Lara Almarcegui — Ivry souterrain

Exposition

Film, installations, photographie

Lara Almarcegui
Ivry souterrain

Passé : 19 avril → 23 juin 2013

Depuis le milieu des années 1990, Lara Almarcegui s’intéresse aux interstices urbains et suburbains : terrains vagues, souterrains, ruines et chantiers, autant d’espaces habituellement ignorés qu’elle étudie avec rigueur pour en transmettre l’expérience.

Invitée dès 2010 à mener une recherche sur le territoire d’Ivry-sur-Seine, Lara Almarcegui s’est orientée sur la réalité souterraine de la ville. L’exposition rassemble ainsi une sélection de projets de l’artiste autour d’une nouvelle publication intitulée Ivry souterrain.

Ivry-sur-Seine est une ville en pleine mutation et redéfinition de ses territoires, aujourd’hui à l’aube de grands chantiers de développement qui en redessinent les contours et les usages.

Le livre Ivry souterrain, basé sur une synthèse des données existantes aujourd’hui sur l’état des sous-sols de la ville, relate les différentes périodes et strates d’occupation, réseaux et infrastructures : anciennes carrières et caves labyrinthiques, sources thermales sacrées, tunnels du métropolitain, lacs enfouis, réseaux d’eau, d’énergie et de télécommunications dressent un véritable portrait « en creux » de la ville.

Le travail de Lara Almarcegui s’apparente sous divers aspects à un inventaire des données propres à chaque lieu : inventaire horizontal d’une part (territoires qu’elle révèle par des cartographies et diaporamas accompagnés de guides de visite) et vertical d’autre part (nature géologique des sols, matériaux de construction ou issus de destructions qu’elle présente sous forme de listes ou d’installations). Chaque œuvre ou exposition est une restitution objective de l’expérience à long terme d’un lieu, et de la synthèse d’une grande quantité d’informations. Cette restitution peut prendre un aspect monumental — les tas de gravats ou Rubble Mountains présentés notamment à Secession à Vienne en 2010 et en ce moment au MUSAC à León — ou bien ténu et minimal : diaporamas, guides, listes des poids des matériaux, etc., autant de typologies issues de la recherche ou de la pédagogie permettant de la même façon une représentation mentale de ces espaces.

Si ses projets sont endémiques, intrinsèques à leur contexte, ils permettent aussi de fixer une situation éphémère et par un travail de mémoire, de la prolonger dans une temporalité plus longue. L’intégrité, la clarté, le systématisme de sa démarche face à un territoire en révèlent simultanément la singularité tout en permettant d’en dégager les problématiques à l’échelle globale.

Lara Almarcegui combine ainsi un engagement social à sa pratique analytique.

En pointant l’asservissement des sols au profit du bâti, elle fait œuvre d’une démarche politique et écologique, au sens premier du terme, à savoir l’intelligence de ce qui nous entoure. Parce qu’elles interpellent aux endroits des marges territoriales et sociales, ses œuvres sont des invitations à sortir de l’espace d’exposition pour se réapproprier notre environnement.

Lara Almarcegui est née à Saragosse, Espagne, en 1972. Basée à Rotterdam, elle déploie son investigation des territoires urbains dans de nombreux pays, qui font l’objet d’importantes expositions personnelles depuis plus de dix ans. Parmi ses nombreux projets figurent les guides des ruines de Hollande ou de Bourgogne, des terrains vagues de Londres ou Sao Paulo, les montagnes de débris à Vienne ou à León.

Cette exposition a bénéficié du soutien financier de Mondriaan Fund, Amsterdam, et Acción Cultural Española (AC/E)
Avec le soutien attentif de la Cité Internationale des Arts, Paris