Mathieu Cherkit — Ecosystème

Exposition

Peinture

Mathieu Cherkit
Ecosystème

Passé : 3 septembre → 8 octobre 2011

Deunff f2f2f2 3 grid Panorama 09/11 Un tour d'horizon à chaud des expositions parisiennes de septembre. Mis à jour chaque semaine.

Très remarqués lors de la 55ème édition du Salon d’art contemporain de Montrouge en 2010, les tableaux de Mathieu Cherkit, composées essentiellement de motifs ornementaux, expriment nombre de préoccupations formelles de la nouvelle figuration. Sa peinture pourrait être une représentation fidèle de la réalité : celle de ce pavillon en meulière, ceinturé par un jardin sur les hauteurs de Saint-Cloud où il habite avec sa famille. C’est dans cet univers très particulier, chargé par un vécu de près de 60 ans, que l’artiste va puiser les sujets de ses peintures. Chez Mathieu, le tableau devient ce lieu de confrontation où l’observation de ce monde familier, et les connaissances issues de l’apprentissage donnent libre cours à une démarche audacieuse.

Alors qu’il était encore étudiant à l’école des beaux-arts de Nantes, Mathieu se rend dans les ateliers de la prestigieuse Hochschule für Grafik und Buchkunst Leipzig (Académie des arts visuels de Leipzig) pour parfaire son apprentissage auprès d’artistes tels que Neo Rauch, Matthias Weischer, David Schnell ou encore Christoph Ruckhaberle. C’est là, dans ce haut lieu de la peinture réaliste socialiste qu’il va trouver un nouveau souffle. Ses compositions s’affirment. Sa vision, à mi-chemin entre réalisme et illusion, s’élargie. Grâce à un savant mélange de formes abstraites (bandes, rayures, damiers) qui structurent l’espace et divers éléments figuratifs qui donnent l’impression d’être abandonnés, il s’empare de son quotidien pour lui donner une vie nouvelle, avec des couleurs flamboyantes.

S’agit-il d’hommages ou d’influences, d’observations directes ou de fantaisies personnelles? Mathieu Cherkit s’amuse parfois à convoquer Matisse pour la dynamique des couleurs, Valloton pour son goût de l’art naïf et la simplification des formes, Vuillard et Bonnard pour le caractère ornemental ou encore Magritte, Balthus et De Chirico pour l’aspect insolite. Si sa pratique picturale colle à la réalité, c’est aussi pour mieux la mettre à distance. Il joue avec la bi et la tri dimensionnalité pour troubler notre regard. Les perspectives sont maladroites, voire incohérentes. Parfois, il renforce l’étrangeté de ses compositions avec la présence d’un personnage stylisé, aux articulations anguleuses et à l’expression figée. Dans les vues qu’il donne de son jardin, on retrouve cette atmosphère de trouble, somme toute délectable.

Comment ne pas se sentir immergé par la peinture de Mathieu Cherkit ? Toute cette profusion décorative capte notre regard et nous invite à une vison rapprochée. On est alors frappé par l’épaisse couche de peinture qui va jusqu’à déborder de la toile. On remarque que chacun des accessoires de ce dispositif peut se suffire à lui-même et semble gagner sa propre autonomie.

Le temps est comme suspendu dans cet espace de rêverie.

Mathieu Cherkit est né en 1982. Il vit et travaille à Saint-Cloud Collection publique : Fonds national d’art contemporain

Galerie Jean Brolly Galerie
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16, rue de Montmorency


75003 Paris

T. 01 42 78 88 02 — F. 01 42 78 88 03

www.jeanbrolly.com

Rambuteau

Horaires

Du mardi au samedi de 11h à 19h

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L’artiste

  • Mathieu Cherkit