Le vivant, passage par le féminin — Hors les murs — Fondation Clément Le François, Martinique

Exposition

Sculpture, techniques mixtes

Le vivant, passage par le féminin
Hors les murs — Fondation Clément Le François, Martinique

Passé : 29 avril → 16 juin 2016

Composée d’une soixantaine de dessins et sculptures, l’exposition « Le vivant, passage par le féminin » à la Fondation Clément est la plus importante jamais consacrée à Ernest Breleur. Pour cette occasion, les œuvres présentées qui s’inscrivent entre ruptures et prémices au regard des œuvres précédentes sont d’une fraicheur et d’une jeunesse surprenante.

Ernest Breleur a toujours été à la poursuite d’une singularité dans son œuvre. Déjà en quête d’une expression contemporaine plus vaste et refusant toute contrainte de représentation, il quitte en 1989 le groupe fwomagé, collectif d’artistes qui a marqué le champ de la création artistique en Martinique. Grand peintre et figure majeure de l’art contemporain de la Caraïbe, Ernest Breleur a toujours été soucieux de la contemporanéité de son œuvre. En 1992, il rompra définitivement avec la peinture, persuadé d’en avoir fait le tour. Cette page tournée est le symbole d’une posture fondamentale. C’est avec un nouveau « matériau disponible » qu’il va œuvrer : la radiographie. Cette dernière lui permettra de fonder sa singularité d’artiste en interrogeant les questions esthétiques et éthiques dans leur rapport avec les violences de la mondialisation.

Très proche de certains écrivains déterminants dans l’accomplissement de son œuvre, Ernest Breleur se nourrit de la pensée de Milan Kundera, Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau sur les grandes questions liées à la fragilité de l’être, l’érotisme, l’identité plurielle et la force poétique de l’œuvre, qui l’accompagneront dans l’évolution de sa pensée créatrice.

Très distant avec les pratiques artistes de la Caraïbe et de l’art à l’échelle internationale, il n’a de cesse d’interroger la sculpture dans sa capacité à se réinventer. L’ambition de l’artiste est de taille. Il est à la recherche d’une autre approche de la sculpture, il tend vers l’impensable, même si ce dernier est un inatteignable.

Cette exposition personnelle dont l’importance pourrait suggérer une rétrospective est en réalité une introspection inespérée. Silhouette sombre et visage muet, Ernest Breleur a pour habitude de ne laisser transparaitre que sa part d’ombre. L’homme et l’artiste se font toujours discrets. De son œuvre avait toujours transpiré la gravité de tous les drames, de tous les rivages ; il ne trouvait la gaité que dans les mélancolies les plus sombres. Je lui reconnaissais les mêmes tourments que Francis Bacon, la même énergie dramatique déployée. Homme sensible et sans nul doute ravagé par la violence faite au monde, il semble depuis peu renverser le prisme par lequel il le voit. Puisque les corps se défont de leurs carapaces, cette exposition est l’occasion de révéler l’homme qui se cache derrière l’artiste. De ce passage à la lumière va jaillir la vie et sa frénésie, le féminin et son exubérance, l’humour et sa légèreté. À la différence de l’univers hybride de Tetsumi Kudo il n’est pas question de survivance mais de surgissement de la vie. Les apparats féminins, les corps, le végétal et l’animal en flottaison se meuvent pour l’avènement de l’espèce. Ernest Breleur est hypnotisé par leur capacité à utiliser subterfuges, malices et autres courbettes pour assurer leur reproduction. Le langage des objets et la circulation de la couleur ne sont pas sans rappeler l’approche de Mike Kelley ; vous l’aurez compris, les nouveaux enjeux sous-tendu dans l’œuvre d’Ernest Breleur sont résolument sans précédent.

Ont été déplacées jusqu’à la Fondation Clément la peuplade des volumes, la myriade des couleurs et l’expérience du sublime qui font la poétique du lieu dans l’atelier de l’artiste.

Ernest Breleur, perturbé par l’inscription de son œuvre dans le temps, submergé de remises en question nous donne à voir une œuvre actuelle, toujours en devenir et en accord avec son époque. Quand bien même vous pensiez connaître cet artiste, c’est sans doute la première fois que vous commencerez à entrevoir qui est vraiment Ernest Breleur.

Olivia Maëlle Breleur, Commissaire et scénographe

———

Informations pratiques

Fondation Clément Le François, Martinique
Horaires 9h à 18h, dernière entrée à 17h

20 Paris 20 Zoom in 20 Paris 20 Zoom out

1-3 rue Ramponeau


75020 Paris

T. 06 14 80 42 00

www.maellegalerie.com

Belleville
Couronnes

Horaires

Du mardi au samedi de 14h à 19h
Et sur rendez-vous

302x284 hands on design original

Programme de ce lieu

L’artiste

  • Ernest Breleur