La jeune sculpture — Daniel Dewar et Grégory Gicquel

Exposition

Sculpture

La jeune sculpture
Daniel Dewar et Grégory Gicquel

Passé : 27 mai → 26 octobre 2014

Poursuivant son dialogue avec l’art contemporain, le musée Rodin ouvre les jardins de l’hôtel Biron au duo d’artistes, Daniel Dewar et Grégory Gicquel.

Dispersées à travers le décor de verdure et la cour d’honneur qui encadrent l’aristocratique hôtel Biron, les sculptures de Dewar & Gicquel côtoient les chefs d’œuvre de Rodin.

Collaborant depuis leur rencontre en 1997 à l’École des Beaux-Arts de Rennes, les deux artistes, lauréats du prix Marcel Duchamp 2012, explorent ensemble une voie très expérimentale entre érudition et amateurisme, relecture de l’histoire de l’art et mise en avant des savoir-faire artisanaux.

Un nouveau corpus d’œuvres a été conçu et produit spécialement pour l’exposition. Il s’agit de neuf sculptures en béton de grandes dimensions. Modelées, coulées et assemblées par les artistes eux-mêmes selon les techniques traditionnelles de la sculpture, ces sculptures représentent des fragments de corps nus, certains en ronde bosse et d’autres plus architecturaux. Corps d’athlètes dont la monumentalité n’exclut ni le port de quelques vêtements familiers — gilet en laine torsadée ou chaussures de marque — ni la présence plus incongrue d’éléments de salle de bain.

Pour ces artistes leur production s’inscrit clairement dans le fil de l’histoire et d’une pratique déjà développée autour de l’image et de la sculpture, recherche qu’ils poursuivent ici en l’associant au moulage : « L’œuvre de Rodin a été un point de départ pour nous permettre de travailler sur une technique particulière de sculpture que nous n’avions jamais eu l’occasion d’explorer auparavant, tout en ayant à l’esprit que la pratique de Rodin s’est aussi affirmée au moment de l’apparition de la photographie et de la reproductibilité. » disent-ils dans un entretien réalisé à l’occasion de l’exposition.

Mu par le désir constitutif du sculpteur de se colleter la matière, le duo partage par exemple avec Rodin le goût affirmé des matériaux. Mais, là où Rodin déléguait l’exécution de ses œuvres en vue de leur reproduction, Daniel Dewar et Grégory Gicquel assurent eux-mêmes en tant que praticiens chaque étape de la fabrication, et détruisent les moules après usage afin de limiter leur production à un seul et donc unique tirage.

Un « anachronisme subversif »1, qui permet de « réactualiser les débats esthétiques sur la question des rapports entre art et artisanat autour de la sculpture, question qui revient à grands pas sur le devant de la scène… Preuve que l’art a de nouveau à faire avec le réel »2.

L’expression hautement paradoxale de Dewar & Gicquel n’aurait pu trouver meilleure scène et décor plus propice que ce haut lieu patrimonial, pour creuser la question de la place singulière qu’occupe la sculpture entre réalité et représentation.

Commissaire Noëlle Chabert, conservateur en chef du patrimoine, assistée d’Audrey d’Hendecourt, chargée des expositions

1 Selon l’heureuse formule de Zoé Gray, « Sculpture Sessions », Daniel Dewar et Grégory Gicquel, Crêpe Suzette, Éditions Loevenbruck, Paris et Spike Island, Bristol, 2012

2 Amélie Lavin, Catalogue de l‘exposition

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77, rue de Varenne


75007 Paris

T. 01 44 18 61 10 — F. 01 44 18 61 30

www.musee-rodin.fr

Rue du Bac
Varenne

Horaires

Tous les jours sauf le lundi de 10h à 17h30
Nocturne le mercredi jusqu’à 20h45

Tarifs

Plein tarif 10 € — Tarif réduit 7 €

Gratuit pour tous le 1er dimanche du mois — Gratuit pour les moins de 18 ans

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Les artistes

  • Daniel Dewar
  • Grégory Gicquel