Padmini Chettur, Prajakta Potnis, Zamthingla Ruivah — L’exigence de la saudade

Exposition

Techniques mixtes

Padmini Chettur, Prajakta Potnis, Zamthingla Ruivah
L’exigence de la saudade

Passé : 18 mai → 28 juillet 2013

L’exposition rassemble trois artistes originaires de régions de l’Inde très éloignées les unes des autres : Padmini Chettur pratique la danse contemporaine, Prajakta Potnis est une artiste plasticienne et Zamthingla Ruivah maîtrise l’art du tissage. Leurs œuvres sont conceptuellement inspirées par des formes de culture traditionnelle qu’elles n’essayent pas de sauver de l’oubli mais plutôt de réinventer dans le présent. Ces réinventions naissent d’une nécessité face à l’inquiétude politique ou d’une quête des identités et de leurs représentations. Celles-ci font suite à une violente amnésie culturelle, ressentie pendant de nombreuses années comme une sorte de saudade.

Ces artistes donnent à voir la complexité du subcontinent indien, trop lié culturellement au reste du monde, pour que le sentiment d’appartenance à une même nation puisse surgir. Le mot « saudade » par exemple, tout comme le nom de « Bombay » ( bom baía ) rappelle la persistance d’un passé portugais. L’exigence et la saudade, comme tension des contraires, serait cet état de conscience du passé dans le présent qui permettrait de trouver les moyens d’aller de l’avant.

Padmini Chettur a été formée à la danse traditionnelle, ravivée dans les années 1930 après un siècle d’amnésie forcée. Elle déplace cette tradition chorégraphique vers un langage minimaliste, qui traduit visuellement les concepts philosophiques de temps et d’espace au regard de l’expérience contemporaine. Les installations in situ de Prajakta Potnis sont nourries de ses observations des différents types d’architecture qui composent la ville. L’artiste restitue une histoire des disparités culturelles et des troubles sociaux en accentuant les dégradations des logements. Les fissures du mur, l’effritement de la peinture, font échos au vécu des habitants. Zamthingla Ruivah perpétue la tradition du tissage du Nord-Est de l’Inde, associant des motifs géométriques pour raconter les événements de la communauté. Elle en fait toutefois des objets de lutte lorsque les récits qu’elle met en forme témoignent d’une histoire politique brutale.

Dans l’exposition, ces œuvres entrent en dialogue avec celles d’artistes indiens arrivés à Paris à la suite de Mai 68. Nalini Malani a décrit ce temps vécu à Paris comme « une prise de la conscience ». Elle prête pour cette exposition une œuvre en papier mâché, For the Dispossessed, réalisée en 1971, à partir des pages percutantes du Nouvel Observateur, qui font référence aux réfugiés ayant fui le génocide de la guerre de libération du Bangladesh. Les Manifestants, une sculpture de Krishna Reddy, est un souvenir des étudiants vus depuis sa fenêtre en 1968. La troisième œuvre est un masque en céramique réalisé cette même année à Paris, par l’artiste et magicien Jean Bhownagary.

Certains gestes — en danse, théâtre, magie ou musique — peuvent être proches de ceux des mouvements de protestation et relèvent autant de l’engagement social que de l’art. Clark House Initiative est une structure curatoriale collaborative basée à Bombay qui, avec la Fondation Kadist, développe un projet où s’entrelacent pratiques artistiques et contextes historiques pour envisager les possibilités d’un après.

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19 bis, 21, rue des trois frères


75018 Paris

T. 01 42 51 83 49

www.kadist.org

Abbesses
Anvers

Horaires

Du jeudi au dimanche de 14h à 19h
Et sur rendez-vous

Tarifs

Accès libre

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Programme de ce lieu

Les artistes

  • Nalini Malani
  • Padmini Chettur
  • Prajakta Potnis
  • Zamthingla Ruivah
  • Krishna Reddy
  • Jean Bhownagary
  • Maarten Visser
  • Justin Ponmany
  • Prabhakar Pachpute