Les Innommables grotesques

Exposition

Dessin, film, performance, photographie...

Les Innommables grotesques

Passé : 29 octobre → 19 novembre 2011

« Tout cela est tombé, toutes les choses qui dépassent, avec mes yeux mes cheveux, sans laisser de trace, tombé si bas si loin que je n’ai rien entendu, que ça tombe encore peut-être, mes cheveux lentement comme de la suie toujours, de la chute de mes oreilles rien entendu. »1

Depuis la découverte au XVe siècle des fresques fantasques de la Maison Dorée de Néron sous les thermes de Trajan, le grotesque (du latin grutta, grotte) a traversé les époques. Il prolifère dans la jouissive démesure d’un Gargantua, les personnages hybrides et débridés d’un tableau de Bosch, la monstruosité satirique de Goya, le carnavalesque Nez de Gogol, la mascarade scandalisée d’Ensor, la difformité caricaturale façon Daumier, l’hallucinante métamorphose kafkaïenne, l’aliénation souterraine d’un héros de Dostoïevski, l’incohérent discours d’une cantatrice chauve…

Le grotesque est un style ambigu, qui passe du rire à l’effroi, de la prolifération à la dissolution, de l’exubérance à l’aliénation. Du point de vue anthropologique, il est une expérience existentielle qui « vise […] à exorciser le chaos ou plutôt le risque de chaos que toute nouveauté contient pour l’ordre en place »2. Par l’effet de distanciation, le grotesque donne une vision dédoublée et déformée de la réalité. Il traduit à travers l’individualité ce que révèle les mythes collectivement : le vertige d’un rapport à un monde, lui-même grotesque, chaotique et en pleine mutation.

Les artistes de l’exposition « Les Innommables grotesques » cultivent ce double jeu de l’humour et de la subversion. Ils accumulent, superposent et assemblent, en puisant dans l’imaginaire collectif. Le détournement des formes, des objets et des codes esthétiques vers une étrange familiarité leur permet d’engager un dialogue avec le réel, faisant apparaître les normes annihilantes, les conflits sous-jacents, les vaines illusions et l’instabilité des idéaux.

1 Samuel Beckett, L’Innommable, Paris, Les Editions de Minuit, coll. « double », 1953/2004, p. 31

2 Rémi Astruc, Le Renouveau du grotesque dans le roman du XXe siècle. Essai d’anthropologie littéraire, Paris, Éditions Classiques Garnier, coll. « Perspectives comparatistes », 2010, p. 103.

  • Vernissage Samedi 29 octobre 2011
  • Performance Jeudi 3 novembre 2011 à 19:30

    Performance d’Antoine Dufeu et Valentina Traïanova

  • Evénement Samedi 19 novembre 2011 à 19:00

    Five Easy Pieces 3. Démonstrations autour d’une bosse d’asphalte par Jochen Dehn.
    Grotta Profunda les humeurs du gouffre / Projection du nouveau film de Pauline Curnier Jardin.

Galerie L MD Galerie
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56, rue Charlot

75003 Paris

T. 01 40 62 97 46

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Filles du Calvaire

Horaires

Sur rendez-vous uniquement

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Les artistes

  • Polixeni Papapetrou
  • Mick Peter
  • Jochen Dehn
  • Pauline Curnier Jardin
  • Giuliana Zefferi
  • Bevis Martin & Charlie Youle
  • Sophie Lamm
  • Seulgi Lee
  • Julien Tiberi
  • Florian Fouché
Et 8 autres…