Michel Blazy

Exposition

Installations, peinture, sculpture, techniques mixtes

Michel Blazy

Encore 24 jours : 20 mai → 22 juillet 2017

Dans la continuité d’une collaboration qui se développe depuis plus de vingt ans, la galerie Art : Concept présente la dixième exposition personnelle de Michel Blazy (1966, Monaco).

Michel Blazy travaille, expérimente et collabore avec le vivant. Depuis ses débuts à la Villa Arson jusqu’à ses récentes installations exposées en ce moment à la Biennale de Venise, il n’a cessé de le réaffirmer. Pourtant, et à l’image de la présente exposition, le vivant n’est pas toujours convié dans sa forme la plus attendue. Ici pas de plantes vertes, ni insectes. Le vivant — du moins dans son acceptation commune — n’est pas ostentatoire, mais presque invisible. En lieu et place, on découvre des productions quasi académiques majoritairement constituées de matériaux a priori inertes, issus du circuit industriel (plâtre, colorants alimentaires, plastique). Un ensemble de tableaux présentés classiquement au mur, deux fresques en bas relief qui comme leur homologues italiennes ont été colorées a fresco (sur enduit frais) ou encore un tondo dont les motifs évoquent les nervures d’une sculpture de marbre, ou de son imitation en trompe l’œil.

Tout l’enjeu réside ici ; imiter le vivant. Non pas pour en capturer fidèlement la beauté et les traits, mais pour reproduire et rejouer ses stratégies d’émancipation, d’expansion et d’évolution. L’artiste le met en scène dans l’espace-temps de l’exposition, sans faire nécessairement appel à lui. Sans établir ni hiérarchie, ni frontière, il recourt à tout type de matière, organique ou non, et démontre avec humour et poésie que la matière industrielle, elle aussi, s’inscrit dans un cycle de vie dynamique fait d’aléas et de métamorphoses. Ainsi, plâtre et colorants font équipe pour créer des jardins ou microcosmes qui n’ont d’artificiel que leur couleur. Au même titre que de « véritables » végétaux, bactéries, cellules ou tout autre organisme que leurs formes évoquent, ils sont le résultat d’un enchaînement de réactions et interactions. Et s’inspirant des techniques d’observation microscopique, Michel Blazy se place en biologiste qui vient, avec sa pipette remplie de colorants, rendre ces phénomènes visible au public.

Dégagée néanmoins de l’impératif d’objectivité scientifique, sa démarche libère et renouvelle notre conception du vivant et de l’inerte, favorisant le pouvoir de l’expérience et des émotions sur la production d’un discours politico-écologique. D’une certaine manière elle prolonge et dépasse les réflexions contemporaines sur l’objet, dans une attitude rejetant constamment tout immobilisme. Jamais figée, ni dans le temps, ni dans l’espace, elle affirme son affranchissement et sa perméabilité.

Julia Mossé