Le parti pris des restes — Pierre Buraglio

Exposition

Dessin, peinture, techniques mixtes

Le parti pris des restes
Pierre Buraglio

Passé : 24 mai → 30 juin 2012

La galerie Jean Fournier présente à l’occasion de l’exposition de Pierre Buraglio, Le parti pris des restes un ensemble d’œuvres récentes et quatre Fenêtres datant du début des années 80. Ces œuvres ont été réalisées lors de la résidence que l’artiste a eu de 2010 à 2011 à l’Historial de la grande guerre de Péronne et dans sa continuité. L’exposition fait suite à celle qui s’est ensuite tenue à l’Historial d’octobre 2011 à mars 2012.

Le titre de l’exposition, Le parti pris des restes, fait référence à l’ouvrage de Francis Ponge, Le parti pris des choses (1942) et marque le choix de Pierre Buraglio d’appréhender la guerre par la métonymie en travaillant autour d’objets d’apparentes banalités devenant métaphore cathartique de ce terrible conflit militaire.

Cette exposition se décline en cinq volets ponctués par quatre Fenêtres suscitant ainsi des liens et des ouvertures. Tel des traits d’union, elles engendrent un espace temps incitant à la réflexion et déclinant naturellement le déroulé de l’exposition.

Le premier volet présente des œuvres intitulées Kamerad, travaillées sur bois. Ici Buraglio ne camoufle pas le mode opératoire. Ainsi le châssis vaut autant que ce qui est représenté sur le contreplaqué qui y est fixé. L’artiste a travaillé sur le motif, à la peinture à l’huile divers objets retrouvés sur le front : révolvers, képis, chaussures, besace, marteaux. Détachés de leur situation, peints ou dessinés de manière précise à même le bois, posés sur ce front brut, ils semblent suspendus hors du temps.

Le deuxième volet montre des œuvres où casques et képis sont prédominants. La couleur rouge est majoritairement présente, rouge de la chéchia, rouge de la croix de Genève, rouge de l’étoile bolchévique, rouge du képi, rouge de la fraternité et de la rémission. L’économie des moyens employés par l’artiste est manifeste dans cette série.

Une variation de dessins, au relevé précis, de parties grandeur nature de la capote de Poiret ou de blouse blanche d’infirmière constitue le troisième volet. Ainsi une de ces blouses est réalisée à la mine de plomb et à la gouache sur papier calque. Sa surface légèrement gondolée, met en avant les plis du tissu. Alors que la seconde, réalisée au pastel, offre un aspect plus lisse. Pour retrouver la couleur bleu-horizon de la capote de Poiret, Buraglio a utilisé du pastel. Il la reporte sur divers papiers calque qu’il assemble ensuite les uns aux autres. Le goût pour la récupération et l’assemblage évoque ici l’économie de moyen du quotidien des tranchées.

Le quatrième volet s’intitule Rêve de soldat. Titre tout à la fois poétique et violent. Les objets représentés sont souvent très colorés. Cette fois-ci il s’agit d’objets de loisir, d’accessoires du quotidien des soldats dans les tranchées : damier, trompette, bugle, montre, bouteille de vin… Pierre Buraglio dessine, toujours d’après le motif, sur du carton récupéré, qu’il découpe pour ensuite créer des assemblages aux formes variées. A nouveau la croix rouge réapparait, dont la forme rappelle celle de Malevitch.

Le dernier volet est constitué d’un ensemble d’œuvres intitulé Edmond. Pierre Buraglio a choisi de relever, sur du papier de soie brun à l’aide du fusain les contours de certains objets que l’on retrouve dans la série Kamerad. Cette fois le rendu des objets diffère de la série précitée car ils semblent vaporeux, leur forme étant moins affirmée. La précision n’est plus de mise alors que la quête du peu et de la métonymie s’affirme d’autant plus.

A travers cette exposition Pierre Buraglio évoque la Guerre sans faire appel aux images attendues ou connues mais plutôt en exprimant le quotidien des victimes, les moments d’attente, de rêve entre deux batailles, par des objets banals tirés de leur quotidien. Faire appel à la métonymie pour aller à l’essentiel.

A l’occasion de l’exposition publication d’un catalogue avec un texte de Sébastien Gokalp, conservateur au Musée d’art moderne de la ville de Paris, éditions Lienart et galerie Jean Fournier.

Leïla Simon
  • Vernissage Jeudi 24 mai 2012 18:00 → 20:30
07 Paris 7 Zoom in 07 Paris 7 Zoom out

22, rue du Bac


75007 Paris

T. 01 42 97 44 00

www.galerie-jeanfournier.com

Rue du Bac
Tuileries

Horaires

Du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 19h

302x284 hands on design original

Programme de ce lieu

L’artiste

  • Pierre Buraglio