Le monde de Sabine Weiss

Exposition

Photographie

Le monde de Sabine Weiss

Passé : 18 mai → 30 juillet 2016

Sabine Weiss n’est pas photographe.

En tout état de cause Sabine Weiss n’est pas une photographe que l’on peut aisément classer dans la photographie humaniste française puis aller se coucher comme si de rien n’était, comme si la messe était dite. Et ceci n’est en aucune manière une critique de ladite école de photographie. Une simple constatation, un état de fait, un état des lieux. Et ce, quand bien même ses photographies parisiennes semblent pour nombres d’entre elles s’inscrire parfaitement dans cette mouvance. Mais voilà bien là le secret, Sabine Weiss ne doit surtout pas être perçue comme une photographe de Paris. En tout cas, pas uniquement. Sabine Weiss n’est jamais plus elle-même que lorsqu’elle quitte la France. Jamais plus elle-même que lorsqu’elle se retrouve (se trouve) à New York, en Sicile, au Portugal ou en Égypte. D’accord, en France Sabine Weiss peut être considérée comme une photographe. Mais sitôt un pas franchi hors de l’hexagone et c’est une toute autre histoire…

Mais alors, si Sabine Weiss n’est pas photographe, qu’est-elle ? Qui est-elle ?
Loin de ses bases, Sabine Weiss devient metteur-en-scène, réalisatrice de films. D’ailleurs j’opterai plus volontiers pour le terme de réalisatrice en ce qui la concerne car précisément ses photos ne sont pas mises-en-scène. Elles ne sont pas posées. Pas même des arrêts sur image. Non, ces photos sont le début d’une histoire. Ou son milieu. Ou sa fin. Et souvent elles sont un film tout entier. On rentre dans une photo de Sabine Weiss comme on rentre au cinéma. Il faudrait payer sa place pour voir les photos de Sabine Weiss. D’ailleurs, on devrait les voir à plusieurs, dans une salle obscure, sentir ses voisins réagir et vibrer à la vue de chacun de ces moments, aussi denses que dramatiques.

Le cinéma de Sabine Weiss m’évoque de prime abord le cinéma néo-réaliste italien, le Rossellini de Rome Ville Ouverte ou le de Sica du Voleur de Bicyclettes. Puis, à la réflexion, je pencherais plus encore pour Jules Dassin. En effet c’est Dassin qui le premier, dans The Naked City, posa sa caméra dans les rues de New York. Mais pour la qualité de ses noir-et-blanc, j’associerai surtout les photos new-yorkaises de Sabine Weiss à cet autre film de Dassin, Night and The City. Quelle intensité ! Quelle lumière ! Le drame à l’état pur. Pas étonnant que Sabine Weiss ait elle aussi tourné ses photos dans le cœur des années cinquante à New York.

Oui, je crois sincèrement que c’est ainsi qu’il nous faut maintenant relire les photographies de Sabine Weiss. Comme de grands moments de cinéma. Et en cela elle est tout à fait à part dans l’histoire de la photographie française. Et pour ce qu’il en est, dans l’histoire de la photographie tout court. Elle y tient à jamais une place absolument singulière.

Oui, Sabine Weiss est une grande photographe.

  • Vernissage Mardi 17 mai 18:00 → 21:00
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5, rue Legouvé

75010 Paris

T. 09 59 66 68 85

www.lesdoucheslagalerie.com

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Jacques Bonsergent
République

Horaires

Du mercredi au samedi de 14h à 19h
Et sur rendez-vous

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L’artiste

  • Sabine Weiss