Le dîner des fantômes — Julien Vignikin

Exposition

Techniques mixtes

Le dîner des fantômes
Julien Vignikin

Passé : 15 octobre 2014 → 12 juillet 2015

Julien vignikin dapper grid Julien Vignikin — Musée Dapper À travers les trois médiums que sont peinture, sculpture et installation, Le Dîner des fantômes, la proposition du musée Dapper per... 1 - Pas mal Critique

La thématique de la nourriture habite certaines œuvres majeures de Julien Vignikin1. Ce dernier dénonce la « malbouffe » que l’Occident a importée dans les métropoles des pays émergents. Ce malaise hante les peintures Indigestion I et Indigestion II. Les procédés utilisés par l’artiste font surgir des métaphores qui opèrent notamment en saturant la composition. Des assiettes en carton sont maculées par des traces ou des amas de matières picturales qui forment par endroits des sortes d’emplâtres et laissent supposer une certaine violence du geste qui s’étend d’ailleurs sur toute la surface de la toile. Une table, une chaise, une assiette et un verre. Vides. Une fourchette et un couteau qui ne porteront à la bouche aucun aliment.

Créée dans le cadre de la biennale du Bénin en 2012 et présentée au Centre culturel Artisttik Africa, l’installation Le Dîner des fantômes sollicite le regard et interroge. Son esthétique singulière, que l’artiste rattache lui-même à l’Arte povera et à l’art brut, provoque et dérange. La table et la chaise hérissées de clous sont inaccessibles. Ce procédé constitue une interdiction matérielle de s’asseoir et de manger. La critique acerbe porte sur les dérives d’un monde où les uns consomment plus que de raison tandis que les autres souffrent de malnutrition. Et, bien sûr, au Nord la table est surchargée, tandis que les pays du Sud n’étant jamais conviés à partager demeurent des ombres fantomatiques. Il est encore question de nourritures dans Totem contemporain, installation réalisée en 2013 dans le cadre d’une résidence, suivie d’une exposition collective, à la Fondation Blachère à Apt dans le sud de la France. Mais, ici, le référent « nourriture » est moins explicite que dans les œuvres évoquées précédemment. La figure dotée de seins possède une tête évoquant celle d’une poule, tandis que la tête de l’autre sculpture semble, avec ses cornes dressées, appartenir à une espèce de caprin. Ces étranges créatures symbolisent, entre autres, des humains sacrifiés sur l’autel de la malbouffe. L’installation intègre, par ailleurs, une toile sur laquelle est figuré un caméléon, animal présent dans les proverbes et les mythes de nombreuses sociétés d’Afrique subsaharienne. Ce reptile a la capacité de changer de couleur et de se fondre dans son environnement. La queue du caméléon prend la forme du symbole @, encerclant les lettres J et V, les initiales de Julien Vignikin. Au pied des totems sont posés des genres d’obus hérissés de lames. Ils contiennent des choses secrètes qui pourraient exploser. Certaines installations de Vignikin — explorations des signes d’une mémoire enfouie ? — créent du lien, peut-être de façon involontaire, avec l’univers cultuel traditionnel que l’artiste porte en lui.

1 Julien Vignikin a quitté le Bénin, son pays d’origine, à l’âge de dix ans pour la France. Il est diplômé de l’école des Beaux-Arts de Dijon; il expose régulièrement (peintures et installations) en France et en Afrique

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