Michel Aubry

Exposition

Installations, sculpture, son - musique, techniques mixtes

Michel Aubry

Passé : 25 octobre 2013 → 11 janvier 2014

Artiste minutieux, chasseur de savoir-faire en quête de perfection, Michel Aubry réalise depuis plus d’une vingtaine d’années une œuvre programmatique, avant tout centrée autour de processus de fabrication. Fasciné par les launeddas, une famille d’instruments de musique sardes fabriqués à partir de roseaux, l’artiste s’intéresse très tôt à leur sonorité et leur musique de tradition orale. Sa Table de conversion (1992), où une longueur de roseau correspond à un son précis, lui permet de créer des analogies entre sons et formes, entre l’invisible et le visible. Celle-ci investit la quasi totalité de son œuvre, des vêtements et mobilier constructivistes mis en musique aux installations de « partitions » tridimensionnelles.

Michel Aubry questionne ainsi les limites entre art et artisanat. Son intérêt pour la fabrication et le savoir-faire, des launeddas mais aussi du mobilier constructiviste, l’amène à étudier chaque détail afin de « réinterpréter » et de « donner nouvelle vie » à l’objet. Difficile alors de ne pas rapprocher sa pratique de celle d’un sculpteur. En plus de sculpter les sons, Michel Aubry pense et façonne le bois, la cire, le métal et même le tissu pour exprimer et faire ressortir la partition qui les anime.

Son exposition présente cinq œuvres, dont la plus ancienne date de 1984.

De 18h30 à 22h (1984-2013), installé dans le sous-sol de la galerie, diffuse le son du frottement des bandes magnétiques sur des cylindres en bois grâce à des anches posées sur chaque extrémité. Œuvre pionnière dans la pratique de Michel Aubry, et aujourd’hui revisitée, elle représente les premières recherches de l’artiste sur les corrélations entre art du temps et art de l’espace.

Partitions (1995) et Tapis moulage (2013), exposés dès l’entrée de la galerie, peuvent être définis comme des « moulages de sons ». Ces pentagones en cire, dont les couleurs se rapportent chacune à une famille d’instruments, sont « musicalisés » par un évidement de la matière en forme de circuit le long des cinq côtés. Le volume d’air créé, matérialisé par une anche à l’entrée et un orifice à la sortie, génère ainsi les cinq notes d’un accord modal. Quant aux formes données aux pentagones, elles dépendent avant tout de la partition que Michel Aubry souhaite mettre en musique : chaque longueur correspond à un son, du plus grave au plus aigu.

Le Manteau d’Ernst Jünger (2011), dont la minutie rend compte du travail de Michel Aubry, renvoie quant à lui aux symboles de puissance et de pouvoir. Ernst Jünger (1895-1998), soldat allemand pendant la Première Guerre Mondiale puis officier de l’Occupation allemande à Paris pendant la Seconde Guerre Mondiale, a raconté dans ses écrits les horreurs vécues et les difficultés à conserver son intégrité. Son manteau, où la fourrure vient réchauffer le drap de laine, rappelle la pratique des guerriers qui dessinaient des symboles d’animaux sur leurs vêtements et leurs corps pour être plus forts au combat. Les insectes brodés à l’intérieur, invisible lorsque le manteau est porté, jouent ainsi le rôle de talisman, mais peuvent aussi être assimilés à des médailles et des trophées. Passionné dès son enfance où il glanait les vestiges de guerre, Michel Aubry s’interroge à travers cette œuvre sur l’explosion guerrière, que l’on retrouve notamment dans sa Salle d’armes, installation de 2003.

Enfin, le film de 2013 présenté au sous-sol de la galerie trace un lien direct avec son exposition personnelle The Searchers au Crédac — Centre d’art contemporain d’Ivry. A partir d’un document photographique, Michel Aubry « redonne vie » à la salle de consultation de Constantin Melnikov du pavillon de l’URSS à l’Exposition des Arts Décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris.

Après Salle d’armes en 2006 et La loge fantôme en 2012, la galerie Eva Meyer présente la nouvelle exposition de Michel Aubry, en parallèle de son exposition personnelle The Searchers au Crédac — Centre d’art contemporain d’Ivry.

Marie Dernoncourt
  • Vernissage Jeudi 24 octobre 2013 à 17:00
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5, rue des Haudriettes


75003 Paris

T. 01 46 33 04 38

www.galerieevameyer.com

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Horaires

Du mardi au samedi de 11h à 19h
Les samedis de 11h à 19h
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