Multiversités créatives

Exposition

Architecture, design, techniques mixtes

Multiversités créatives

Passé : 3 mai → 6 août 2012

« Multiversité » est un néologisme. Cette formulation rend compte de la diversité d’univers créatifs multiples en transformation.

L’exposition Multiversités créatives veut entraîner ses visiteurs sur la piste de l’expérimentation, de la recherche et des travaux prospectifs dans les domaines de l’architecture, du design, des nouvelles technologies et de l’innovation sociale.

Donner des images justes et fortes d’un univers d’objets dont l’unité et la cohérence sont problématiques. Et non seulement de s’en porter témoin, mais aussi d’y agir, comme un pôle créant son champ d’attraction, d’interaction, y engendrant la novation.

Jean-François Lyotard

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Achim Menges Menges, HygroScope — Meteorosensitive Morphology, 2012 © Achim Menges — avec la collaboration de Steffen Reichert

Ce manifeste, énoncé en 1986 résume à lui seul l’esprit de la manifestation qui rassemble quinze dispositifs spécialement conçus et réalisés pour l’occasion. L’un d’entre eux est issu d’un Fab Lab (laboratoire de fabrication) organisé par le Centre Pompidou au Bénin, avec le soutien de Marie-Christine et Lionel Zinsou pour la Fondation Zinsou et le Centre Songhaï à Porto Novo. Tous illustrent la révolution contemporaine des processus créatifs, leurs avancées, leurs ruptures ainsi que les conditions de leur mise en œuvre. Les approches technologiques, esthétiques et sociétales s’entrecroisent autour de quelques thèmes simples : générer, fabriquer, représenter.

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Neri Oxman, Objet Ltd. 3D © Neri Oxman, Prof. Craig Carter (Materials Science and Engineering, MIT), Joe Hicklin (The Mathworks), Objet Ltd.
Générer

De nombreux projets architecturaux contemporains se nourrissent de la recherche en biologie. L’observation des mécanismes de la nature est un territoire d’inspiration. Le californien Andrew Kudless / Matsys évoque volontiers son iconographie personnelle choisie dans les milieux naturels : écailles, alvéoles à miel, spirales de coquillages, mues de serpent, balanes… Le déploiement et l’enroulement en hélice de Chrysalis (III), sa surface parsemée d’excroissances, d’arêtes, de creux et de replis divers, façonnent une nouvelle ingénierie architecturale. La démarche ne consiste pas à imiter la nature ni à la transformer, mais à mettre en œuvre une réplique calculée de ses modes opératoires dont le design est celui de circuits biologiques et métaboliques. Travaillant avec les nouvelles technologies à Stuttgart, l’architecte Achim Menges développe, quant à lui, une recherche « morpho-écologique ». Il associe la morphogenèse et l’écologie grâce à des méthodes computationnelles génératives intégrant des données environnementales, topologiques et structurelles. Naissent ainsi des processus dynamiques inédits appliqués à la création, à l’exemple du panneau de bois HygroScope, Morphologie météorosensible, un matériau réactif à son environnement. Pour Neri Oxman, designer et architecte à Cambridge (Massachusetts), le matériau participe activement à la genèse de la forme architecturale.

L’exposition présente un ensemble exceptionnel de dix–huit de ses prototypes interprétant le Livre des êtres imaginaires (1957) du poète argentin Jorge Luis Borges. EZCT-Philippe Morel met aussi en œuvre des calculs de modélisation pour ses projets architecturaux et crée des structures architecturales complexes et dynamiques à l’instar de u-Cube. Enfin, Casey Reas, créateur, chercheur et enseignant californien, qui a mis au point le langage de programmation et l’environnement de développement libre et gratuit appelé Processing, met l’accent sur le codage de la forme, du mouvement et de l’interaction. Avec Process 13, il façonne un espace visuel hypnotique. Aujourd’hui, de nombreux architectes utilisent ce langage de programmation, comme BIOTHING, d’Alisa Andrasek, pour le projet de terminal portuaire de la ville de Kaohsiung, à Taïwan.

Fabriquer

Initié en 2004 par le MIT (Massachussets Institute of Technology), le réseau des « Fab Labs » ou laboratoires de fabrication, ne cesse de grandir. Nouveau territoire créatif et véritable phénomène de société, le Fab Lab est un atelier, une plateforme de création et de reproduction rassemblant différentes machines (découpe laser, fraiseuse, imprimante 3D, …). Contrôlées à l’aide de logiciels de conception et de fabrication assistés par ordinateur libres, les machines permettent de produire rapidement des prototypes. Dans le cadre de l’exposition « Multiversités créatives », un Fab Lab a été mis en place du 18 au 25 février 2012 au Centre Songhaï de Porto-Novo au Bénin, avec une résidence du designer Kossi Aguessy. Ce Fab Lab est désormais pérenne. En France, François Brument oriente ses recherches dans une perspective durable en s’intéressant au recyclage de la poudre de polyamide utilisée dans le cadre du frittage de poudre (ou SLS, Selective Laser Sintering), un traitement thermique au laser liant les particules de poudre. Également soucieux des questions de développement durable, Markus Kayser utilise le sable et l’énergie solaire pour créer de nouveaux objets. Sa machine reproduit plus ou moins une machine de prototypage rapide SLS tout en remplaçant les rayons du laser par ceux du soleil et la poudre polyamide par le sable. L’exposition montre quelques exemples de cette nouvelle unité de création et de production, ainsi que ses premières réalisations.

Représenter

La profusion des données sur Internet, accentuée par l’essor du mouvement open data ou « donnée ouverte » (une information publique accessible, sans restriction de droits et réutilisable), et la nécessité d’en extraire du sens, ont donné naissance à de nouvelles technologies de représentations visuelles interactives. La veille sur Internet — via la plateforme Keywatch développée par iScope — a fait émerger toutes sortes d’informations classées, enrichies et analysées. En sciences humaines et sociales, le développement des moyens informatiques de traitement et d’échange de l’information ouvre de nouvelles opportunités pour la recherche. Le Médialab Sciences Po, fondé par le sociologue et philosophe des sciences Bruno Latour, en présente un exemple avec le projet E.A.T. Datascape. La « dataviz », ou visualisation graphique des données, est devenue une expression de plus en plus courante pour qualifier le traitement graphique et interactif de ces importantes quantités de données. Le collectif Bestiario établi à Barcelone, Buenos Aires et San Francisco, comme l’entreprise française Linkfluence, ont mis au point des langages de programmation visuelle permettant, à l’aide de cartes (graphes) composées de nœuds et de liens, de rendre visibles les données du web les plus complexes.

L’expression « multiversité » trouve son origine dans le monde industriel. Elle sert aujourd’hui de mot-clé pour une génération de créateurs qui se lancent dans l’infini des calculs et des réseaux afin d’en donner une traduction esthétique et humaine.

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Place Georges Pompidou


75004 Paris

T. 01 44 78 12 33 — F. 01 44 78 16 73

www.centrepompidou.fr

Châtelet
Hôtel de Ville
Rambuteau

Horaires

Tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h
Nocturne les jeudis jusqu’à 23h

Tarifs

Plein tarif 14 € — Tarif réduit 11 €

Gratuit pour les moins de 18 ans, billet exonéré pour les moins de 26 ans. Et pour tout le monde, les premiers dimanches du mois.

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