Margaret Dearing — Ici

Exposition

Photographie

Margaret Dearing
Ici

Passé : 7 mars → 11 avril 2015

Quand Margaret Dearing photographie des paysages, les sites — naturels ou urbains — ont cette curieuse propriété de paraître parfaitement familiers alors même qu’il est absolument impossible d’en déterminer précisément la localisation. Déjà-vu cet immeuble terne, décati, avec ses balcons tristes sur lesquels fleurit çà et là une parabole, ou ce morceau d’asphalte qui se détache en gravillons, et la chaussée qui craque. Rien que d’ordinaire et banal — un mur de moellons grossiers, décrépis, la course des nuages, ou encore cet arrêt marqué au bout du ponton, face aux eaux calmes. Toujours des images génériques, jouant du lieu commun pour ne jamais céder à l’exemplarité du superlatif, surtout lorsque les vues pourraient être spectaculaires.

Peu importe d’où la photographie provient, il n’y pas dans cette œuvre de hauts lieux — puisque même les paysages les plus grandioses n’échappent pas à l’anonymat d’une certaine stéréotypie. Margaret Dearing élude toujours soigneusement dans ses images tout ce qui pourrait renseigner exactement une situation géographique. Elle donne ainsi à voir des espaces qui, parce qu’ils résistent au positionnement, deviennent quasi interchangeables — de ces lieux, quotidiens mais jamais clichés, relevant plutôt de cette approximation par omission, à même de dépasser les particularités pour mieux résumer un genre. Margaret Dearing cadre méticuleusement pour obtenir l’indéfini, rendant des espaces dont il s’avère du coup particulièrement difficile d’appréhender les limites — la section de trottoir, le rectangle de ciel ou la volée de marches, autant de fragments qui indexent un continuum dont ils ont été prélevés, donc une plus vaste totalité. Alors, au-delà de la portion de territoire effectivement photographiée, ce qui est saisi c’est, hors champ, tout un environnement, la coupe du cadre ne venant pas tant circonscrire un espace qu’en laisser supposer l’incommensurable étendue.

Avec le soutien du CNAP, Centre national des arts plastiques (soutien à la première exposition).

Marion Delage de Luget
11 Bastille Zoom in 11 Bastille Zoom out

4, bis passage de la Fonderie

75011 Paris

T. 01 70 23 30 20

www.progressgallery.com

Parmentier

Horaires

Du mercredi au samedi de 15h à 19h
Et sur rendez-vous

302x284 hands on design original

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L’artiste