Patrick Bailly-Maître-Grand — Entre Nimbes et Lucioles

Exposition

Photographie

Patrick Bailly-Maître-Grand
Entre Nimbes et Lucioles

Passé : 12 mai → 2 juillet 2016

Patrick Bailly-Maître-Grand poursuit une poétique conceptuelle singulière. Reprenant l’acte photographique depuis la fabrication de l’image jusqu’à sa destination, il compose de véritables théâtres dans des installations virtuoses révélant malicieusement les potentiels de métamorphose de notre réalité en images, au sens étymologique d’eidôlon. L’image porteuse d’illusion n’est que le double de l’objet, elle en devient l’idée. C’est cette idée qu’Epicure voit dans les fines vibrations d’atomes qui émanent de la surface des objets et que l’on ne peut percevoir que dans nos propres yeux. PBMG est passé maître des petites cosmogonies, et nous invite à les visiter une à une.

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Jeu métaphysique

Patrick Bailly-Maître-Grand est diplômé Maître es Sciences Physiques en 1969, mais débute une carrière d’artiste durant l’année 1979 avec le dessin et la peinture. A partir du début des années 1980, ses recherches plastiques l’orientent vers la photographie dont il explore le processus de révélation, dans une approche scientifique. Son travail met en lumière le fait photographique, l’alchimie de matériaux, à travers l’exploration de plusieurs techniques dont le daguerréotype (il a réalisé environ 300 plaques entre 1984 et 1990) qui a pour propriété de fixer l’image dans le détail, dans sa profondeur. Patrick Bailly-Maître-Grand travaille en série, par expériences, en déclinant ses sujets, pour en extraire le sens. Il refuse la froide mathématique des pixels, il place la photographie comme media privilégié entre l’esthétique et le processus chimique, cherchant à, dit-il, «nettoyer la photographie des miasmes de l’utopie réaliste». Les tirages sont élaborés par l’artiste lui-même jouant, tel un chimiste dans son laboratoire, des virages et autres colorations afin d’associer chaque image à une lignée picturale. Réinvestissant l’histoire des techniques, PBMG nous fait cheminer à travers les processus dont il exploite à rebours les propriétés : la lumière devient matière, la substance devient évanescence. S’il doit se référer à un maître il cite volontiers Etienne Jules Marey. Quant à son inspiration, il la nourrit en puisant dans ses propres collections de photographies anonymes.

Séries et jeux d’indices mémoriels

La série des Codex sont des empreintes réalisées en résine, procédé que PBMG avait déjà expérimenté avec les séries Astéroïdes, Face, Profil ou Main. Les plaques de modules électroniques ainsi saisies deviennent, tels la Pierre de Rosette ou le monolithe de 2001 l’Odyssée de l’espace, l’emblème à déchiffrer d’une technologie qui incarne à elle seule le syndrome de l’évolution… Avec Les Nimbes (2015), manipulant les ambigüités de l’absence et de la présence, PBMG conçoit une série sur l’apparition grâce au procédé du rayogramme ou photogramme projeté sur des objets en verre. Il crée des fantômes dont on ne sait si on les a un jour connus ou s’ils préfigurent notre propre passage ici-bas.

PBMG à travers l’incandescence des Lucioles retrouve la voie de l’enfance qui s’émerveille de la flamme d’un cierge ou de celles des petits bâtons magiques produisant des myriades d’étoiles. En conservant leur traces photographiques, qui révèle la totalité du mouvement effectué par le point lumineux, il réussit à créer à son tour l’image d’un nouvel objet. Celui-ci transcende la symbolique spirituelle qu’on pourrait lui accorder et dans un grand écart allume notre condescendance contemporaine à jouer les démiurges.

En puisant dans les collections étranges de son ami Hervé Bohnert, PBMG a récupéré des têtes en cires anciennes : il en distille une série des Cires (2014). Des images sur un miroir d’argent qui caractérise la technique du Daguerréotype, révèlent les regards, les attitudes figées et artificielles de têtes coupées du monde.

« Tous les soins de l’artiste visent en effet à mettre en exergue les propriétés du fait photographique lui-même, à savoir la capacité qu’a ce mode d’engendrer par l’action de la lumière l’apparition d’une image sur une surface sensible. »

Philippe Piguet

« Patrick Bailly-Maître-Grand habite, pétrit sans fin ses lueurs d’outre-tombe, il appartient à cette famille d’artistes, que j’envie peut-être, qui s’invente dans l’action, qui ne peut pas s’empêcher de produire, qui déploie à l’infini cette « grandiose monotonie du génie » dont parlait Valéry. »

Bernard Faucon

  • Vernissage Mercredi 11 mai 18:00 → 21:00
03 Le Marais Zoom in 03 Le Marais Zoom out

8 rue Charles-François Dupuis


75003 Paris

T. 01 42 72 09 10 — F. 01 42 72 02 20

www.baudoin-lebon.com

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Horaires

Du mardi au samedi de 11h à 19h
Et sur rendez-vous

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L’artiste

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