en octobre 2014.

Pour cette exposition, l’artiste a imaginé une installation qui se saisit de l’espace, convoquant tout à la fois la question des limites territoriales, ses implications, et la charge culturelle et identitaire que des objets véhiculent à travers leur déplacement temporel et géographique.

En déployant ce qu’on pourrait nommer une relation spécifique au lieu de la sculpture, l’installation de Davids devient paysage, vue d’ensemble d’un site. Son intervention, composée de certains de ses matériaux de référence (le verre, blindé ou renforcé, et l’enduit d’argile, teinté de pigments noirs), confine le visiteur dans un espace de déambulation où il est amené à éprouver un état de frontière.

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Yael Davids, A Reading that Writes — a Physical Act, 2013 Vue de la performance Installation à REDCAT, Los Angeles © Scott Groller

Autant ses précédentes installations fonctionnaient sur un principe d’interdépendance entre exposition et performance — la première documentant la seconde qui elle-même activait la première —, autant celle mise en place aux Laboratoires se concentre sur la dimension sculpturale de son travail, l’installation allant jusqu’à quasi évacuer la possibilité d’un corps en son sein.

Par ailleurs, l’artiste procède à un basculement horizontal : celui du large panneau noir qui compose certaines de ses installations récentes, telle Ending with glass à Bâle en 2011. Ce glissement du mur au sol entraîne une transformation du statut de la surface : de l’écran à l’étendue, du miroir au territoire.

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Yael Davids, A Reading that Writes — a Physical Act, 2013 Vue de la performance Installation à REDCAT, Los Angeles © Scott Groller

Dans ses récents scripts de performances, Yael Davids cite deux artistes importants pour elle, Carl André et Richard Serra, situant son travail à l’aune d’une sculpture envisagée comme lieu et comme gravité. Le lieu de la sculpture, qui peut également s’avérer être le lieu de l’œuvre, tout comme le lieu de vie. La gravité, quant à elle, est poids, des corps comme celui des objets et de l’histoire.

Dans ce lieu, l’introduction d’une structure de verre contenant des objets faisant référence à un univers domestique vient provoquer le paysage via la nature morte. Le coffre, réalisé en référence aux cabinets de curiosités et chambres de merveilles, ancêtres indirects des musées, s’avère un objet sculptural appréhendable de tous côtés, aussi bien que la réduction miniaturisée d’un espace plus vaste. Espace dans l’espace, ce contenant et vitrine d’objets fait naître des récits autant qu’il en constitue leur lieu d’agencement.

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Yael Davids, A Reading that Writes — a Physical Act, 2013 Vue de la performance Installation à REDCAT, Los Angeles © Scott Groller

Par ailleurs, des dessins de nature morte ont été réalisés par l’artiste à partir des objets achetés par Yael Davids à Aubervilliers pour l’exposition. Ils documentent les possibilités infinies de dispositions et de récits que ces objets produisent.

L’œuvre de Yael Davids a de singulier qu’elle parvient à nouer deux dimensions sculpturales a priori contradictoires : abstraction et narration. C’est en regard d’une histoire tant nationale — celle d’une nation en devenir — qu’individuelle — sa propre biographie — que Yael Davids construit un travail où la sculpture rejoint le corps et l’espace comme lieu d’accueil et d’activation des conflits qui la constituent en partie.

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Yael Davids, Learning to imitate in Absen, 2011 Performance à la Kunsthalle de Bâle Courtesy de l’artiste et de la Kunsthalle de Bâle — © Eva Flury

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Née en 1968 à Kibbutz Tzuba près de Jérusalem, Yael Davids vit et travaille à Amsterdam.

La pratique de Yael Davids, entre installation et performance, s’élabore à l’intersection des champs personnels et politiques. Pivot de sa pratique artistique, le corps est conçu comme un espace d’accueil et d’activation de convergences et des conflits qui la constituent en partie. Tel un canal documentaire, il enregistre le présent et porte les stigmates de l’histoire. Il est une source de connaissance et un espace dynamique de réécriture.

Traitant du potentiel narratif inhérent à l’acte de documentation, le travail de Yael Davids s’attache également à l’acte de répétition. Avec une économie de gestes et un intérêt constant pour la notion de performance, ses installations tentent de donner forme à la mémoire de l’éphémère, à la présence passagère. Elles croisent l’histoire politique conflictuelle d’une nation en devenir et sa biographie personnelle, marquée par la perte et l’expérience du deuil, pour proposer une confrontation entre présence et absence.

Son travail se concentre par ailleurs sur le caractère ambigu du statut des objets et des lieux et de la manière dont cette ambiguïté produit du sens.

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41, rue Lécuyer


93300 Aubervilliers

T. 01 53 56 15 90 — F. 01 53 56 15 99

www.leslaboratoires.org

Aubervilliers – Pantin Quatre Chemins

Horaires

Du lundi au vendredi de 11h à 18h et samedi de 13h à 18h

Tarifs

Accès libre

Et sur réservation pour les évènements à reservation@leslaboratoires.org

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Programme de ce lieu

L’artiste

  • Yael Davids