Y.I.A. ART FAIR #06 — Pernille Pontoppidan Pedersen — Yoon Ji-Eun

Foire

Céramique, dessin, sculpture, techniques mixtes

Y.I.A. ART FAIR #06
Pernille Pontoppidan Pedersen — Yoon Ji-Eun

Passé : 21 → 24 avril 2016

Stand n° 61

Les œuvres des deux jeunes plasticiennes — l’une coréenne, l’autre danoise — qui se retrouvent à l’occasion de ce nouveau rendez-vous bruxellois, reflètent un sens aigu de la matière et de la couleur et portent une narration subtile.

Pernille Pontoppidan Pedersen

Apprendre, désapprendre, développer et détourner… serait le vocabulaire du parcours de Pernille Pontoppidan Pedersen jeune plasticienne-céramiste danoise. En bon enfant terrible elle a acquis une grande maîtrise technique aussitôt abandonnée pour inviter l’inconnu et pousser les limites établies des matériaux céramiques et des conventions du monde de l’art. Si l’artiste se fixe aucune contrainte, son travail comporte une constante unique : aller toujours plus loin pour échapper à toute tentative de lui prêter un style, de la retenir dans un système quelconque.

Ici une expérimentation déterminée pour conquérir des territoires nouveaux va de pair avec une recherche où l’accident est bienvenu. Pernille Pontoppidan Pedersen explore, combine, creuse, récupère et s’amuse en visitant à tour de rôle l’architecture, le design, les arts appliqués et les arts plastiques ou tout simplement son vécu… Accumulations, natures mortes, objets semi-fonctionnels, citations ; tout y passe — tandis que les mains de cette curieuse à l’énergie débordante y inscrivent avec subtilité leur marque. La marque d’un sens plastique sans faille où rustique et sophistication minimaliste retrouvent le trash, le ludique et une finesse pointue dans les juxtapositions de textures et de couleurs… Pernille Pontoppidan présente du « beau » inconnu et du « laid » de façon à semer le doute… Elle nous fait rire (et nous sommes prêtes à y croire !) quand elle suggère que Pink matter (Matière rose) une masse dense indubitablement rose viendrait d’une planète jusqu’alors inexplorée par la science… Et voici « la sculpture de l’agréable » — Circular for your friends sake — tout en belle rondeur pour ne pas heurter ! L’anatomie du cœur fait le sujet de Hard inserted, où un cylindre en béton surmonté d’un élément en céramique bleu accueille un cœur en porcelaine transpercé d’un bâton raide rose pâle… L’œuvre perturbe car au premier abord elle ressemble à un objet de fonction mis en honneur sur un socle. Le socle avec tout son bagage de significations dont l’élévation physique qui donne de l’importance est un des sujets de Plints #1 et #2 : Juchées respectivement sur une colonne classique et sur une petite tablette, deux accumulations s’offrent au regard… Dans leur blancheur elles semblent un peu mal à l’aise, telles deux débutantes soumises au grand jugement… L’artiste s’en prend ici à l’institution de l’art avec ses systèmes, ses règles et sa blancheur immaculée, quasi sacrée, qui rencontre ou fusionne avec la masse indomptable, spontanée et passionnelle de l’art lui-même. La matière bulleuse contenue dans les deux cerceaux du diptyque A Twelve Year Head Fracture symbolise assez bien l’état d’esprit de leur créatrice ! Diplômée en 2012 de l’Académie Royale des Beaux-Arts du Danemark dans la section Céramique à Bornholm.

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Pernille Pontoppidan Pedersen (née en 1987 au Danemark) expose son travail depuis 2012. Sa collaboration avec Copenhagen Ceramics lui a permis de montrer son travail à Paris, à la GALERIE MARIA LUND, dans l’exposition collective Terres — Copenhagen Ceramics Invites en partenariat avec le Palais de Tokyo, et dans l’espace du collectif, à Frederiksberg au Danemark. L’exposition Chaotiquement vôtre (2014) accueillie par la GALERIE MARIA LUND présentait une douzaine de ses sculptures nouvelles en dialogue avec celles du plasticien danois Esben Klemann. Entretemps Pernille Pontoppidan Pedersen a été invitée participer à At first glance this division would appear to be more rational à la Galleri Format d’Oslo et la 18e Biennale Internationale de céramique de Châteauroux (2015). Cette année la verra exposée au Hempel Glasmuseum (Danemark) ainsi qu’à la 24e Biennale Internationale de Céramique de Vallauris dans le cadre d’Objets ? …Objections ! — un questionnement du statut de l’objet et sa perception.

Yoon Ji-Eun

Il règne dans l’univers de Yoon Ji-Eun un contraste frappant entre un monde à l’arrêt, au temps suspendu — tel celui de nos rêves — et l’incessante activité des figures humaines qu’elle y inscrit. Comme si l’activité poursuivie par les êtres ne répondait qu’à leur propre nécessité à défaut d’affecter l’environnement… L’environnement même présente des ressemblances avec notre monde ; il y a des paysages et des intérieurs, mais ils ne sont jamais totalement séparés : ainsi le volcan peint dans un tableau suspendu au mur d’un séjour s’ouvre et épouse le paysage extérieur. Le monde tangible côtoie de tout près l’imaginaire… et soulève la grande question de la réalité même ou plus précisément celle de la réalité perçue par chacun. Depuis des années Yoon Ji-Eun se pose en fine observatrice des jeux d’enfants. Ses observations sont transposées dans ses œuvres où ces scènes rencontrent un contexte tout autre. Il s’agit de paysages aux plans complexes, tantôt d’une précision naturaliste, tantôt fluides et indéfinis comme une vision psychédélique ou bien constitués d’une symétrie de formes géométriques et d’éléments organiques. Le grand panorama cohabite avec un univers miniature où les illusions de deuxième et de troisième dimension s’imbriquent et se superposent… Yoon Ji-Eun pratique le dessin sur papier et sur bois contreplaqué auquel il lui arrive d’ajouter des sculptures en bois pour suggérer une topographie monumentale. L’utilisation d’anaglyptiques est récurrente. Son dessin inclut le marquage (embossage) du papier et la pyrogravure. La palette est fine passant des couleurs foncées et dramatiques à une palette de pastels et de surfaces nacrées pour former un monde lumineux, poétique et étrange. L’être humain semble y évoluer dans sa propre dimension dans un grand tout qui le dépasse. Il joue, tend les bras vers des formations aériennes imaginaires, contemple ce qui existe peut-être ou poursuit un mouvement sans fin dans le dessin des veines du bois sur lequel Yoon Ji-Eun l’a placé…

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Née en 1982, en Corée du Sud Yoon Ji-Eun est diplômée en arts plastiques (Université Hongik, Séoul, 2003 et l’ENSBA, Paris, 2005). L’artiste expose régulièrement en Europe et en son pays natal depuis plus de dix ans. Son œuvre a été sélectionnée pour le 55ème Salon de Montrouge (2009) et pour la manifestation Jeune Création à Paris (2010) ainsi que pour le Prix de dessin Pierre David-Weil (2008). En 2012 la Maison des Arts de Créteil a accueilli une exposition personnelle de son œuvre : Ce que je trouve (pas) chez elle. La collaboration avec la GALERIE MARIA LUND a commencé en 2012 avec sa participation aux expositions collectives Archipel et 12 × 12 suivies l’année suivante par l’exposition personnelle Mirages.

Une sélection des œuvres de Yoon Ji-Eun était présentée au salon ART ON PAPER 2013 à Bruxelles ainsi qu’à la YIA ART FAIR, Paris en 2015 où elle a reçu un très bel accueil.

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