Mathieu Weiler — Demande à la Poussière / Ask the dust

Exposition

Dessin, peinture

Mathieu Weiler
Demande à la Poussière / Ask the dust

Encore 3 jours : 16 mars → 30 avril 2017

L’exposition a pour point de départ cette phrase de Yves Klein : « Attendu que j’ai sculpté le feu et l’eau et que, du feu et de l’eau, j’ai tiré des peintures » Yves Klein, Le Manifeste de l’Hôtel Chelsea, 1961.

La série Histoire de l’Art est un projet constitué d’une vidéo où l’Histoire de l’Art d’Ernst H. Gombrich se consume et d’un ensemble de 9 dessins où figure les traces de la combustion des œuvres présentent dans le livre.

Dans le mythe de Prométhée, Prométhée donne le feu à l’homme, symbole du savoir, de la connaissance. Le livre est également un objet de connaissance. Dans sa rencontre avec le feu s’accomplit une sorte de tautologie, un choc entre deux savoirs pour en produire un nouveau. Avoir donné le feu à l’homme peut-être également perçu comme un acte de rébellion par rapport aux Dieux de l’Olympe. Prométhée sera d’ailleurs puni par les Dieux pour avoir donné le feu sacré à l’homme.

Brûler un livre est un acte tabou et peut s’apparenter à un geste iconoclaste mais ce qui importe à Mathieu Weiler tient plus de l’enregistrement de l’empreinte du feu, de la modification, de la mutation, de la volonté de puiser dans la force de la nature pour procéder à un acte de transformation, de recréation.

L’autre série de dessins nous montre des objets ordinaires. Au centre, Le Capital de Karl Marx, également consumé par le feu. Seuls, isolés de leur contexte sur un fond noir, ces objets deviennent des formes simples (rectangle, cercle…) Ce sont des vanités contemporaines. Le Vinyle de Mickaël Jackson tordu par la chaleur est un cercle, Le Capital de Karl Marx un rectangle… La série Flamme de peintures nous présente l’évolution d’une flamme de son apparition jusqu’à sa disparition. L’exposition se clôture sur deux grands formats qui ouvrent sur deux autres éléments: l’eau et l’air.

«Peu de choses attirent mon attention : un cube de béton, un tas de sable, un objet trouvé dans la rue… Puis, je dessine l’objet à une très grande échelle (l’objet est centré, format carré), sur un fond blanc : l’objet est décontextualisé et retourne à sa forme primaire : cercle, carré, triangle. Travailler à Chicago, au Hyde Park Art Center, a été une grande opportunité pour moi et m’a permis de me confronter à un nouvel environnement, comme je ai eu la chance de le faire au cours d’autres résidences (Villa Médicis Roma, la Fonderie Darling Montréal …) » Mathieu Weiler explore le monde des images à travers ses dessins et ses peintures, il réexplore les genres de l’histoire de l’art, entre figuration et abstraction, noir et blanc et couleur.

Galerie Laure Roynette