Parallel Forms

Exposition

Installations

Parallel Forms

Passé : 11 janvier → 22 février 2014

Le point de départ de cette exposition est né d’une coïncidence : la simultanéité d’une exposition de Hassan Sharif avec un nouveau projet de Jiří Kovanda. Très vite, le rapprochement entre les performances produites par Hassan Sharif dans le désert de Hatta et les actions à Prague de Jiří Kovanda était clair ; cette proximité des deux univers questionnait la manière dont l’art s’est développé simultanément à la périphérie et au centre, soulignant ainsi notre manière de voir et de légitimer un travail artistique. Si Hassan Sharif et Jiří Kovanda étaient conscients de certaines influences, leur contexte géopolitique a donné à leur travail toute sa singularité.

Nous avons découvert plus tard que le parallèle avait déjà été proposé par Paulina Kolczynska dans un texte intitulé « A Tale from the World of Parallel Thinking » relevant les croisements formels et conceptuels entre les deux artistes. A Prague ou à Dubaï, ils transforment tous les deux leur environnement immédiat en un champ d’expérimentation. Dans leur performance (gestes invisibles dans la foule anonyme chez Jiří Kovanda et promenades solitaires dans le désert chez Hassan Sharif) l’absence de public n’a pas la même origine mais le rapport à l’Autre dans les deux cas révèle une certaine fragilité. Tous les deux prennent la mesure de leur espace, public ou privé, souvent urbain, afin de redéfinir leur monde et positionner leur travail. L’objet apparait progressivement dans leur travail comme unité de mesure ou prétexte à une intervention.

Souvent invisible et éphémère l’œuvre existe d’abord sous forme de photographie document. Hassan Sharif et Jiří Kovanda commenceront à peu près en même temps un travail autour du banal et du quotidien et développeront une esthétique simple, avec des matériaux pauvres souvent trouvés.

Si la nécessité de produire des objets résulte chez Hassan Sharif et Jiří Kovanda d’une conscience de l’art conceptuel, chez Ana Jotta cette nécessité, à l’inverse, est la matière première de son travail conceptuel. De la même génération, Ana Jotta vient d’un univers différent : elle n’est pas encore artiste dans les années 70 et n’empruntera jamais l’esthétique de la photographie document. Son rapport à l’art conceptuel s’affirme autrement, à travers une critique de la notion d’auteur et d’originalité. Elle revisite les styles comme pour effacer sa propre signature. Chez Ana Jotta, l’idée est en second plan : le processus de faire, le geste spontané et la réalisation ‘fait main’ renvoie à cette ambiguité décomplexée entre l’attachement à une pratique conceptuelle et la nécessité presque inconsciente de produire des objets. Autres correspondances chez Tamás St.Turba dans cette ambivalence entre l’affirmation de la suprématie de l’idée et la réalité de l’objet. Artiste proche de cet héritage duchampien, il considère l’art comme la manifestation d’une manière de vivre. Le poète et super-intendant Tamás St.Turba brouille les pistes avec ses objets des années 70 à réactiver au présent.

Július Koller se situe aussi dans cet intervalle entre l’art et la vie lorsqu’il crée ses Conceptual Cultural Situation. Il produit un répertoire d’objets et de signes qui deviendront le point de départ de ses « anti-performances », déployant son champs d’action dans la vraie vie.

Les collages « baroques » de Hassan Sharif, minimalistes, pop ou surréalistes chez Jiří Kovanda, deviennent d’irrévérencieuses associations dada chez Ana Jotta ou encore d’étranges readymades ponctuant l’univers de Tamás St. Turba. Si chaque œuvre s’est construite sur des terrains différents, la surenchère des sculptures d’Hassan Sharif dans une société consumériste à Dubaï n’est pas si éloignée de la retenue des installations de Jiří Kovanda face à une certaine scène artistique.

Au-delà des rapprochements formels ou artistiques, cette exposition tente de présenter la manière dont ces cinq artistes continuent à résister à leurs contextes, avec leurs codes et leurs règles. Leurs travaux, singuliers et libres, témoignent de cet héritage conceptuel comme ci celui-ci avait d’abord été un outil d’émancipation ramenant l’échelle de travail à celle du corps ; une économie de moyens qui privilégie l’individu sur le discours et permet de redessiner la frontière entre l’espace public et la sphère privée. Avec presque rien, chacun peut dès lors, depuis son balcon à Bratislava, son atelier à Dubaï ou sa maison-musée à Lisbonne, inventer et transformer imperceptiblement la réalité.

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18, rue des 4 Fils


75003 Paris

T. 01 44 78 00 60

Site officiel

Filles du Calvaire
Rambuteau

Horaires

Du mardi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 19h

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Les artistes

  • Jiri Kovanda
  • Julius Koller
  • Tamás St.Turba
  • Hassan Sharif
  • Ana Jotta

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